La Sherbrookoise Louise Hébert a fait évaluer plusieurs bijoux dimanche par la spécialiste Marion Turpin au Musée des beaux-arts.

Des trésors au grenier?

Un homme et une femme entrent au Musée des beaux-arts de Sherbrooke, un grand tableau dans les bras. Ils s’approchent de Laurent Berniard, commissaire-priseur pour Iegor — Hôtel des Encans, et lui montrent l’œuvre. C’est lui qui leur dira si celle-ci pourrait leur ramener une belle petite somme d’argent, ou s’ils ont plutôt intérêt à la laisser accrochée dans leur salon.

« La réelle signature d’un tableau, c’est le tableau lui-même. Est-ce que c’est bien peint? C’est la première chose qu’on remarque. Mes collègues et moi, on a calculé qu’on voyait peut-être de 8000 à 10 000 tableaux par an, donc l’œil finit par s’aiguiser, par se développer. On finit par reconnaître ce qui est bien peint, ce qui est de l’art et ce qui est du décor », explique l’expert.

Malheureusement pour le couple, le grand tableau représentant une scène dans une grande rue parisienne se classe plutôt dans la deuxième catégorie. « Regardez les visages des personnages : il n’y a pas de détails. Avec un grand peintre, soit on verrait très bien les détails, ou bien ce serait carrément de l’impressionnisme, et on distinguerait à peine une silhouette », donne en exemple M. Berniard en analysant l’image.

La toile sur laquelle la peinture a été appliquée peut également en dire long. En additionnant tous les détails, M. Berniard estimait qu’il s’agissait probablement d’une œuvre décorative peinte dans les années 1980 ou 1990, dans un style semblable à celui d’Édouard Cortez.

« Vous voyez comme ça ressemble? Mais les détails du visage sont plus clairs dans les œuvres de Cortez », souligne-t-il en montrant au couple une photo sur son téléphone.

Chasse au trésor

Plus d’une vingtaine de Sherbrookois ont ainsi défilé dimanche au Musée pour présenter leurs trésors cachés, leurs biens de famille et leurs souvenirs, en espérant recevoir une évaluation intéressante.

Parmi eux, il y avait Louise Hébert, qui avait amené des bijoux reçus en héritage. « Il y en a un pour lequel j’ai eu une belle évaluation. Les autres, c’était plutôt moyen, mais je comprends que les bijoux ont moins de valeur quand ils ne sont pas à la mode puisqu’il y a moins de demande », a-t-elle affirmé. En effet, bien que le joli collier de perles qu’elle possède soit de bonne qualité, il ne se vendrait pas pour grand-chose actuellement puisque la demande n’est pas forte...

La valeur de sa petite chaîne avec médaillon a toutefois été évaluée entre 400 et 500 $. « Je m’y attendais : j’avais été voir des bijoutiers locaux avant, et même s’ils ne font pas une évaluation officielle, ils m’avaient dit qu’elle avait de la valeur », dit-elle.

Mme Hébert a donc remis plusieurs bijoux à Iegor, en espérant qu’ils soient vendus aux enchères. « Si ça marche, je vais en retirer quelque chose, et apparemment ça ne traîne pas trop longtemps avec eux. »

L’importance des spécialistes

En début d’après-midi, Laurent Berniard disait qu’il avait déjà eu l’occasion de voir plusieurs belles choses, dont un Riopelle et quelques tableaux européens.

Bien que les visiteurs soient de moins en moins souvent surpris lorsqu’ils font évaluer une œuvre, puisqu’ils ont souvent fait une recherche sur internet au préalable, M. Berniard les encourage quand même à voir un spécialiste. En effet, une évaluation officielle informe mieux qu’une recherche faite par un amateur, et elle peut être bien utile s’il faut faire une réclamation aux assurances, ou encore pour s’assurer de diviser un héritage équitablement.

Les visiteurs pouvaient faire évaluer des tableaux, des bijoux, des vases ou encore des meubles (s’ils avaient apporté des photos).
L’évaluation de chacune des pièces coûtait entre 10 et 15 $. Les profits réalisés lors de cette journée sont allés au Musée des beaux-arts de Sherbrooke, qui accumule environ 1500 $ de cette façon chaque année.