Une vue des deux bâtiments de six et de dix étages proposés. Le revêtement serait modifié pour mieux s’harmoniser aux bâtiments actuels, ont précisé les promoteurs.

Des modifications proposées pour Well Sud

Le projet du Quartier Well Sud et ses impacts se précisent. En séance d’information mercredi, des citoyens ont tenté d’influencer les détails de la construction, proposant notamment d’exploiter le toit des deux bâtiments à construire et d’éliminer la passerelle entre les deux constructions.

Le consortium promoteur, composé du Groupe Custeau et des Services EXP, était accompagné de ses architectes et de représentants de la Ville de Sherbrooke pour répondre à toutes les questions des citoyens. Si la disposition des bâtiments a été pensée pour optimiser toutes les structures, les autres éléments peuvent encore changer de forme.

D’abord dans la présentation technique du projet, le président du Groupe Custeau, Charles Custeau, a rappelé qu’un premier bâtiment de six étages visait à accueillir les organismes de développement économique de Sherbrooke. Le deuxième édifice, celui du savoir et de l’innovation, comptera dix étages. Le rez-de-chaussée sera réservé à des commerces, alors que quatre étages sont prévus pour des bureaux et cinq pour des appartements en location de trois à cinq pièces et demie. La brique utilisée pour le revêtement extérieur devrait se marier à celle des constructions existantes.

Le coût du projet est évalué à 75 M$. La contribution de la Ville serait de 25 M$.

Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke, a mentionné que la rue Wellington Sud deviendra à sens unique vers le nord et qu’elle permettra une cohabitation entre les automobilistes, les cyclistes, les piétons et les usagers d’autres moyens de locomotion comme la trottinette électrique. « Nous ajouterons deux courbes dans la rue Wellington Sud, devant le centre de diffusion et devant la nouvelle place publique. »

Les bâtiments comporteront des clins d’œil à l’Hôtel Wellington, entre autres avec des imprimés en vinyle dans les fenêtres et l’intégration d’artéfacts.

Le stationnement aura quatre étages et sera accessible par une entrée sur la rue Wellington Sud ou deux sur la rue du Dépôt. Il sera impossible de ressortir par la rue Wellington.

Sur les toits

Parmi les commentaires et suggestions formulés mercredi, Hubert Richard a proposé de développer les toits pour qu’ils soient accessibles au public. « C’est une tendance en effet. Nous sommes en train de faire une étude pour voir les possibilités. Il y a des contraintes techniques puisque c’est un bâtiment mixte », a répondu Charles Custeau.

« Pourquoi faire une passerelle alors que les deux bâtiments seront de toute façon reliés par le stationnement souterrain? », interroge Pierre Noël. « C’est un commentaire que nous avons souvent. Il y a moyen d’atteindre le même objectif sans la passerelle », mentionne Charles Custeau.

Gilles Daoust a soulevé le problème de l’accessibilité universelle. « Une personne en fauteuil roulant a besoin de plus qu’un ascenseur. Au Québec, nous avons un hiver. Il faut penser à déneiger pour que nous puissions circuler avec notre fauteuil. Il faut aussi éviter les petites marches à l’entrée des commerces. Sur Wellington, j’approche de 60 commerces où je ne peux pas entrer, pas parce qu’il y a un escalier, mais parce qu’il y a une petite marche. »

Une quarantaine de personnes ont assisté à la séance d’information portant sur le projet du Quartier Well Sud, mercredi, au Musée de la nature et des sciences.

L’ancien député Jean Rousseau y voit un projet capitaliste et ne juge pas nécessaires les rappels de l’Hôtel Wellington. Il s’est aussi intéressé au sort des sans-abri.

L’ombrage généré par une tour de 10 étages, l’intégration de l’art et les impacts des travaux ont aussi suscité des questions.

« Les travaux d’infrastructure de la rue Wellington Sud devront se faire après la construction des bâtiments, parce qu’avec tout le va-et-vient des travaux, on viendrait détruire ce qu’on a construit. Mais quand nous en serons rendus aux travaux sur Wellington, le stationnement sera accessible. C’est pour ça que nous construisons un nouveau lien entre les rues du Dépôt et des Grandes-Fourches cet été. »

Innovations vertes

Une quantité importante de bornes de recharge devrait-elle être prévue dans le nouveau stationnement? a demandé Jean Beaudin. « Avec le temps, le niveau d’autonomie des voitures électriques va changer et les réseaux de distribution se développeront. Il est prématuré de déterminer de combien de bornes nous aurons besoin dans 30 ans. », a répondu Denis Custeau, également du Groupe Custeau.

Étienne Plante s’est intéressé à la démolition et aux innovations vertes. « Au moins 80 % des matières de la démolition seront revalorisées. Le reste sera envoyé à Valoris », indique Denis Custeau.

Dominique Nadeau, premier vice-président, bâtiment et industrie pour EXP, rapporte pour sa part que le projet ne sera pas certifié LEED, ce qui n’empêchera pas les bâtiments de comporter des innovations vertes. L’idée de la géothermie est entre autres à l’étude. Aucun des trois consortiums ayant proposé un projet n’avait suggéré des bâtiments LEED, selon Yves Tremblay, directeur du Service de la planification et de la gestion du territoire à la Ville de Sherbrooke.

La conseillère Chantal L’Espérance, en fin de séance, a assuré que les citoyens avaient été entendus.

« La plupart des suggestions sont bonnes. Notre travail est de voir ce qui est viable et ce que nous pouvons intégrer », conclut Charles Custeau.

En début de soirée, l’Association des locataires de Sherbrooke avait organisé une manifestation devant le Musée de la nature et des sciences pour « sauver » le quartier Wellington Sud. « Nous voulons permettre aux gens qui habitent le quartier depuis 25 ans d’y rester. Quand il y a des projets comme celui-là, les loyers augmentent de 100 à 200 $. Il y a un risque élevé de perte du milieu de vie et d’itinérance. On éloigne les gens des services d’entraide auxquels ils sont habitués. On s’acharne sur les quartiers pauvres et on va continuer de la démontrer », a déclaré Normand Couture, porte-parole de l’association.