La députée de Compton-Stanstead Marie-Claude Bibeau a visité le laboratoire du Dr André Carpentier, récipiendaire d’une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

Des millions $ pour 16 projets de recherche en santé

SHERBROOKE — Les professeurs-chercheurs de l’Université de Sherbrooke (UdeS) ont obtenu pour 11,5 millions $ de financement de la part des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Ces subventions permettront de soutenir 16 projets de recherche en santé à l’Université de Sherbrooke en plus de cinq subventions transitoires d’un an de 100 000 $, qui permettront de soutenir les chercheurs jusqu’à un prochain concours.

Concrètement, quels sont les impacts de telles subventions pour des chercheurs? Prenons l’exemple du Dr André Carpentier, endocrinologue au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) et aussi professeur-chercheur à l’UdeS et au Centre de recherche du CHUS. 

Celui-ci s’intéresse aux mécanismes de la graisse brune, un tissu très particulier que l’on retrouve naturellement dans le corps humain et qui pourrait éventuellement aider dans les traitements et la prévention du diabète de type 2. Il reçoit une bourse de 1 055 700 $ sur cinq ans pour poursuivre ses recherches.

« Le diabète de type 2 est la principale cause des amputations, mis à part celles qui font suite à des traumatismes, c’est aussi la plus grande cause de cécité au Canada, il cause aussi des cirrhoses du foie et certains cancers. C’est une maladie qui peut être lourde de conséquences. C’est pourquoi c’est très important d’investir en recherche en amont du diabète », soutient le professeur Carpentier.

La recherche n’a pas que des impacts sur le chercheur qui reçoit la subvention et éventuellement sur les patients qui pourront bénéficier de nouveaux médicaments ou de projets de recherche clinique. L’argent investi dans la recherche permet aussi de faire rayonner la recherche à l’intérieur d’équipes de travail passionnées et brillantes.

« Les subventions ont des impacts ici et maintenant, dans notre milieu. Grâce à ça, les jeunes étudiants peuvent rêver de devenir des sommités mondiales dans leur domaine tout en restant à Sherbrooke. Dans un projet comme le mien, nous avons besoin d’une expertise très vaste, en imagerie par exemple, des infirmières, des techniciens de laboratoire, des assistants de recherche... Moi je n’ai pas le temps de faire tout le travail que ça prend pour dégager les données de notre étude, et je n’ai pas l’expertise non plus pour tout faire. Il n’y a personne, en fait, qui a l’expertise pour tout faire dans un projet de recherche. Moi je suis un peu comme le chef d’orchestre, j’ai une vision et je suis capable de mettre les choses en place pour faire travailler tout le monde en équipe, mais essentiellement, c’est toute une équipe qui travaille autour du patient », ajoute André Carpentier.

Plusieurs recherches

Plusieurs autres projets en santé recevront des subventions. L’UdeS a obtenu un taux de succès de près de 16 % de ses demandes à l’IRSC, alors que la moyenne canadienne est d’un peu plus que 13 %. « C’est une différence de près de 25 %. C’est énorme! » se réjouit Jean-Pierre Perreault, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures à l’UdeS.


« Il faut de la bonne recherche universitaire pour trouver des solutions. »
Mylaine Breton

Il peut parler de presque tous les projets qui sont récompensés par l’IRSC.

« J’aime beaucoup le projet d’une de nos étoiles montantes au campus Longueuil, Mylaine Breton, qui s’intéresse beaucoup à la question de l’accessibilité en première ligne et à l’accès adapté, un sujet dont on a tellement entendu parler en campagne électorale. C’est un système très complexe. Et quand un système est aussi complexe, il faut de la bonne recherche universitaire pour trouver des solutions, ça ne se fait pas sur un coin de table. Ce sera une belle recherche innovante, qui va amener des solutions concrètes », cite-t-il en exemple.

Il parle aussi des travaux de recherche de Guylain Boissonneault, qui s’intéresse à la « cassure de l’ADN ». « Il s’agit d’une recherche fondamentale cette fois-ci, mais qui va s’appliquer aux traitements du cancer. Ça prend aussi de la recherche fondamentale pour faire avancer la science », ajoute-t-il.

« Dans notre planification stratégique, nous avons six thèmes porteurs dont un sera prévention, promotion et approche de précision. Tous les mots-clés sont là. Tout est en train de s’aligner pour que l’UdeS devienne le chef de file canadien dans la médecine de précision », souligne Jena-Pierre Perreault.

« Il y a 20 ans, on avait peu de succès avec le cancer. Il y avait une chimiothérapie pour tout le monde. Maintenant, il y a des guérisons et des chimiothérapies avec peu d’effets secondaires. Nous en arrivons à donner le bon traitement à la bonne personne au bon moment. Par exemple, on va aller vérifier la nature des récepteurs à la surface des cellules des patients pour pouvoir dire : ce patient va mieux réagir à ce traitement-là », conclut-il.