Les professeurs du SPPUS en grève obtiendront le soutien de bon nombre d'étudiants, qui entendent boycotter leurs cours pour les appuyer.

Des milliers d'étudiants de l'UdeS appuieront les profs en grève

Il n'y a pas que les professeurs de l'Université de Sherbrooke qui seront en grève au cours des prochains jours : les étudiants de premier cycle de la faculté d'éducation aussi. Les membres de l'Association générale des étudiantes et des étudiants de l'UdeS (AGEFEUS) ont voté en faveur d'une grève, mercredi, visant à soutenir les quelque 428 professeurs. D'autres votes de grève « de soutien » sont prévus dans les prochains jours.
Selon la proposition adoptée par l'AGEEFEUS, les quelque 2000 étudiants représentés par l'association boycotteront leurs cours lorsque les professeurs seront eux-mêmes en débrayage, explique Alexandre Parent, responsable aux affaires pédagogiques à l'association.
Le Syndicat des professeures et professeurs de l'UdeS (SPPUS) a annoncé lundi en fin de journée qu'il prolongeait la grève cette semaine, de mardi à ce jeudi.
L'instance syndicale a en poche un mandat de grève de 12 jours, dont sept qui auront été écoulés ce jeudi.
L'AGEEFEUS est donc en grève ce jeudi, et emboîtera le pas aux professeurs lorsqu'ils poursuivront le débrayage. Les membres du SPPUS pourraient retourner en assemblée prochainement, selon ce que décidera le conseil syndical.
« On est vraiment en appui aux professeurs, présentement, commente Alexandre Parent. Sans les profs, l'université n'est rien. L'université est un lieu de recherche et d'enseignement. Présentement, les revendications des professeurs sont beaucoup liées à l'augmentation de la charge professorale, l'embauche... On est en train de dévaloriser le rôle de professeur », note Alexandre Parent, en ajoutant que les étudiants étaient du même avis que les professeurs à propos de leurs revendications.
L'AGEFLESH (l'Association générale étudiante de la faculté des lettres et sciences humaines de l'UdeS) doit aussi tenir un vote mardi prochain.
La proposition qui sera présentée pourrait s'apparenter à celle adoptée par les étudiants de l'AGEEFEUS. Coordonnateur de l'AGEFLESH, Antoine Forcier abonde dans le même sens qu'Alexandre Parent : plusieurs revendications des professeurs rejoignent les étudiants. Ceux-ci souhaitent aussi une diminution du ratio professeur-étudiant et une plus grande diversité de cours. Il sera aussi question, lors de cette séance, de la mobilisation concernant la rémunération des stages étudiants.
Manif à Québec
Des étudiants sherbrookois du Cégep de Sherbrooke et de l'UdeS doivent d'ailleurs prendre part à une manifestation, ce jeudi à Québec, en marge du Rendez-vous national de la main-d'oeuvre. L'Association générale étudiante en éducation physique et kinésiologie a pour sa part obtenu un mandat de grève pour ce jeudi, en vue de la manifestation à Québec.
Le Cégep de Sherbrooke a d'ailleurs annoncé la suspension des cours ce jeudi, en raison de la présence d'une ligne de piquetage. Certaines activités sont maintenues, comme les stages et les cours de francisation. 
Antoine Forcier souligne que l'institution s'en sort plutôt bien dans ce conflit de travail en raison du nombre de chargés de cours qui offrent tout de même des cours.
La tenue de l'assemblée de l'AGEFLESH doit coïncider avec la venue de la ministre de l'Enseignement supérieur Hélène David, qui est attendue à l'UdeS dans le cadre de la tournée de consultation afin de prévenir les agressions sexuelles sur les campus.
À la faculté de droit, l'association doit débattre vendredi d'un « mandat de grève symbolique ». La proposition viserait à ce que les quelque 900 membres de l'Association générale des étudiants de droit (AGED) soient aussi en grève en même temps que les professeurs, « sans toutefois affecter les cours qui sont donnés par un chargé de cours ».
Les membres du SPPUS sont sans contrat de travail depuis mars 2015. Ils réclament notamment un plancher d'emploi et l'application de la parité avec leurs collègues ingénieurs-professeurs (AIPSA), de même que l'application de la politique salariale du gouvernement (PSG).
L'UdeS estime sommairement que l'ensemble des demandes pourrait osciller autour de 10-12 M$. Les professeurs tiendront jeudi matin une activité de visibilité sur le boulevard de l'Université, aux abords du campus.