Gilbert Carette, Gilles Fluet et Robert Bellefleur, membres de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire au centre-ville de Lac-Mégantic, ont dénoncé des irrégularités lors de la tenue du registre pour la demande d'un référendum sur la caserne de pompiers de Lac-Mégantic.

Des irrégularités dans le dossier de la caserne à Lac-Mégantic?

Une plainte sera vraisemblablement acheminée au ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire (MAMROT) à propos d'irrégularités qui auraient été commises lors de la tenue du registre pour l'obtention d'un référendum sur la question de cinq règlements d'emprunt, dont le principal concernant la nouvelle future caserne de pompiers de Lac-Mégantic.
Le maire de Lac-Mégantic, Jean-Guy Cloutier, et la greffière, Me Chantal Dion, seraient intervenus pour dissuader des citoyens qui se présentaient pour signer le registre de ne pas le faire.
Il faut préciser que ce n'est pas le coût de 4,3 M$ qui est controversé, mais plutôt l'emplacement projeté pour la caserne, sur un terrain situé entre le Musi-Café et la voie ferrée, le long de la rivière Chaudière.
Jonathan Santerre, de l'organisme citoyen Carré Bleu, dénonce cette situation sur sa page Facebook. En entrevue, il a parlé d'une «entrave à la démocratie et non pas d'une simple opinion. Les faits sont là et les témoignages aussi... Le maire se serait même vanté publiquement, devant deux témoins, d'avoir convaincu quatre ou cinq citoyens de rebrousser chemin», a-t-il plaidé.
«J'ai contacté le MAMROT et le DGE et il y a matière à plainte. Plus de cinq points de lois semblent avoir été enfreints... Il faut rapporter cette situation inacceptable qui, partout ailleurs, aurait été un scandale. Je suis à amasser des témoignages pour joindre à ma plainte et ils sont tous concordants.»
«Des membres de notre groupe, dont Gilbert Carette et Gilles Fluet, se sont présentés pour signer le registre et ont été dissuadés par le maire et la greffière», a confirmé Robert Bellefleur, porte-parole de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic.
«Je suis surpris de voir l'administration qui essaie d'influencer le droit de s'exprimer des citoyens. C'est une attaque au droit démocratique. Je ne suis pas contre l'emprunt pour construire la caserne, mais je trouve que l'endroit est dangereux à côté de la voie ferrée», signale M. Carette.
«Nous remettons en question cet exercice devenu illégal. Quand je suis allé signer le registre, le matin, j'ai été intimidé par les personnes présentes et je n'ai pas signé», indique pour sa part Gilles Fluet.
«Nous doutons fortement de l'emplacement proposé pour la caserne, qui serait située à moins de 100 pieds de la voie ferrée. On ne comprend pas! À Magog, ils ont vite considéré l'argument de la sécurité et ils ont renoncé. À Lac-Mégantic, malgré la catastrophe, on ne semble pas du tout craindre le train. Est-on devenu amnésique, aveugle ou insouciant, à la Ville ?», argumente Robert Bellefleur.
«On se questionne aussi sur la contamination de ce terrain qui appartient à la CMQR, je crois. On ne semble pas considérer le coût inconnu de cette décontamination.»
Le maire se défend
Le maire Jean-Guy Cloutier et la greffière Me Chantal Dion se sont bien défendus d'avoir causé des irrégularités dans le dossier de la caserne.
«Plusieurs personnes qui se présentaient à l'hôtel de ville croyaient qu'ils venaient signer le registre pour s'opposer à l'emplacement de cette caserne de pompiers, alors que c'était pour demander un référendum sur les cinq règlements d'emprunt, dont un concernant le coût de la caserne, soit les 4,3 millions $, et un autre décrétant la réalisation des travaux. Nous n'avons fait que rectifier cette mauvaise information que les gens avaient. Nous n'avons empêché personne de signer le registre, chacun a été libre de le faire, mais nous voulions qu'ils le fassent pour la bonne information», a indiqué le maire Cloutier.
Pour ce qui est de la greffière, Me Chantal Dion, elle a déclaré: «En tant que greffière de la Ville, c'est ma responsabilité la tenue d'un registre. Je me devais d'être présente pour m'assurer que tout aille bien. Je n'ai menacé personne, sauf une dame qui m'a engueulée! Les gens venaient croyant signer contre l'emplacement de la caserne. C'était mon rôle de les informer sur le droit en matière municipale. Je les ai informés que ce n'était tout simplement pas sur l'emplacement de la caserne, mais sur le règlement d'emprunt. Cela n'a pas été une tenue de registre facile, à cause des fausses informations que les gens avaient. Nous voulions que s'ils signaient, ce soit par un choix éclairé. Nous étions quand même capables de rester neutres.»