À l’instar des autres clubs de golf du Québec, ceux de l’Estrie doivent s’adapter aux nouvelles habitudes de fréquentation des golfeurs.

Des terrains de golf convoités pour... des condos

À quoi ressemblera l’offre des terrains de golf dans les Cantons-de-l’Est d’ici 10 ans. Les golfeurs auront-ils autant de choix qu’actuellement? Et face à une clientèle qui vieillit, comment les clubs parviendront-ils à tirer leur épingle du jeu?

Plusieurs gestionnaires de terrains de golf sont aujourd’hui d’avis que les perspectives de croissance de leur clientèle seront extrêmement minces au cours des prochaines années. Alors que certains gestionnaires prévoient plusieurs fermetures au cours des prochaines années, d’autres estiment que les clubs de golf survivront à condition de se lancer dans l’immobilier. 

La tendance est même déjà fortement enclenchée un peu partout au Québec, fait remarquer Yves Breton, directeur du Club de golf de Coaticook.

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« Plusieurs clubs de golf ont été bâtis sur de magnifiques terrains, bien aménagés, où on retrouve une belle végétation et des arbres matures. Ces terrains-là ont une valeur qui intéresse beaucoup les investisseurs immobiliers actuellement. »

En Estrie, l’exemple du club de golf Venise, acheté il y a quelques années par l’homme d’affaires Richard Beaucage, est celui que l’on cite le plus souvent. Tout comme le secteur d’Owl’s Head, où des investissements immobiliers de plusieurs millions sont en cours de réalisation.

Impliqué comme gestionnaire de golf depuis 50 ans, Jacques Huot, du Manoir des Sables, fait lui aussi le même constat. Mais selon lui, la vague immobilière ne suffira pas à elle seule maintenir en vie tous les clubs de golf de la région. Avec plus de 375 clubs de golf en exploitation à travers le Québec, il croit que l’offre de jeu a atteint son point de saturation.

« Je pense que d’ici 10 ans, on va assister à plusieurs terrains qui vont fermer, ça ne peut pas continuer comme ça, affirme M. Huot. Actuellement, il y a plusieurs terrains qui offrent des foursomes (quatuors) à 50 $. Ça veut dire 12,50 $ par personne. Ça n’a aucun sens! Tu ne peux pas faire vivre un club de golf à ce prix-là... », soutient Jacques Huot.

Dans ce contexte, dit-il, les clubs de golf devront peut-être revoir le modèle mis en place dans les années 1980 visant à « démocratiser » la pratique de ce sport.

« Ce que je vois d’ici 10 ans, c’est que les clubs vont redevenir plus sélectifs, comme c’était il y a 30 ou 40 ans. Au lieu d’avoir 300 clubs, on va peut-être en avoir environ 150 ou 175, dit-il. Mais au moins ils vont faire de l’argent... »