Le projet Écolo-Pot regroupe des élèves de classes régulières et de classes d’accueil. Les enfants ont été accueillis chez Moisson Estrie.
Le projet Écolo-Pot regroupe des élèves de classes régulières et de classes d’accueil. Les enfants ont été accueillis chez Moisson Estrie.

Des petits pots prétextes à la camaraderie

Au local de Moisson Estrie, des élèves de l’Écollectif et des Quatre-Vents remplissent des pots, l’un après l’autre. Si l’activité a pour but de financer principalement les sorties des élèves de la classe d’accueil, celle-ci permet aussi de tisser des liens entre les enfants qui sont nés ici et ceux qui arrivent en sol québécois.

L’occasion est belle pour les enseignantes Emmanuelle Careau et Sandra Hallé de faire ce maillage entre leurs élèves respectifs : des enfants comme Alexis Twagirayuz, arrivé de la République démocratique du Congo (RDC) il y a deux ans aux côtés de son père, et des jeunes filles comme Majorie Lamontagne et Aurélie Deshaies, des élèves de l’Écollectif nées au Québec. 

« On fait des pots Masson. Avec les classes d’accueil, on les fabrique ici chez Moisson Estrie. Avec l’argent qu’on a accumulé, on va le donner aux classes d’accueil pour faire des activités », expliquent les deux élèves de sixième année au sujet du projet Écolo-Pot. Les élèves ont appris à connaître les camarades des classes d’accueil par différentes initiatives, dont la rédaction d’une histoire sur leurs camarades venus d’ailleurs.

Des moyens de financement sont organisés chaque année pour les élèves de la classe d’accueil. « On est chanceux, on peut faire plusieurs demandes de subvention grâce à différents programmes du ministère. Par contre, il y a des programmes pour lesquels nos activités ne correspondent pas aux critères », explique Sandra Hallé, enseignante de classe d’accueil. 

Lors des années passées, les enfants avaient notamment produit un livre de recettes et des cartes de Noël afin d’amasser des fonds. « Ça permet aux élèves d’interagir, d’avoir des contacts avec les élèves du régulier; c’est très positif pour les élèves de la classe d’accueil. Les activités que cela nous permet de faire, c’est super, parce que pour les élèves de la classe d’accueil, on doit les amener à se familiariser avec la nouvelle culture. Être assis dans une salle de classe et entendre parler du Québec, ce n’est jamais comme sortir ou le vivre. Ça permet aux élèves de connaître des ressources de leur ville qu’ils ne connaîtraient pas sans cet argent-là, et de sortir de la ville. Par exemple, à la fin de l’année, on s’en va à Jouvence. Les enfants n’ont pas souvent l’occasion de sortir de la ville. Être en contact avec la faune et la flore du Québec, c’est vraiment riche pour les élèves », ajoute Mme Hallé.

Du jumelage existe depuis plusieurs années entre des classes de l’Écollectif et des Quatre-Vents. Les enfants apprennent à se connaître par différentes activités. 

« Ça crée des amitiés, fait remarquer Emmanuelle Careau. J’entends mes élèves qui nomment des choses : ils réalisent qu’ils n’ont pas la même réalité scolaire, c’est différent. » 

Le projet a pris plusieurs dimensions, de la prise des commandes en passant par la comptabilité, jusqu’à la conception des étiquettes et des recettes en pot.