Davantage d’enseignement à distance pourrait faire partie de la solution.
Davantage d’enseignement à distance pourrait faire partie de la solution.

Des réserves sur les classes en été

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Le Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE) se questionne sur la possibilité de prolonger les classes en juin et juillet. Alors qu’on débat sur la ventilation, les écoles risquent d’être très chaudes à cette période, remarque le président du SEE, Richard Bergevin. « Il me semble qu’on a des gens qui ne réfléchissent pas très loin devant eux. À chaque début et fin d’année, on parle de ventilation parce qu’il fait trop chaud dans nos écoles. Elles ne sont pas conçues pour recevoir les élèves pendant l’été. C’est toujours la même situation. »  L’instance syndicale se dit néanmoins ouverte à la discussion. La Fédération des établissements d’enseignement privés, pour sa part, plaide pour offrir la formation en ligne en cas de fermeture.

« Est-ce qu’on va être capable de faire un travail qui vaut la peine? On se questionne. On a beaucoup de réserves », indique Richard Bergevin en se questionnant sur le passage d’examens en période de canicule. Il serait impossible de climatiser l’ensemble des écoles d’ici la fin de l’année. 

« L’autre élément, on a reçu plusieurs courriels de nos membres disant qu’il n’était pas question qu’on prolonge l’année, qu’ils sont fatigués et épuisés. Et on est seulement au mois de novembre. Les gens se projettent à la fin de l’année et voient cela de façon impossible. Ceci étant dit, si le ministre ou le premier ministre nous interpelle, on va aller discuter. » 

À la fin de la dernière année scolaire, les équipes avaient eu comme consigne de ne pas utiliser de ventilateur en classe en raison des risques liés à la COVID-19. Celle-ci a finalement été modifiée : les ventilateurs ne devaient pas être dirigés directement vers les élèves.

La santé et la sécurité doivent être prioritaires, a-t-il lancé d’entrée de jeu.  

« De prendre un congé prolongé, ce serait aidant pour le niveau de fatigue des enseignants. Mais, parce qu’il y a un mais, le ministre a mis en place la production du bulletin pour le 22 janvier. Ce qui a pour effet qu’on finit l’étape à Noël. S’il ferme les écoles une semaine plus tôt, il coupe du temps d’apprentissage, du temps d’évaluation. Le ministre nous a demandé d’évaluer toutes les compétences qui parfois, ne sont pas nécessairement évaluées à chacune des étapes. Si on coupe encore, avec les changements des journées pédagogiques, le fait que les élèves aient du retard, ça crée une pression importante. Les enseignants ont dû revoir leur planification, ont dû reprogrammer les apprentissages à quelques reprises cet automne. Refaire une autre planification, ça devient impossible à réaliser pour que les apprentissages soient bien faits avant que les évaluations arrivent. » 

Rappelons qu’exceptionnellement en raison de la pandémie, seulement 2 bulletins seront produits, au lieu de trois. 

Le SEE se montre ouvert à plus de télé-enseignement. Quant à réduire les classes de moitié, une solution qui avait été avancée par les syndicats, il note que cette formule sera plus difficile à appliquer en cours d’année plutôt que si elle avait été mise en application dès la rentrée. 

Dans un communiqué, la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP) propose à Québec de laisser la flexibilité aux écoles, notamment en leur permettant d’offrir l’enseignement virtuel pendant la période où les établissements seraient fermés pour une durée déterminée, par exemple avant ou après les Fêtes. « Dans une année scolaire où les premiers mois de l’année ont nécessité un important rattrapage et une période d’adaptation aux mesures sanitaires, nous considérons que chaque journée d’école est particulièrement importante et que tout doit être mis en œuvre pour ne pas que la crise sanitaire devienne une crise de décrochage et d’échecs scolaires », indique David Bowles, président de la Fédération.