L’historien Jean-Pierre Kesteman passe à l’histoire. Une rue du secteur du boulevard René-Lévesque (rue Kesteman) portera son nom.

Des rues au nom de Gobeil et Kesteman

L’historien Jean-Pierre Kesteman passe à l’histoire. Une rue du secteur du boulevard René-Lévesque (rue Kesteman) portera son nom. L’éducatrice et femme engagée Estelle Gobeil (rue Estelle-Gobeil) verra aussi une rue porter son nom dans le même secteur, comme l’ancien maire de Rock Forest Bertrand Delisle (rue Delisle).

Jean-Pierre Kesteman, décédé en 2016, était d’origine belge. Quatre ans après avoir immigré au Canada, il devient professeur d’histoire de l’Antiquité à l’Université de Sherbrooke. Découvrant un manque dans les ouvrages concernant Sherbrooke et les Cantons-de-l’Est, il réoriente ses recherches et propose une thèse de doctorat sur la bourgeoisie, l’industrialisation et le développement du capitalisme dans les Cantons-de-l’Est au 19e siècle. Il devient un grand spécialiste de l’histoire de la région. Il agit comme vice-recteur à l’enseignement de l’Université de Sherbrooke de 1993 à 1998.

Estelle Gobeil, née en 1922 à Windsor, a pour sa part commencé une carrière d’enseignante à 18 ans. Elle obtient aussi une licence d’infirmière à l’École de l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke. Bénévole tant à l’échelle locale, régionale que provinciale, elle fait partie, au cours de sa vie, d’une cinquantaine de corps publics et d’organismes. Elle a été la première femme à siéger au comité exécutif de la Commission scolaire de l’Estrie et une des premières femmes à se présenter aux élections fédérales pour le Parti conservateur.

Bertrand Delisle, maire de Rock Forest entre 1991 et 1999, était un homme d’affaires qui avait été attaché politique du député Georges Vaillancourt et du ministre Victor Goldbloom. Comme maire, il avait permis l’achat des bâtiments abritant la bibliothèque et la maison des jeunes de Rock Forest.

Pour le secteur de la rue René-Lévesque, la thématique des professeurs a été adoptée.

Parmi les autres toponymes confirmés par le conseil municipal en février, notons que le bâtiment d’Hydro-Sherbrooke portera le nom de Centre Jean-Bourassa en l’honneur de cet ex-directeur d’Hydro-Sherbrooke. Engagé comme ingénieur en électricité au sein de l’organisation en 1956, il a gravi les échelons jusqu’à devenir directeur de ce service en 1970.

De nouvelles rues porteront aussi les noms de l’écrivain Joseph-Donat Dufour (rue Dufour) et de l’infirmière et bénévole Ruth Atto (rue Ruth-Atto).

Plus de place aux femmes
La conseillère Évelyne Beaudin a profité de l’occasion pour rappeler l’importance d’effectuer un rattrapage dans le nombre de toponymes féminins à Sherbrooke. Elle était d’ailleurs déjà intervenue à ce sujet à titre de présidente des Pépines en 2016.

« Parmi les noms de rue qui portent des noms de personne, 12 % sont des toponymes de femmes. Si on veut offrir de beaux modèles à la génération montante, il faut s’attaquer à ce problème en nommant minimalement le même nombre d’hommes et de femmes. Dans le quartier Chauveau où j’ai grandi, ce sont pratiquement que des noms d’hommes », dit-elle.

« Je suis consciente que ça demande plus de travail, plus de recherche. Les femmes sont souvent plus invisibles dans l’histoire, mais c’est important de faire cet effort. »

Le président du comité de toponymie, Paul Gingues, confirme être très sensible à la cause. « Dans la banque de noms que nous avons, il y a de plus en plus de noms de femmes. »

Parmi les suggestions pour réduire les inégalités, celle de consacrer un quartier aux toponymes féminins. « C’est quelque chose qui avait été évoqué quand Hélène Dauphinais était présidente du comité de toponymie. Quand on choisit une thématique comme les infirmières ou les professeurs, c’est déjà plus facile de trouver des femmes que dans le thème des évêques », ajoute Mme Beaudin.

La conseillère se demande par ailleurs pourquoi le prénom des femmes doit toujours être présent dans les toponymes alors qu’on n’utilise que les noms de famille pour les hommes.