Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie.
Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie.

Des journées de sept heures dans les garderies en milieu familial de Lac-Mégantic

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Certains parents de la région de Lac-Mégantic ont dû jongler avec leur horaire de travail vendredi matin puisque les responsables de service de garde (RSG) en milieu familial membres de la CSN limitent désormais la période d’ouverture de leur service à sept heures consécutives, conformément à la rémunération qui leur est offerte par le gouvernement.

« Cette première étape dans les moyens de pression vise à obtenir une véritable reconnaissance du gouvernement », explique le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie par voie de communiqué.

En temps normal, les RSG en milieu familial travaillent jusqu’à 10 heures par jour afin de répondre aux besoins des familles. « Calculez! Ces femmes travaillent au moins trois heures de plus quotidiennement sans rémunération ni reconnaissance du ministère de la Famille. Personne n’accepterait de faire une cinquantaine d’heures par semaine pour 27 000 $ par année, après avoir couvert toutes les dépenses », s’indigne Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie.

« Être sous-payée à ce point, c’est inacceptable. De façon méprisante, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, nous considère comme des femmes qui amusent les enfants à la maison plutôt que comme de véritables professionnelles de la petite enfance. Le gouvernement profite de notre dévouement, car il sait que nous refusons de nuire aux parents avec lesquels nous développons une relation de confiance précieuse », affirme Karine Morisseau, représentante du secteur des RSG de la FSSS–CSN.

Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie assure que tous les parents concernés ont été informés à l’avance de la situation afin de limiter les impacts sur leur routine. Ceux-ci sont également aux faits que les moyens de pression prendront de l’ampleur dans les prochains jours dans l’éventualité où le gouvernement refuserait de coopérer.

Les discussions visant à fixer les conditions de travail des RSG doivent reprendre devant un médiateur, à la demande de la CSN. « La dernière chose que nous souhaitons, c’est de déplaire aux parents qui connaissent, eux aussi, leur lot de défis en cette période de pandémie. Mais nous savons qu’ils nous appuient dans nos revendications », ajoute Karine Morisseau.

Les garderies en milieu familial en grève le 16 septembre

À cela s'ajoute près de 4500 familles de l’Estrie qui devront se trouver un plan B le mercredi 16 septembre, lorsque les milieux familiaux régis et subventionnés tiendront une journée de grève dans l’espoir de faire avancer les négociations entreprises avec le gouvernement.

Si aucune entente n’est conclue d’ici là, l’Alliance des intervenantes en milieu familial (ADIM) a annoncé qu’elle déclencherait alors une grève générale illimitée à compter du 21 septembre.