Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Au primaire, avant la pandémie, un élève sur cinq n’était actif que pendant ses cours d’éducation physique.
Au primaire, avant la pandémie, un élève sur cinq n’était actif que pendant ses cours d’éducation physique.

Des risques de sédentarité accentués

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Au primaire, avant la pandémie, un élève sur cinq n’était actif que pendant ses cours d’éducation physique. Avec la multiplication des écrans, la pandémie accentue les risques de sédentarité.

« La pandémie met en lumière les forces et les faiblesses d’une société. Avant la pandémie, on avait déjà un problème d’activité physique, notamment chez les jeunes filles lorsqu’elles passent au secondaire. La pandémie vient accroître cette faiblesse-là, qui était déjà présente. En éducation physique, on est loin des recommandations internationales d’une heure par jour. Au primaire, on a deux heures d’éducation physique par semaine dans 69 % des écoles primaires au Québec. Près du tiers des écoles n’atteignent pas les deux heures (par semaine). On est loin de ça. Au secondaire, c’est catastrophique : si on n’a pas de tempête ou de maladie, on a un maximum de 40 heures de présence élèves en éducation physique pour toute l’année. On répartit cela à coup d’une heure et quart par-ci par-là dans l’horaire », estime la directrice générale de la Fédération des éducateurs et des éducatrices physiques enseignants du Québec (FEEPEQ), Véronique Marchand. La Fédération recense des enseignants en cette matière du primaire-secondaire jusqu’à l’université.

Il est difficile de développer l’ensemble des compétences en si peu de temps, fait-elle remarquer, en rappelant que les jeunes n’ont pas à réussir le cours d’éducation physique pour obtenir leur diplôme.

« Les mesures en place à court terme, ça n’aide pas, mais c’est une mesure exceptionnelle. Avec les équipes de santé publique, on s’accorde pour dire qu’il faut commencer à penser à ce qui s’en vient après. Il ne faut pas qu’on oublie qu’on avait un gros problème au niveau de l’activité physique. » « Grâce au maintien des cours d’éducation physique, on sait que tous les jeunes à l’école ont des cours dans cette matière. »

La directrice générale de la Fédération des éducateurs et des éducatrices physiques enseignants du Québec (FEEPEQ), Véronique Marchand.

La technologie à la rescousse

Les éducateurs physiques peuvent utiliser des solutions temporaires, mais elles ont aussi leurs limites, note Mme Marchand, en soulignant qu’en ce moment, les professeurs doivent faire preuve de beaucoup d’imagination. 

« Des applications comme Strava ou comme celle fournie par le Grand Défi, ça permet aux enseignants d’avoir un certain suivi sur ce que les jeunes font. En même temps, j’ai beau ouvrir l’application Strava, si je dis que je vais courir, mais que je prends mon vélo, l’application ne le dit pas. Je peux pédaler plus mollo que je peux courir. C’est un exemple. Mais les enseignants ne baissent pas les bras, ils travaillent fort à garder le lien avec leurs jeunes. C’est compliqué. Mais c’est compliqué pour tout le monde : les travailleurs de la santé, les parents, tout le monde, et les enseignants font avec. Ils font leur possible. Ils cherchent des façons de garder les jeunes motivés à être actifs. »

Elle souligne au passage la collaboration entre professeurs, mais aussi tout le travail effectué par le ministère de l’Éducation.

On n’a jamais vu autant de gens aller jouer dehors. Peut-on penser que la pandémie aurait cet effet bénéfique, même une fois terminée, de pousser les gens vers la nature? 

« Il y a de beaux côtés à cette affaire-là, répond Mme Marchand en riant. C’est sûr qu’en activité physique, un des facteurs déterminants, c’est la qualité de l’expérience. Certains experts se disent : les gens qui se garrochent dans le ski de fond, qui ne savent pas comment farter un ski, est-ce qu’ils vont avoir une belle expérience et maintenir cette pratique-là? Ça peut-être un transfert dans le sens où, si les gens faisaient par exemple du karaté et qu’ils se tournent vers une autre activité, comme le ski de fond, est-ce qu’ils vont maintenir cette pratique-là quand les choses vont revenir à la normale? C’est là qu’on va découvrir ce que la pandémie nous aura réellement fait découvrir. Actuellement, on se tourne vers ce qui est possible. Et le possible, il n’est pas gros. »