Ian Bélanger
Ian Bélanger

Des indices de fuite par la fenêtre du deuxième étage

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Ce serait par une fenêtre du deuxième étage de la résidence d’Héliodore Dulac qu’une personne aurait quitté la scène de crime à Milan en juin 2018.

Telle est l’hypothèse qui a été suivie par l’enquêteur Yohan Morneau des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec.

Ce dernier a été appelé à la barre, en matinée mercredi, au procès pour meurtre au deuxième degré de Ian Bélanger au palais de justice de Sherbrooke avant que Kassandra Harpin vienne confirmer cette hypothèse lors de son témoignage en après-midi.

L’enquêteur Morneau a témoigné qu’une empreinte saisie sur le rebord de la fenêtre du deuxième étage lui a permis de constater qu’une personne avait quitté la résidence du chemin de la Yard par la fenêtre du deuxième étage.

« Pour moi, c’était clairement un point de fuite. Les trois portes étaient barrées », soutient Yohan Morneau.

Il est arrivé sur la scène de crime le 4 juin 2018 en ayant en main l’information que les blessures d’Héliodore Dulac n’étaient pas compatibles avec une chute.

La présence de lunettes avec un verre manquant, d’une massue, qui était une branche d’arbre avec une malformation, ainsi que des projections de sang à proximité du corps de la victime ont amené l’enquêteur Yohan Morneau à tirer cette inférence.

« Pour moi, on était sur une scène de meurtre », signale l’enquêteur.

Il a remarqué les fenêtres ouvertes ainsi que des traces faites sur le mur à proximité.

C’est en faisant le tour de la résidence du 544 du chemin de la Yard qu’il a remarqué les éléments l’amenant à avancer la thèse du meurtre sur la scène de crime.

L’enquêteur Yohan Morneau de la SQ.

Dans la maison il a constaté la présence de gouttes de sang, « beaucoup de gouttes de sang » a précisé Yohan Morneau.

« En aucun moment à l’étage, je ne vais voir de gouttes de sang. (...) À l’étage, j’aperçois les fenêtres qui ont été enlevées », signale Yohan Morneau.

Sur place, il a demandé de saisir notamment des mégots de cigarettes, la massue, une pelle, les vitres enlevées, les morceaux de vêtements ainsi le rideau de douche.

Les items saisis ont été analysés dans le cadre de l’enquête.

Les enquêteurs de la SQ ont prélevé les numéros de téléphone des 81 personnes qui avaient laissé des messages sur le téléphone de la résidence d’Héliodore Dulac.

Le dernier appel a été consulté le 1er juin en après-midi, mais trois autres appels avaient été faits le 4 juin, après la découverte du corps de la victime.


« Je voulais la voir en personne pour savoir si elle pouvait passer par la fenêtre. »
Yohan Morneau

L’enquêteur Morneau a rencontré Kassandra Harpin en juillet, soit un mois après les éléments. Kassandra Harpin a reconnu récemment son implication dans cette affaire de meurtre.

« Je voulais la voir en personne pour savoir si elle pouvait passer par la fenêtre. J’ai constaté de visu qu’elle avait la corpulence possible pour y passer. J’avais une petite femme devant moi. Je voulais aussi semer une graine pour qu’elle commence à amorcer un processus décisionnel pour qu’elle vienne s’expliquer un jour. Je lui ai dit qu’elle avait une implication certaine et que l’on avait envoyé des items en analyse. Je voulais qu’elle vienne s’expliquer avant les retours des analyses. Ma stratégie n’a pas fonctionné », indique l’enquêteur Morneau.

Il explique que l’enquête a progressé et que Ian Bélanger et Kassandra Harpin ont été arrêtés en septembre 2018 à Lambton par le Groupe d’intervention (G.I.) de la SQ.