Les tables vides ont un impact important sur les petites entreprises comme l’Empreinte – cuisine soignée. Comme d’autres restaurateurs qui n’en ont pas l’habitude, les propriétaires vont même jusqu’à offrir la livraison aux clients qui préfèreraient manger dans le confort de leur foyer.

Des restos qui se vident et des mesures pour rassurer les clients

Les craintes liées à la propagation du coronavirus ont déjà un impact sur les restaurateurs alors que l’achalandage dans les restaurants a déjà commencé à diminuer. C’est dès jeudi que les clients ont commencé à se pointer moins nombreux à leurs tables favorites.

Pour les plus petits restaurateurs, ces tables vides ont un impact significatif sur les revenus de l’entreprise. C’est notamment le cas à l’Empreinte — cuisine soignée, dont les propriétaires ont écrit un vibrant message sur leur page Facebook.

« À notre chère clientèle, on veut vous remercier à l’avance. En nous soutenant et en vous présentant quand même chez nous, vous soutenez nos employés mais aussi tous nos petits producteurs locaux à qui nous tenons tant! Pour les deux prochaines semaines, nous accueillons vos enfants midi et soir sans frais. Parce que l’on sait trop bien que les fermetures d’écoles, ça change beaucoup de plans... Aussi, pour ceux qui préfèrent rester dans le confort de leur foyer, nous offrons la livraison gratuite sur toute commande de 50 $ et plus », indiquent les propriétaires.

« Nous avons eu quelques annulations de gens qui reviennent de voyage et qui sont confinés à la maison. On a pu constater une baisse de la clientèle les midis et même en fin de semaine, il y a moins de réservations qu’à l’habitude », souligne en entrevue la copropriétaire Mélanie Alain.

« Nous offrons aussi aux gens de venir chercher des repas et de les manger à la maison, et nous offrons aussi la livraison; c’est une façon pour nous de nous revirer de bord », indique-t-elle en ajoutant que dans son établissement, les règles d’hygiène étaient déjà extrêmement rigoureuses et qu’elles continueront évidemment à l’être.

Rigoureuse hygiène

Au Shalimar, les protocoles de salubrité étaient aussi déjà extrêmement élevés. « Notre propriétaire est diplômé en biologie. Nous avons eu de bonnes formations avec lui! » clame le gérant de la salle à manger Tim Brink.

« Nous avons aussi ajouté quelques mesures d’hygiène supplémentaire, comme de demander aux clients d’aller se laver les mains dès leur entrée au restaurant. Nous avons une super bonne collaboration de la part des gens jusqu’ici. Nous désinfectons aussi deux à trois fois par jour toutes les surfaces que les mains peuvent toucher », ajoute M. Brink.

Et si l’achalandage se mettait à diminuer de façon importante au cours des prochains jours ou des prochaines semaines, en fonction de l’évolution de la situation et des consignes gouvernementales, le Shalimar offrira la livraison à sa clientèle.

Le restaurant O’Chevreuil, taverne américaine, propose aussi à ses clients de bénéficier de leurs repas livrés par le biais du service UberEATS.

Le Buffet des continents contraint de s’ajuster

La pandémie a des répercussions différentes dans un restaurant comme Le Buffet des continents, un restaurant de 700 places à Sherbrooke.

« Dès l’annonce jeudi de l’interdiction des rassemblements de plus de 250 personnes, nous avons décidé de réduire le nombre de personnes qui peuvent être présentes en même temps au restaurant, en incluant notre personnel », indique le porte-parole de la chaîne Jean-Maurice Duddin.

« Nous avons aussi espacé les tables et nous ouvrons toutes les sections du restaurant, plutôt que deux seulement, pour qu’il y ait moins de proximité avec les gens », ajoute-t-il.

Autour du buffet, des mesures supplémentaires ont été mises de l’avant, par exemple en mettant des serviettes en papier près des cuillères de service afin que les gens prennent les cuillères avec une serviette et non pas directement avec leurs mains.

« Nous avons aussi augmenté toutes nos mesures pour changer plus souvent les cuillères et pour désinfecter les surfaces », ajoute-t-il.

Sur leurs différentes pages Facebook, de nombreux autres restaurateurs ont fait part de toutes les mesures qu’ils ont mises en place pour accueillir leur clientèle en toute sécurité.

Les agences de voyage en mode report

Les agences de voyages sont passées en mode report depuis jeudi.

« La directive gouvernementale de quarantaines de 14 jours au retour de voyage pousse plusieurs clients à reporter ou à annuler leur déplacement pour toutes les destinations. Tout a changé depuis cette annonce », explique le copropriétaire chez Voyages AquaTerra de Sherbrooke, Christian Dubreuil.

Si, en milieu de semaine, dix à quinze clients par jour communiquaient avec l’agence pour retarder leur voyage, c’est maintenant plus d’une centaine de clients qui les contactent chaque jour.

Croisières, voyages vers le Sud ou vers l’Europe, les clients veulent tous repousser leur périple à l’étranger.

« Nous n’avons pas besoin de contacter nos clients pour leur parler de la politique de report des grossistes, ils nous appellent pour le faire. Les grossistes offrent certains crédits ou repoussent les voyages. Chaque grossiste possède sa politique. Il y a une flexibilité qui aide beaucoup, mais on ne parle pas de remboursement. Ce ne sont pas les agences de voyages qui dictent les règles de remboursement. Nous faisons notre possible pour aider les gens en fonction des règles dictées par les grossistes », explique Christian Dubreuil.

Ce dernier signale que la clientèle est soucieuse de vérifier l’étendue de la couverture de leurs assurances annulation et de s’en procurer une, mais encore une fois que ce ne sont pas les agents de voyage qui rédigent les clauses.

« Avant la vague d’annulation, nous faisions beaucoup de vente pour les assurances annulations. Mais encore là, il faut vérifier les clauses, car certaines compagnies ont exclu la couverture pour cause de coronavirus. Nous sommes aussi en attente des directives de l’Office de protection du consommateur entre autres pour les travailleurs de la santé qui ne peuvent plus partir à l’étranger », indique Christian Dubreuil.

Période occupée pour les ventes de voyage en Europe pour l’été, les ventes ont ralenti au cours des derniers jours et sont quasi inexistantes depuis le milieu de la semaine.

« Nous ne savons pas encore vers où ça s’en va. C’est certain que les clients attendent de voir l’orientation des pays en vue de la saison touristique. C’est notre métier de les conseiller et de les aider lors de telles situations », indique le copropriétaire de Voyages AquaTerra. René-Charles Quirion

Les étudiants étrangers restent

Les deux collèges privés anglophones de la région, le Stanstead College et Bishop’s College School, ont dû mettre en place des mesures particulières pour faire face au coronavirus, notamment à l’endroit de leurs étudiants étrangers.

Dans les deux cas, les directions des deux établissements ont émis des directives en début de semaine, à quelques jours du début de la relâche qui s’échelonnera sur les deux prochaines semaines.

Que ce soit à Bishop’s College School ou à Stanstead College, tous les parents ont été informés des mesures préventives qui seront prises advenant que leur enfant quitte le Québec durant le long congé.

Parmi ces mesures, la mise en quarantaine pendant une durée de 14 jours, dès le retour, a eu un impact majeur, note Ross Murray, directeur des Communications. Sur les 243 élèves que compte le Stanstead College, 120 d’entre eux proviennent d’une vingtaine de pays. De ce nombre, on compte 33 étudiants chinois. 

« Habituellement, tous nos élèves chinois rentrent chez eux pour la relâche, sauf cette année. Pour la première fois, aucun de nos étudiants chinois n’ira rejoindre sa famille durant les deux semaines de la relâche. C’est la même chose pour la plupart des autres étudiants étrangers », souligne M. Murray. 

Tous ces étudiants ont dû se trouver un logis à l’extérieur du campus de Stanstead puisque l’établissement ferme ses portes durant la relâche. « Plusieurs nous ont indiqué qu’ils iraient habiter chez des membres de leur famille, à Montréal, Toronto ou ailleurs au Canada ».

Un scénario sensiblement identique à celui observé au Bishop’s College School (BCS) de l’arrondissement Lennoxville, où 40 % des 260 élèves proviennent d’une quarantaine de pays différents.

« Dès le début (du coronavirus), nous avons informé les parents de nos élèves et tout notre personnel des mesures qui seront prises à leur retour s’ils décident de quitter le pays. Nous suivons à la lettre les directives du gouvernement du Canada, du Québec et de l’Organisation mondiale de la santé », précise Jennifer Monk, directrice des communications et du marketing à BCS.

Jusqu’ici, aucun des deux établissements n’a eu à composer avec une possible contamination au coronavirus. Y compris parmi leurs équipes sportives dont la saison d’hiver est terminée depuis maintenant deux semaines.

« La seule annulation que nous avons dû effectuer est celle d’un voyage au Honduras qu’un groupe d’élèves devait faire dans le cadre du programme Habitation pour l’humanité », indique Ross Murray, de Stanstead College. Alain Goupil