Le président de l’Association des médecins omnipraticiens de l’Estrie, Alain Demers et son patient Clément Quirion ont participé à la Grande marche.

Des médicaments ou de la marche?

Prescrire de la marche et de l’activité physique : c’est ce que des médecins de la région de Sherbrooke font depuis plusieurs années. Dimanche, ils proposaient à leurs patients de participer plus spécifiquement à la troisième édition de la Grande marche de Sherbrooke, une activité du Grand Défi Pierre Lavoie.

Lorsqu’une personne pratique des activités physiques comme la marche, elle découvre que les résultats sont encore mieux qu’après une prise de médicaments, explique le Dr Alain Demers, président de l’Association des médecins omnipraticiens de l’Estrie.

« Un monsieur dans la quarantaine, obèse et fumeur, m’a demandé de passer un test de cholestérol. Je lui ai dit que ça ne donnait rien, que ça faisait plusieurs années que je lui donnais des conseils et qu’il ne bougeait pas. Ça ne me donne rien de lui donner une pilule, ça ne préviendra pas un infarctus ou le diabète ! Il est parti un peu choqué. Il est revenu deux ans après avec 70 livres en moins. Il avait cessé de fumer. Je n’aurais pas été capable de le suivre ! Il m’a demandé de passer un test de cholestérol, que j’ai refusé, car il n’en avait plus de besoin. Ce qu’il a fait était meilleur que tout ce que je pouvais lui donner », décrit-il affirmant au passage qu’il était satisfait de voir quelques centaines de personnes se réunir pour marcher.

Dr Demers tente de parler de l’importance de l’activité physique à chaque visite. « Ça fait partie de la prévention que les médecins de famille doivent faire. Nous, en première ligne, notre travail est aussi de faire de la prévention, qu’on fait par la vaccination et par la promotion des saines habitudes de vie », analyse-t-il.

Le médecin a demandé à beaucoup de gens de se joindre à lui pour faire le parcours de deux ou de cinq kilomètres. « J’ai prescrit à mes patients plus âgés et aux gens avec de l’embonpoint de venir à la marche. On nous a fourni un petit bloc-notes de prescription pour prescrire de l’activité physique », indique-t-il, ajoutant qu’il a aussi demandé aux patients en grande forme de participer avec leur famille.

La plupart des personnes à qui Dr Demers a prescrit la Grande marche ont manifesté leur intérêt. « Je leur ai expliqué que c’était symbolique, que c’est juste une journée, mais qu’il faut également en faire plus par la suite », assure-t-il.  

Une fois que le médecin a prescrit la marche, un kinésiologue précise les recommandations, explique Marie-Ève Bégin. « On voit beaucoup d’amélioration, mais la motivation du patient va jouer beaucoup sur la réussite. En général, une personne qui est motivée et qui suit les recommandations va avoir une belle réussite au niveau physique et mental », affirme-t-elle.

Un bel événement

Les sourires étaient nombreux au parc Blanchard à l’occasion de cette Grande marche. En tout, selon l’organisation, environ 900 Sherbrookois se sont déplacés lors de cette fraîche journée. Dans les 75 villes où l’événement était présenté en fin de semaine au Québec, ce sont 50 000 personnes qui ont marché, rapporte La Presse canadienne.

De son côté, Clément Quirion, un marcheur, a apprécié son parcours. « Je veux continuer de rester en forme. C’est important à mon âge. Si on ne bouge pas, le mal commence. Une fois par semaine, je marche avec l’Association du Québec à Compostelle. Nous sommes allés en France durant 30 jours pour faire Compostelle », raconte-t-il.

« L’organisation de la Grande marche est super. C’est intéressant de voir les gens et l’activité est populaire. C’est le fun de voir nos médecins, j’en connais trois qui font partie de l’organisation », résume M. Quirion.

Quelques centaines de participants ont pris le départ de la Grande marche, samedi matin, au parc Blanchard.