La rentrée 2020 s’annonce toute particulière.
La rentrée 2020 s’annonce toute particulière.

Des mesures jugées insuffisantes

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Les mesures d’aide à la réussite annoncées par le ministre Jean-François Roberge sont jugées insuffisantes. Le Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE) évalue que les 20 M $ annoncés pour soutenir la réussite des élèves, notamment par l’embauche de personnel, pourrait représenter 700 000 $ dans les écoles estriennes francophones, soit l’équivalent d’une heure et demie de services additionnels par école hebdomairement, avance le président Richard Bergevin.

« On trouve ça largement insuffisant pour l’ampleur des besoins qui ont été nommés avec le confinement. Il faut prendre les bouchées doubles à la rentrée », commente M. Bergevin. Le SEE représente des enseignants des centres de service scolaires de la Région-de-Sherbrooke, des Sommets et des Hauts-Cantons, soit environ 3500 membres. 

Il estime que l’annonce survient tard. 

« C’est un des malheurs de l’annonce à ce moment-ci. Les jeunes enseignants viennent de choisir leur contrat en Estrie, dans les trois commissions scolaires. On aurait aimé que l’annonce vienne une ou deux semaines plus tôt pour que les centres de service puissent intégrer cet ajout de services aux contrats présentés aux jeunes. Ceci étant dit, dans les milieux où il y a des jeunes à temps partiel, il pourra y avoir des ajouts. »

Il sera difficile de recruter plus d’enseignants parce que le Québec est déjà en situation de pénurie. Une bonification des contrats pourra donc être une façon d’augmenter les services, estime-t-il.

Richard Bergevin voit deux grands oubliés dans cette annonce : la formation professionnelle et l’éducation aux adultes. 

« Avec les coupes d’emploi liées à la pandémie, on risque d’avoir beaucoup de jeunes adultes qui reviennent aux études, en formation professionnelle ou à l’éducation aux adultes, pour compléter leur formation ou pour être capable améliorer leur sort. On n’a aucune annonce pour aider ces gens-là. Ces gens qui reviennent dans le système ont souvent des retards ou des difficultés. Il faut être capable de leur donner des services adaptés à leurs besoins pour les accompagner vers la réussite. C’est vraiment un oubli important et on s’attend à ce que le ministre corrige le tir dans les prochaines semaines. »

La députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie.

« Ces ajouts-là, c’est vraiment une goutte d’eau dans l’océan des besoins », a lancé la députée Christine Labrie, responsable solidaire en matière d’éducation, en point de presse, en rappelant que le Québec compte plus de 400 écoles secondaires et plus de 1700 écoles primaires. La députée rappelle que l’Ontario a de son côté investi 80 M $ pour du personnel supplémentaire dans le réseau de l’éducation.

« L’Ontario fait plus d’efforts pour s’occuper de ses enfants que ce gouvernement fait pour s’occuper de nos enfants », estime de son côté Richard Bergevin.

Du côté du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS), on se dit heureux des ajouts annoncés, mais il est encore trop tôt pour savoir quelle somme cela représentera pour l’organisation.

« On ne sait pas ce que ces 20 M $ représentent par élève, par école », note Donald Landry, directeur du secrétariat général et du service des communications au CSSRS. 

L’un des défis sera de trouver le personnel disponible, de même que dénicher des locaux pour des mesures ciblées, comme de la mise à niveau ou mettre des élèves en difficulté en retrait. 

Journées de la persévérance

Par ailleurs, une édition spéciale des Journées de la persévérance scolaire a été lancée, lundi. L’initiative est lancée par le Réseau québécois pour la réussite éducative.

En Estrie, la Table estrienne de concertation interordres en éducation et le Projet Partenaires pour la réussite éducative en Estrie (PREE) participent à cette édition afin de donner un élan à cette rentrée toute particulière.

Donald Landry, directeur du secrétariat général et du service des communications au CSSRS.

Pour certains, rappelle le PREE, le rituel scolaire est absent depuis des mois; les élèves devront s’adapter à un nouveau contexte d’apprentissage. « Les événements des derniers mois risquent d’avoir des impacts importants sur les facteurs qui touchent la persévérance scolaire et la réussite éducative, et ce, à tous les ordres d’enseignement », a commenté, par communiqué, la coprésidente de la TECIE et du projet PREE, Christine Hudon.

Une campagne publicitaire se déploiera dans les médias et les réseaux sociaux. Des messages d’encouragement se feront entendre. Le mot-clic #Tousensemblepoureux a été créé pour l’occasion.