Virginie Larivière et Line Marcoux ont présenté les cartes postales qui pourront être envoyées aux députés.

Des parodies de Loto-Québec pour lutter contre la pauvreté

De la Lotto Pauvre O-Max passant par la Mini vie et la Lotto 648, le Collectif pour un Québec sans pauvreté a récidivé avec des cartes de Noël en parodiant Loto-Québec et le rêve de certains : sortir de la pauvreté. Cette année, l’organisme invite les citoyens à envoyer les cartes postales aux 125 députés qui siègent en chambre pour leur rappeler l’importance de lutter face à cette problématique.

De la Lotto Pauvre O-Max passant par la Mini vie et la Lotto 648, le Collectif pour un Québec sans pauvreté a récidivé avec des cartes de Noël en parodiant Loto-Québec et le rêve de certains : sortir de la pauvreté. Cette année, l’organisme invite les citoyens à envoyer les cartes postales aux 125 députés qui siègent en chambre pour leur rappeler l’importance de lutter face à cette problématique.

Pour la toute première fois depuis le lancement de cette campagne de cartes postales il y a six ans, les députés de Sherbrooke étaient invités à l’événement. En effet, la solidaire Christine Labrie a dépêché une représentante à la conférence de presse, elle qui aurait aimé être sur place, mais qui avait une autre rencontre de prévue. 

« Je suis élue pour représenter ces gens-là, donc c’est important d’être à l’écoute. À Québec solidaire, on a des positions assez fermes sur la lutte à la pauvreté. C’est important de montrer notre appui », assure Christine Labrie.

« Au niveau de l’aide sociale, les montants reçus par ces personnes ne leur permettent pas de sortir de la pauvreté. Ça leur permet de survivre. Ces gens-là ont recours aux banques alimentaires, car ce sont des montants ridiculement bas. En dehors de l’aide sociale, il y a énormément de pauvreté chez les gens qui sont sur le marché du travail », analyse la députée de Sherbrooke. 

Parler plus de pauvreté

De son côté, la députée de Saint-François, Geneviève Hébert, ne s’est pas déplacée pour l’occasion. Une carte géante lui a donc été livrée à son bureau après la conférence de presse, une tradition qui perdure depuis quelques années.

Christine Labrie ne blâme pas Mme Hébert pour son absence, mais pense que le gouvernement en général devrait aborder cette problématique de manière plus récurente. « Je ne connais pas l’agenda de Mme Hébert. Il y a parfois plusieurs événements en même temps et elle ne peut pas être partout. Cependant, la CAQ n’a pas vraiment de plan de lutte à la pauvreté. Ça, ça me parait problématique. On sait que des écarts de richesse se creusent depuis plusieurs années. L’une des seules mesures, c’était d’arrêter de prendre compte des pensions alimentaires dans le calcul de l’aide sociale. Sinon, ils n’ont pas pris d’engagements en ce sens », rappelle Mme Labrie. 

Convaincre

La représentante du Comité régional estrien pour un Québec sans pauvreté, Line Marcoux, pense que l’approche sera plus facile avec QS. « On sait que Québec solidaire est plus facile à convaincre. Il nous reste Mme Hébert. On sait que la CAQ ne parle pas beaucoup de pauvreté, donc ça va peut-être être plus difficile de ce côté, mais on ne se décourage pas. On continue. »

Virginie Larivière, porte-parole pour le Collectif pour un Québec sans pauvreté, avoue que le changement de gouvernement ne change pas grand-chose pour elle. « On tend toujours la main au gouvernement, qu’il soit nouveau ou ancien. On essaie de représenter le plus possible les enjeux de pauvreté, de revendiquer l’augmentation des prestations publiques à la hauteur de la mesure du panier de consommation pour que les gens aient au moins le minimum vital. On porte l’ensemble des revendications. Les 125 parlementaires ont reçu les quatre cartes du Collectif. On va donner les cartes géantes au nouveau ministre du Travail de l’Emploi et de la Solidarité sociale, M. Jean Boulet », indique-t-elle.

Il y a une incohérence entre l’idée que l’économie roule bien et le fait que des gens n’arrivent pas à se nourrir à tous les repas, pense Mme Larivière. « Une personne sur 10 ne parvient pas à couvrir ses besoins de base. Parmi ces 800 000 personnes, il y a des gens assez sociaux, mais il y a aussi des travailleurs pauvres, puisque le salaire minimum est trop bas. 11 % des gens qui fréquentent une banque alimentaire ont des revenus d’emploi. Le travail ne remplit pas sa promesse de faire sortir de la pauvreté. »

En Estrie, 14 000 personnes ont besoin de l’assistance sociale. À Sherbrooke, 15 % des enfants vivent dans une famille à faible revenu. 70 000 cartes seront distribuées aux citoyens.