L’aménagement du Carré Belvédère a commencé en bordure de la rue Belvédère Sud.

Des questions sur la densification du Carré Belvédère

La densification du Carré Belvédère inquiète les citoyens du district d’Ascot, notamment en raison de la circulation automobile qu’elle peut générer. La présence de commerces de proximité dans le secteur soulève aussi des interrogations. Un peu moins d’une quarantaine de citoyens ont participé à une séance de consultation sur le sujet mercredi.

Le projet délimité grossièrement par les rues Belvédère, Thibault et Dunant et par le chemin Bel-Horizon, devait à l’origine compter 1700 portes. Le promoteur demande un changement de zonage pour ajouter 300 portes à son projet en faisant passer le nombre de logements admissibles dans certaines zones de quatre à huit ou, dans une autre zone, en fixant le maximum à 24 logements.

Les commentaires des citoyens ont peu porté sur la densification et davantage sur la conservation du milieu naturel. En début de soirée, l’urbaniste-coordonnateur Benoît Lapointe expliquait que la densité attendue dans le quartier serait de 25,4 logements par hectare, soit une densité moins importante que dans le secteur des rues André et des Boisés. Il mentionnait également que la zone verte protégée dans le projet était 2,2 fois plus grande que le parc Belvédère et 1,3 fois plus grande que le parc Jacques-Cartier.

M. Lapointe a par ailleurs précisé que les rues du quartier seraient étroites, à 8 m, avec quelques exceptions où la largeur serait plus importante pour du stationnement sur rue.

Une dame s’est entre autres inquiétée que le parc soit enclavé au centre de grands bâtiments en raison de la densification.

Pierre Langlois, urbaniste-coordonnateur à la Ville de Sherbrooke, a précisé que la hauteur des bâtiments serait limitée à trois étages au maximum.

Un citoyen craint pour sa part que les rues ne soient pas assez larges et que la circulation s’intensifie sur la rue Belvédère.

Les études de circulation présentées par Benoît Lapointe indiquent que « le réseau est capable d’absorber ce débit ». Seules les intersections de la rue Belvédère avec les rues Dunant et McManamy connaîtraient des ralentissements. « L’impact du projet, pour quelqu’un qui souhaite se rendre sur la rue Galt, serait un ralentissement d’un maximum de deux minutes. »

Du transport en commun est-il prévu dans le projet? « À court terme, le réseau d’autobus ne sera pas modifié. Les véhicules emprunteront la rue Belvédère. Quand les aménagements le permettront et que les maisons seront construites, la Société de transport de Sherbrooke entrera dans le quartier pour desservir un maximum de logements. »

Certains ont voulu influencer le choix des commerces qui pourront s’implanter en périphérie du projet. Si les stations-service n’y sont pas permises, précise Pierre Langlois, on pourrait y voir un dépanneur, une pâtisserie, une boulangerie, ou une boucherie, par exemple. 

Un homme a suggéré qu’une nouvelle école primaire soit construite dans le secteur.

Le processus de consultation lui-même a été critiqué, entre autres le langage trop technique utilisé par les employés de la Ville. La loi provinciale ne permettant qu’aux citoyens habitant les zones contiguës aux changements de se prononcer a aussi fait l’objet de critiques. C’est que la plupart des terrains situés dans les zones contiguës appartiennent au promoteur.

La présidente de l’arrondissement des Nations, Chantal L’Espérance, a convenu que la loi entraînait parfois des scénarios particuliers comme celui-là. « Ce n’est pas parce que vous n’avez pas le droit de vous prononcer dans un référendum qu’on ne vous entend pas. Je retiens vos inquiétudes pour les impacts sociaux, la densité de circulation et la circulation l’hiver. Nous ferons aussi tout notre possible pour que la prucheraie centenaire préservée survive. »

La date limite pour demander la tenue d’un registre est fixée au 17 janvier. Si l’opposition est insuffisante, le changement de zonage sera adopté le 21 janvier. Sinon, la signature du registre pour demander un référendum est prévue pour le 13 février.