Deux enseignantes de Laval, Nadia Podhorecki et Geneviève Hould, ont pris part  au premier institut en écriture et en lecture à Sherbrooke organisé par De mots et de craie.

Des profs à l'école pour mieux enseigner l'écriture

Alors que bon nombre d'enseignants savourent leurs derniers jours de vacances, près de 120 de leurs collègues se sont réunis pour mieux s'outiller et pour aider leurs élèves à devenir meilleurs en lecture et en écriture. Ces enseignants passionnés provenaient des quatre coins du Québec, d'ailleurs au Canada, et même de Suisse, pour assister à ce premier institut en écriture et en lecture à Sherbrooke.
Il était organisé par l'organisme De mots et de craie.
Nadia Podhorecki, une enseignante de Laval, était déjà ravie de ses participations aux colloques de l'organisme De mots et de craie, et de voir jusqu'où on peut amener les enfants en écriture.
« Si les enfants sont capables d'écrire des choses comme ça, moi aussi j'ai envie d'amener mes élèves là, et plus haut encore. Il n'y a pas de limites, allons-y! Ça fait une vingtaine d'années que j'enseigne. Au début, je n'avais pas l'impression d'enseigner l'écriture. C'était plus : je te donne une tâche et je vais évaluer ce que tu écris (...) avec l'orthographe, la conjugaison. Avec les formations, on a beaucoup plus d'outils sur comment enseigner les procédés d'écriture. On enseigne pour faire des auteurs en devenir », indique l'enseignante.
Les ateliers permettent d'en apprendre sur le vocabulaire, la structure, la façon d'enseigner.
Avec les connaissances qu'elle a acquises, Nadia Podhorecki raconte qu'une communauté d'écrivains s'est créée dans sa classe.
Annie Bélisle, conseillère pédagogique à la Commission scolaire du Val-des-Cerfs, abonde dans le même sens.
« Ce dont on se rend compte, c'est que l'on n'a pas appris à écrire. Personne ne nous a enseigné ce qu'était vraiment l'écriture comme ça. On nous a enseigné la calligraphie, donner des tâches de correction... Comme professeur, on ne l'a pas appris et il faut qu'on l'enseigne. Il y a un fossé entre ce que l'on connaît et ce que l'on doit enseigner. On est là parce qu'on veut que les enfants aient le meilleur enseignement possible et parce que l'on se remet en question dans ce que l'on fait au quotidien. »
L'enseignante Marjorie Kuenzi est venue de la Suisse pour perfectionner son enseignement à Sherbrooke.
« J'ai recontré Yves (Nadon, enseignant à la retraite et l'un des responsables de l'organisme De mots et de craie) il y a 10 ans en Suisse. Il vient régulièrement en Suisse donner des formations. Il y a trois ans, il est venu en Suisse pour donner un atelier d'écriture. Je me suis dit : ''Wow! On travaille autrement que chez moi.'' Je suis venue en stage ici l'année dernière à Sherbrooke pour voir comment c'était. Je trouve que ça a vraiment du sens... J'ai tellement aimé ça dans ma classe cette année que j'ai supplié ma directrice de me laisser venir, parce que pour moi c'était la rentrée scolaire cette semaine. »
Aux yeux d'Yves Nadon, savoir articuler sa pensée n'a jamais été aussi important qu'en cette époque où les jeunes sont confrontés à une masse d'informations qui circulent à vitesse grand V. Environ 118 personnes ont assisté à ce premier institut qui s'est terminé jeudi, principalement des enseignants. Les organisateurs peuvent d'ores et déjà dire qu'il y aura une deuxième édition.
Lors d'une activité qui a eu lieu au Manoir Hovey, des participants de l'institut ont eu la chance de croiser l'ex-président Bill Clinton et son épouse Hillary, candidate défaite à l'élection présidentielle américaine.