Évelyne Beaudin et Nicole Bergeron

Des retards fréquents au conseil municipal

La conseillère Évelyne Beaudin a invité ses collègues à faire preuve de plus de rigueur dans la préparation des agendas du conseil municipal et dans la ponctualité des séances. Son intervention est venue après l’adoption d’un ordre du jour modifié lundi.

La présidente du conseil, Nicole Bergeron, venait d’annoncer l’ajout de cinq points à l’ordre du jour et le retrait d’une résolution. Deux points avaient aussi été devancés pour permettre une présentation en début de soirée par des fonctionnaires.

« Je trouve qu’on commence à jouer pas mal avec nos ordres du jour. Je ne sais pas si c’est une tendance qu’on prend. On ajoute des points importants qui n’étaient pas inscrits. Quand ce n’est pas inscrit à l’ordre du jour, les citoyens et les journalistes ne peuvent pas se préparer en conséquence. Je nous invite à essayer d’éviter d’ajouter des points comme ça séance tenante et à les publier à l’avance. Évitons de jouer avec l’ordre du jour », a lancé Mme Beaudin.

Nicole Bergeron indique que les ajouts inopinés sont généralement liés à des sujets abordés à huis clos avant le conseil municipal. « Nous voulons parfois valider avec les élus s’ils sont confortables à l’idée de basculer les sujets immédiatement en public. Parfois nous n’avons pas le choix parce qu’il y a des délais à respecter pour la réalisation de projets. Lorsqu’il y a une sensibilité politique, nous préférons vérifier d’abord plutôt que de retirer le sujet parce que des conseillers se disent inconfortables. »

Mme Bergeron ajoute que les sujets de dernière minute sont plus fréquents à l’approche de l’été, justement parce que le conseil ne siégera pas pour plusieurs semaines et que des décisions doivent être rendues rapidement.

Évelyne Beaudin en a rajouté avec une publication sur la page de Sherbrooke Citoyen mercredi.

« Comment manquer de respect aux citoyens et citoyennes? Être toujours en retard… », écrit-elle.

En compilant des statistiques, Mme Beaudin prétend que 25 des 32 séances du conseil municipal ont commencé en retard sous l’ère Steve Lussier. Sous Bernard Sévigny, dit-elle, seulement 10 des 35 dernières séances ne s’étaient pas ouvertes à l’heure.

Toujours selon les calculs de la conseillère, le retard moyen est de 19 minutes, contre 18 pour l’administration précédente.

« Même si à première vue, les retards semblent similaires, il faut garder en tête que les séances du conseil sous l’administration Sévigny suivaient très souvent des pléniers publics alors que ceux de l’administration Lussier suivent la plupart du temps des pléniers à huis clos. Évidemment, dans un conseil qui ne veut débattre publiquement d’aucun sujet et qui est particulièrement friand du huis clos, on peut comprendre que les élus en ont long à dire derrière des portes closes… »


«  Comment manquer de respect aux citoyens et citoyennes? Être toujours en retard…  »
Évelyne Beaudin

Nicole Bergeron rétorque qu’elle ne tient pas de statistiques, mais que « personne ne fait des efforts pour ne pas commencer les séances à l’heure ». « Même nous, nous n’aimons pas ça. »

Mme Bergeron ajoute que des dossiers sont parfois retirés des comités à huis clos, avant les conseils, pour éviter ou limiter les retards dans les séances publiques.

En lac-à-l’épaule, les élus se sont par ailleurs entendus pour limiter le temps de leurs interventions pour éviter d’allonger inutilement les séances. « Les élus étaient conscients que nous nous répétons parfois. Tout le monde veut y mettre du sien. »