« Quand ce patient nous a dit qu'il allait appeler un membre de sa famille, on ne l'a pas mis sur le pas de la porte, il a pu attendre, étendu sur civière, qu'un de ses proches arrive », assure Line Cardinale, directrice des services généraux au CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Des soins et des congés 24 heures par jour

« Oui, il arrive qu'il y ait des congés la nuit dans une salle d'urgence, parce qu'il y a des épisodes de soins 24 heures par jour, sept jours sur sept. Mais les congés sont donnés en fonction de l'état du patient, pas en fonction des lits disponibles à la salle d'urgence. »
Voilà ce que répond Line Cardinale, directrice des services généraux au CIUSSS de l'Estrie-CHUS en réponse à l'histoire de ce Roger Rhéaume, ce patient âgé, très souffrant, qui a dû quitter l'urgence de l'Hôtel-Dieu en pleine nuit samedi.
« Le patient était couché sur civière en observation. Il a été évalué, il a reçu un traitement. Après une évaluation, le médecin a trois options, en fonction de son jugement clinique. 1 : Il maintient le patient en observation 24 heures de plus. 2 : Il demande l'hospitalisation du patient. 3 : Le patient reçoit son congé. Dans ce cas-ci, le médecin a jugé que le patient était en mesure de retourner à la maison », explique-t-elle sans pouvoir commenter plus en détail le dossier de M. Rhéaume pour des fins de confidentialité.
S'il n'avait pas pu compter sur un membre de sa famille pour venir le chercher, Roger Rhéaume aurait-il vraiment été mis dans un taxi alors qu'il était très souffrant et qu'il ne savait pas comment il pourrait monter les deux étages menant à son appartement?
« Nous avons une politique de départ, de congé de l'urgence. Quand ce patient nous a dit qu'il allait appeler un membre de sa famille, on ne l'a pas mis sur le pas de la porte, il a pu attendre, étendu sur civière, qu'un de ses proches arrive. »
Mais un taxi, vraiment?
« C'était un patient qui a un niveau d'autonomie, qui habite seul en appartement. Mais oui, on doit s'assurer qu'il a le bon moyen de transport et la capacité de rentrer chez lui... » ajoute Line Cardinale.
Le patient pouvait-il compter sur un suivi quelconque à la suite de son passage à la salle d'urgence?
« On travaille sur une façon de faire, un lever de drapeau si l'on peut dire, pour alerter les travailleurs sociaux quand un patient passe par l'urgence et qu'il est déjà connu de nos services. Ça se fait déjà un peu, mais on est à modifier, à adapter nos procédures », ajoute Mme Cardinale.
Et pour recevoir de l'aide à domicile ou pour un suivi de sa condition, il vaut mieux se tourner vers des ressources comme Info Santé ou son médecin de famille « plus que sur notre personnel de l'urgence », ajoute la directrice des services généraux.
Urgences encore sous pression
Par ailleurs, la situation dans les urgences s'est améliorée depuis l'ouverture des lits de débordement dans différents CHSLD de la région vendredi.
L'urgence de l'hôpital de Magog demeure toutefois sous très haute tension avec un taux d'occupation encore élevé, près de 200 % à 16 h lundi.
La situation à l'urgence de l'Hôpital Fleurimont est très variable. Toute la journée lundi, la quantité de patients est demeurée stable à une trentaine sur les 28 civières. Puis à 16 h, il y avait 42 patients alités.
L'Hôtel-Dieu a même compté quelques civières libres au cours de la journée de lundi.