L’équipe de l’expédition et de l’encartage compte une vingtaine de personnes. Certaines personnes ne travaillent qu’un soir par semmaine, souvent le vendredi, afin d’insérer Le Mag à l’intérieur de La Tribune. Pourquoi venir travailler de nuit une fois par semaine? Parce que les employés se sentent en famille dans le département d’encartage et d’expédition de La Tribune.
L’équipe de l’expédition et de l’encartage compte une vingtaine de personnes. Certaines personnes ne travaillent qu’un soir par semmaine, souvent le vendredi, afin d’insérer Le Mag à l’intérieur de La Tribune. Pourquoi venir travailler de nuit une fois par semaine? Parce que les employés se sentent en famille dans le département d’encartage et d’expédition de La Tribune.

Des presses vieillissantes, des pressiers fiers de leur journal

Les presses de La Tribune ont été installées en 1976 dans les tout nouveaux locaux de la rue Roy. À cette époque, les presses d’une valeur d’environ 4 millions $ étaient ultramodernes. Mais avec les années, les presses se sont usées. Et les problèmes se sont multipliés.

Les problèmes avec l’alignement des couleurs étaient fréquents. Et c’est sans compter tous les bris mécaniques survenus sur une presse où les pièces de rechange étaient rendues très difficiles à obtenir... Si les presses ont continué de tourner aussi longtemps, c’est notamment grâce à l’ingéniosité des pressiers et d’autres membres du personnel de La Tribune qui connaissent bien l’équipement et qui ont appris à se débrouiller avec toutes sortes de moyens ingénieux.

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« Ces dernières années, il y a eu plusieurs problèmes. On a dû trouver des solutions à plusieurs reprises pour continuer d’imprimer. Parfois, on avait des problèmes avec les couleurs. Mais l’objectif, c’était de sortir le journal. Et on l’a presque toujours fait », mentionne André Roberge, directeur de la production à La Tribune et employé depuis 44 ans.

Le mot « presque » est bien choisi. En effet, les presses ont imprimé chaque année 303 éditions de La Tribune et La Voix de l’Est depuis 1976. Depuis ce jour, il n’y a eu qu’une seule édition de La Tribune qui n’a pas été imprimée du tout.

« À deux autres reprises, le bris est survenu en début de soirée et on a compris assez tôt qu’on ne pourrait pas réparer les presses dans les délais, alors nous avons pu faire imprimer le journal chez un sous-traitant », mentionne André Roberge.

Et c’est tout. Sinon, les pressiers ont toujours réussi à « sortir le journal ». C’était l’objectif, soir après soir.

Les pressiers savaient depuis quelques années que les jours de l’imprimerie de Sherbrooke étaient comptés.

« Nous, à l’impression, on a deux saisons. L’été est la plus difficile parce qu’on a pas d’assécheur dans l’air climatisé. Quand il pleuvait pendant deux ou trois jours, je rentrais travailler à reculons parce que je savais que, peu importe ce qu’on allait faire, on ne serait pas capables de faire une belle qualité de produit », explique Mario Lebel, le chef pressier de La Tribune en faisant référence à ces soirées où les couleurs dans les photos étaient difficiles à bien doser.

« Quand il pleut, du papier, ça ne va pas bien; il est mou et on n’a pas vraiment de contrôle sur ça. J’avoue qu’il y a des soirs où ç’a été difficile, malgré tous nos efforts », ajoute-t-il.

L’impression du journal était donc un défi souvent quotidien pour les pressiers ces dernières années. Malgré tout, ils étaient très fiers du produit qu’ils fabriquaient, jour après jour.

« J’ai travaillé comme pressier substitut à différents endroits, comme le Journal de Montréal et The Gazette. D’ailleurs en 2010, j’ai vécu la même chose que maintenant : la fermeture des presses à The Gazette. Une fermeture d’imprimerie, c’est du déjà-vu pour moi, malheureusement. Mais ce que je peux dire aujourd’hui, c’est : mission accomplie après toutes ces années », mentionne l’assistant-chef pressier, Alain Labbé, qui a déjà trouvé un autre emploi.

On ressent sa fierté pour son travail qu’il prenait très à cœur. « Comme disait Mario (Lebel, chef pressier), parfois l’impression dépendait de la qualité du papier. Mais j’ai fait plusieurs endroits, j’ai vu plusieurs presses, et franchement, je ne suis pas gêné de la qualité du produit qu’on réussissait à sortir d’ici soir après soir. Je considère ce qu’on a fait du mieux qu’on pouvait avec l’équipement qu’on avait et j’en suis fier », dit-il.

Même son de cloche du côté du pressier Paul Chamberland. « Je suis rentré ici un vendredi soir pour la première fois il y a 37 ans. J’ai été accueilli par Charles-Émile "Mike" Charron, le chef pressier de l’époque. Quand je suis rentré et que j’ai vu ce monstre d’acier, j’ai été vraiment impressionné parce que j’avais fait mon cours au collègue Ahuntsic sur une presse beaucoup plus petite. C’était incroyable pour moi de voir cet équipement ultramoderne et de savoir que j’aurais le privilège de travailler sur une presse comme ça », explique M. Chamberland.

« Mon premier chef pressier nous disait que c’était un privilège de travailler dans un journal, presque un prestige de pouvoir imprimer le journal et qu’il soit distribué partout dans la région tout de suite après. Ça m’impressionne encore d’imprimer le journal et de voir les presses qui fonctionnent encore. Je suis chanceux, je me sens privilégié de travailler pour La Tribune », ajoute M. Chamberland.