Des travailleurs de la santé et des services sociaux manifestent bruyamment

Des dizaines de travailleurs de la santé et des services sociaux ont manifesté bruyamment, mardi, devant le pavillon Saint-Vincent à Sherbrooke afin d’obtenir de meilleures conditions de travail.

Ils réclament notamment que les primes temporaires qui leur sont versées fassent dorénavant partie de leurs salaires compte tenu de la lourdeur de leurs tâches.

Sarah Lacroix-Rousseau et Valérie Marcoux, toutes deux assistantes en réadaptation, considèrent que l’intégration de ces primes se justifient dans un contexte où leur santé et leur sécurité sont de plus en plus menacées.

« On doit composer avec une clientèle de plus en plus lourde, avec toutes sortes de problématiques, autant physique que mental, raconte Valérie Marcoux. On se fait régulièrement frapper, on se fait tirer les cheveux, on nous crache dessus. C’est de plus en plus difficile », disent les deux assistantes qui comptent ensemble plus de 25 années d’expérience dans leur discipline.

Les primes temporaires qui viennent à échéance en septembre sont celles que versent le gouvernement depuis 2015 aux employés spécialisés, ceux œuvrant en CHSLD ainsi que pour les employés confrontés à des troubles graves de comportement.

« Ce qu’on veut, c’est régler la situation dans le réseau de la santé de façon permanente. On sait que des primes, ce n’est pas permanent, alors que du salaire, c’est permanent », indique le conseiller Éric Bergeron, du Syndicat canadien de la Fonction publique (SCFP), à l’origine de la manifestation.

Auxiliaire de services de santé et sociaux à domicile depuis 11 ans, Johanne Maurice considère son métier comme « le plus beau du monde ». Au fil des ans, elle dit avoir noué des relations importantes et significatives avec les bénéficiaires chez qui elle se rend tous les jours.

« Je sens que je suis importante pour eux, dit-elle. Le fait d’entrer chez eux, de leur donner des soins, certains soins qui demandent parfois une certaine intimité, c’est valorisant. Je pense que ce que j’apporte aux gens mérite mieux que 22,35 $ de l’heure. »

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP 4475) représente plus de 5000 employés de la catégorie 2 du CIUSSS de l’Estrie – CHUS.

La manifestation tenue devant le pavillon Saint-Vincent était la deuxième d’une série de trois manifestations prévues cette semaine afin de sensibiliser la population et les députés de l’Assemblée nationale au manque criant de personnel et aux effets dévastateurs de la COVID-19 sur les conditions de travail et l’accès aux soins de santé et de services sociaux.

Une rencontre au bureau de la députée de Saint-François, Geneviève Hébert, était prévue en après-midi.

Une première manifestation, organisée par le Syndicat canadien de la Fonction publique, a eu lieu lundi dans le stationnement de l’Hôpital de Lac-Mégantic, suivie d’une marche vers le bureau du député de Mégantic, François Jacques.

Jeudi, un dernier rassemblement doit avoir lieu dans le stationnement de l’Hôpital de Granby en avant-midi. On prendra ensuite la rue pour se rendre au bureau du député de Granby, François Bonnardel. Selon le président de la section locale 4475, Alexandre Dumont, le député Bonnardel, qui est aussi ministre responsable de l’Estrie, a refusé de rencontrer les représentants syndicaux.