Marika Bouchard, atteinte du syndrome de Gardner et Abigaël Walker, souffrant de polychondrite chronique récidivante, ont tissé une précieuse amitié après s’être rencontrées grâce au Fonds Millepattes qu’a créé Abigaël. À travers une dernière année difficile, les deux amies ont pu trouver dans l’autre une profonde empathie.

Des Millepattes tissés serrés

Déjà, à 16 ans, Abigaël Walker peut dire qu’elle a un parcours de vie plutôt singulier. La jeune fille, qui compose avec une polychondrite chronique récidivante, est la créatrice du Fonds Millepattes visant à aider les familles avec des enfants souffrant de maladies orphelines, rhumatologiques ou rares. Et sans ce parcours particulier, elle n’aurait jamais croisé le chemin de sa meilleure amie Marika Bouchard, avec qui le quotidien n’a pas besoin d’être expliqué, même en temps difficiles.

La maladie rhumatologique très rare d’Abigaël cause l’inflammation sévère de son larynx, de sa trachée et de ses bronches. Marika, elle est atteinte du syndrome de Gardner, une maladie qui cause la formation de polypes dans son côlon et de tumeurs non cancéreuses à l’extérieur de celui-ci. 

« Mon père est décédé de cette même maladie, alors je n’ai que ma mère et ma sœur, mais on s’entraide et on regarde le positif », partage Marika, âgée de 17 ans, qui a dû subir un an de chimiothérapie préventive. 

Sa famille fait partie des Millepattes depuis 2015, moment où elle a fait la connaissance d’Abigaël.

« On s’est connues dans un souper organisé pour rencontrer les nouvelles familles, raconte Abigaël. Au début on était vraiment gênées. On a graduellement appris à se connaître en participant aux activités. On peut dire que dans la dernière année, on s’est vraiment rapprochées. »  

« Déjà, on a vraiment des personnalités semblables, ajoute Marika. Puis, on s’est aperçues que même si on n’avait pas la même maladie, on vivait vraiment les mêmes choses. Dans la dernière année, tout nous est arrivé exactement en même temps. Par exemple, à un certain moment, Abigaël avait un virus et n’allait pas super bien. Ensuite, ça a tout de suite été à mon tour. »

L’an dernier, Abigaël avait atteint le stade de rémission médicamentée. Aujourd’hui, elle doit de nouveau prendre des corticostéroïdes, des médicaments qui ne sont pas sans effets sur sa vie. « Ce sont encore des traitements assez sévères, qui sont pris par voies orale et intraveineuse, explique-t-elle. Je prends aussi des immunoglobulines pour m’aider à prévenir les infections et à avoir plus d’énergie pour combattre ma maladie. Mais ça va bien. Aujourd’hui, c’est une très belle journée et je suis dans une bonne phase. »

Samedi, au Mont-Bellevue, les deux amies ont marché côte à côte sur une distance de trois kilomètres pour la septième Course des Millepattes, un événement qui avait été à l’origine créé par la tante d’Abigaël pour aider la famille à travers son récent diagnostic. Dès la deuxième année, celle que tout le monde connaît sous le nom de « Abi » avait décidé que cet argent devait absolument bénéficier à d’autres familles comme la sienne. 

Il faut croire que ce n’était que les balbutiements d’une importante vocation : alors que le moment des choix de carrière approche pour elle, Abigaël affirme qu’elle convoite la profession de médecin. « Avec tout ce que j’ai vécu dans mon enfance, ce sera ma façon de donner au suivant. »

La septième Course des Millepattes a réuni près de 700 coureurs samedi, et a amassé un montant total de 20 000 $. Le parcours de 3 km a connu une participation record de 300 personnes.

20 000 $ pour aider cinq familles

La septième Course des Millepattes a réuni près de 700 coureurs samedi, et a amassé un montant total de 20 000 $. Le parcours de 3 km a connu une participation record de 300 personnes. 

Ce fut notamment l’occasion pour le maire de Sherbrooke, Steve Lussier et le pédiatre intensiviste Sébastien Roulier, le président d’honneur de cette édition, d’enfiler un dossard pour la cause. 

« Je considère que la course est une métaphore de la vie, avait confié le Dr Roulier, qui également ultra-marathonien, avant l’événement. Face aux difficultés, face à l’adversité, on a toujours le choix : trouver des raisons pour arrêter ou en trouver pour continuer. » 

« L’an dernier, j’ai été tellement touché par la cause, que je leur ai promis que j’allais courir cette année, a partagé le maire Lussier. C’est tellement beau de voir tous ces gens se mobiliser ! C’est important pour ces familles qui ont besoin de soutien. » 

Des joueurs-vedettes du club de hockey Phoenix de Sherbrooke ont aussi participé à différentes épreuves avec les enfants. 

Grâce au montant récolté lors de la course, ainsi que ses partenaires et plusieurs autres collectes de fonds qui ont eu lieu au cours de l’année, le Fonds des Millepattes peut aider cette année cinq familles supplémentaires. Ce soutien se présente sous forme de bourses, d’aide financière lors d’hospitalisations et d’activités de répit. 

Le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, a pris part pour la première fois à la Course des Millepattes. Juste avant de courir une distance de 3 km, il a félicité les plus jeunes coureurs à leur arrivée.