Des classes extérieures seront ajoutées au campus principal de l’UdeS à la rentrée.
Des classes extérieures seront ajoutées au campus principal de l’UdeS à la rentrée.

Des lieux de culte transformés en classes universitaires

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
L’Université de Sherbrooke se tournera aussi vers des lieux de culte pour miser sur une approche en présentiel à la rentrée scolaire.

L’UdeS ouvrira des classes dans le couvent des Petites Sœurs de la Sainte-Famille, les églises Marie-Médiatrice et Saint-Boniface, de même qu’à la cathédrale Saint-Michel. Ces options s’ajoutent à celles évoquées dans ces pages en mai : la création de classes extérieures sur le campus principal, de même que l’utilisation du Centre culturel. Celui-ci pourra notamment accueillir des étudiants dans les foyers du centre, ses petites salles, mais aussi dans la salle Maurice-O’Bready.

Les spectacles sont annulés jusqu’au 31 août pour le moment. Or, la programmation sera modulée en fonction de l’offre de cours, confirme la vice-rectrice aux études, Christine Hudon.

« Comme on met l’accent sur les activités pédagogiques, une bonne partie de la semaine, la salle va être utilisée à des fins d’enseignement. Après ça, s’il y a des moments qui sont libres, la fin de semaine notamment, elle pourrait être utilisée. On n’a pas fait d’annonce à cet égard sur la programmation. Ça se peut qu’il y ait des activités qui s’ajoutent, que la programmation reprenne; on reste à l’affût de ce qui sera annoncé. Mais les plages réservées pour les activités pédagogiques vont demeurer dédiées à ces activités.    Des espaces du centre sportif seront aussi mis à profit.

L’institution avait fait état d’une panoplie de scénarios pour augmenter la présence des étudiants sur le campus et se conformer aux règles sociosanitaires. Plusieurs d’entre eux seront déployés. Parmi eux, les cours de soir et le samedi seront plus nombreux, confirme Mme Hudon. Des cours étaient déjà offerts en soirée et le samedi, mais ils seront encore plus nombreux. Également pour permettre à un plus grand nombre de personnes de fréquenter le campus, des cours de 90 minutes plutôt que trois heures seront offerts en présentiel. L’idée plaît à des étudiants qui aiment recevoir l’enseignement en personne, mais n’enchante pas d’autres qui habitent à l’extérieur de Sherbrooke.

« Ça permettra à davantage d’étudiants d’avoir une expérience d’enseignement plus ‘’normale’’ dans le sens de pouvoir assister à un certain nombre de cours avec un enseignant en personne. Pour les chargés de cours, pouvoir enseigner avec un contact humain sera aussi très apprécié, malgré la distanciation. Par contre, cette approche demande de repenser complètement les cours, d’ajouter beaucoup de contenu en ligne, de réfléchir à de nouvelles façons de favoriser les interactions. Il y a aussi toute la question des évaluations qui demeurent à éclaircir, à savoir ce qui sera en ligne ou pas, selon quelles modalités, etc. Bref, l’été et l’automne s’annoncent très chargé pour le personnel enseignant universitaire », commente le président du Syndicat des chargées et des chargés de cours de l’UdeS (SCCCUS), Vincent Beaucher, au sujet des cours de 90 minutes en présentiel.

« C’est l’occasion pour les nouveaux admis d’entrer en contact avec leurs collègues », observe Mme Hudon, qui rappelle que plusieurs sondages ont rappelé la préférence pour le présentiel. « Le contact humain, apprendre à collaborer, débattre, ça fait partie de la réussite étudiante. Même pour les personnes qui enseignent, ça peut permettre de déceler un point d’interrogation dans les yeux. On veut qu’il y ait une valeur ajoutée. C’est pour ça qu’on utilise différents lieux. » 

Malgré ce scénario misant sur le présentiel, l’UdeS se dit être prête à faire face à une deuxième vague de la COVID-19. Forcément, elle n’a pas eu le choix d’y penser, note Mme Hudon. « En mars, on a réussi à passer à distance très rapidement. On a appris de cette première vague. Les activités se sont organisées très rapidement. On a développé des outils et des formations. »

Le SCCCUS a par ailleurs officiellement ratifié sa nouvelle convention collective, qui doit s’étendre jusqu’en 2025. Une entente de principe était intervenue le 12 mars dernier avec une recommandation du conciliateur. Les membres du SCCCUS avaient voté en faveur de l’entente à 91 % à la fin avril.