Fondateur du Centre de recherche sur le cancer Rosalind et Morris Goodman, l’unité de recherche fondamentale la plus citée à l’Université McGill, Michel L. Tremblay a été honoré jeudi à titre de Grand ambassadeur de l’Université de Sherbrooke.

Des racines profondes à l’UdeS

Qu’ont en commun Jean-René Dufort, Sandra Martel, Michel L. Tremblay, Charlotte Thibault, Nicolas Marcoux, Daniel Asselin, Vincent Chiara, Guillaume Laporte et Félix Arguin? Ce sont tous des diplômés de l’Université de Sherbrooke (UdeS) qui, par leur engagement, leurs actions et leurs réalisations, représentent aujourd’hui une source d’inspiration pour toute une société. Jeudi soir, ils ont reçu le prestigieux titre d’ambassadeur lors du 22e Gala du rayonnement des diplômées et diplômés de l’Université de Sherbrooke.

Michel L. Tremblay, fondateur du Centre de recherche sur le cancer Rosalind et Morris Goodman, l’unité de recherche fondamentale la plus citée à l’Université McGill, a été honoré à titre de Grand ambassadeur.

D’origine montréalaise, le chercheur de renommée internationale a posé sa candidature au baccalauréat en microbiologie à l’Université de Sherbrooke en 1978... notamment parce que Sherbrooke semblait bien loin à ce fils issu d’une famille modeste, se souvient-il en riant.

« J’ai commencé mon baccalauréat en janvier plutôt qu’en septembre et nous étions que cinq ou six à commencer à l’envers des autres; nous faisions la deuxième session avant la première. Ça nous a demandé beaucoup d’efforts. Nous étions très soudés et nous sommes encore en contact aujourd’hui pour la plupart », se souvient-il.

Au baccalauréat, il a fait la connaissance d’un premier mentor, Jean Robin, professeur en virologie. « J’ai été emporté par ça, c’est une science extraordinaire! »

Une science si extraordinaire que l’étudiant a choisi de faire une maîtrise à Sherbrooke dans ce domaine où un autre mentor l’a introduit à la science, le Dr Joseph Weber. Cette maîtrise l’a ensuite conduit à l’Université McMaster, à Toronto, pour poursuivre ses études au doctorat. L’UdeS n’offrait alors pas de doctorat dans ce domaine.

« Mon passage à Sherbrooke a été très formateur, j’ai rencontré des chercheurs passionnés et ç’a été le déclic pour moi », se souvient-il.

C’est aussi à Sherbrooke qu’il a rencontré son épouse Linda avec qui il a vécu pendant 25 ans. Ils ont eu trois enfants. C’est aussi ici qu’un chirurgien talentueux a réussi à opérer son pouce avec succès. « Mon pouce droit était presque inutilisable après une blessure sportive. Jamais je n’aurais pu faire de la recherche en laboratoire si cette chirurgie n’avait pas été un succès », note le chercheur, encore reconnaissant.

Ses recherches de haut niveau l’ont mené à Washington pour son postdoctorat... où il a réussi à créer la toute première souris génétiquement modifiée avec une maladie humaine!

« Dans un hôpital de recherche, il y avait un étage avec plusieurs patients atteints de la maladie de Gaucher, une maladie métabolique très dure pour les enfants qui en sont atteints. Les enfants en mourraient, et on ne comprenait pas les mécanismes. Avec l’arrivée de la souris, nous n’avions plus 25-30 enfants à essayer de guérir, mais des milliers de souris à tester! » se souvient-il, en disant que le pronostic est aujourd’hui meilleur pour les enfants atteints de cette maladie rare. « Ce n’est pas seulement grâce à ma souris, loin de là, elle a été le début de la chaîne pour la recherche », souligne Michel L. Tremblay. Le chercheur travaille à l’Université McGill à Montréal depuis 1992. Il est devenu directeur du Centre de recherche sur le cancer Rosalind et Morris Goodman, un nouveau centre de recherche de cette université anglophone. Malgré ses succès, il n’oublie pas d’où il vient. « Je suis extrêmement honoré d’être nommé grand ambassadeur. J’essaie de toujours être présent quand je reçois des demandes de l’Université de Sherbrooke, par exemple, je siège sur des comités de thèses. Je me sens reconnaissant de mon parcours. C’est important que les gens sachent que les diplômés de l’UdeS peuvent avoir des jobs à Yale ou à Harvard. On fait des choses extraordinaires à l’Udes! » assure le chercheur.

Huit autres ambassadeurs

Par ailleurs, le coloré animateur Jean-René Dufort a été nommé ambassadeur de l’UdeS. Celui-ci a obtenu un baccalauréat en biochimie de l’Université de Sherbrooke en 1990. Il a travaillé pendant quelques années comme chimiste dans un laboratoire avant d’avoir la piqûre pour la communication. Il est à la barre de la populaire émission Infoman depuis près de 18 ans.

Outre le Dr Tremblay et Jean-René Dufort, sept autres personnes portent maintenant le titre d’ambassadeurs, soit Sandra Martel, première femme dirigeante par intérim de la société Les Ponts Jacques-Cartier et Champlain, Charlotte Thibault, consultante en condition féminine, Nicolas Marcoux, premier francophone en 110 ans à être nommé chef de la direction de PwC Canada, Daniel Asselin, président et fondateur d’Épisode, chef de file dans le domaine de la collecte de fonds au Québec, Vincent Chiara, président fondateur du Groupe Mach, et les enseignants au Séminaire de Sherbrooke Guillaume Laporte et Félix Arguin.

Soulignons en terminant que, depuis 1995, l’UdeS a décerné ses titres d’ambassadeurs à plus de 230 diplômés d’exception ainsi qu’à quelques organisations partenaires exemplaires.

Fondateur du Centre de recherche sur le cancer Rosalind et Morris Goodman, l’unité de recherche fondamentale la plus citée à l’Université McGill, Michel L. Tremblay a été honoré jeudi à titre de Grand ambassadeur de l’Université de Sherbrooke. — Photo Spectre Média, Jessica Garneau