La Ville de Sherbrooke pourrait décider d’acheter et de démolir certains immeubles situés le long de la rue Galt Ouest. Les immeubles en question ne sont pas connus pour le moment, mais ils seraient situés entre les rues Saint-Antoine et Alexandre.

Des immeubles de la Galt Ouest pourraient être démolis

La Ville de Sherbrooke pourrait acquérir plusieurs immeubles à logement de la rue Galt Ouest, situés entre la rue Saint-Antoine et la rue Alexandre, pour revitaliser le secteur et reconfigurer le secteur. Il s’agit d’une des options étudiées à l’approche de travaux de correction majeure d’aqueduc et d’égout sur cette artère.

L’acquisition de propriétés de gré à gré ou par expropriation afin d’élargir et de réaménager la rue Galt Ouest a fait l’objet de discussions au comité exécutif en mai. Un point controversé à l’ordre du jour du conseil municipal de lundi pointait dans la même direction. Il a été retiré après que la conseillère Évelyne Beaudin eut demandé en quoi consistait le projet de la rue Galt Ouest.

Lire aussi: La Ville dompte la rue Galt Ouest

On apprenait que la Ville a obtenu une enveloppe du Programme d’infrastructures Québec-Municipalités pour la correction d’aqueduc et d’égout. « Certaines étapes de préparation et de planification spécifiques sont nécessaires. Nous devons, dans un premier temps, acquérir certains immeubles aux abords de notre emprise de rue. Nous avons donc besoin de disponibilités budgétaires pour effectuer ces acquisitions », lit-on dans le sommaire décisionnel rendu public.

Le financement provenant de la Ville pour ce projet s’élève à 943 000 $ et devrait servir à l’acquisition d’au moins un immeuble.

Si la Ville choisit de procéder à la démolition, elle visera des immeubles situés du côté nord de l’artère pour permettre une ouverture sur le parc Alfred-Élie-Dufresne. Il n’est toutefois pas possible de savoir quels bâtiments pourraient être visés.


« Les bâtiments sont jugés en mauvais état et l’occasion est belle d’ouvrir le parc sur la rue Galt Ouest. »
Jérémy Dépault

Le projet figurait au Plan directeur d’aménagement durable du centre-ville en 2015. On ne suggérait plus la démolition comme seule option dans la version finale du plan en 2016.

« À l’origine, nous parlions de la démolition des immeubles à logements pour permettre d’intégrer les terrains au parc, mais l’orientation a changé parce que nous avons eu une rencontre avec la table de concertation du secteur Larocque. Les bâtiments sont jugés en mauvais état et l’occasion est belle d’ouvrir le parc sur la rue Galt Ouest. Nous pourrions aussi accorder une meilleure place à la mobilité active », explique Jérémy Dépault, qui était chargé de projet à l’urbanisme à Commerce Sherbrooke lors du dépôt du projet.

« Les logements sont abordables et permettent à des citoyens à faible revenu de se loger. Une cinquantaine de ménages se retrouveraient sans abri s’il y avait démolition. Le plan directeur n’est pas un plan de construction et ne cible pas de façon précise la meilleure action à poser. Ces unités nécessitent une réflexion, peut-être une reconversion, ce qui représenterait plus de travail de planification avec le milieu », ajoute-t-il.

Nouvelle configuration

En élargissant l’emprise de la rue Galt Ouest, il serait par exemple possible d’élargir le trottoir et d’ajouter une voie cyclable.

Dans le même sens, le plan propose de réaliser un recul des bâtiments du côté sud, probablement en tassant la rue et en élargissant les trottoirs. « Le trottoir est très collé sur la rue et les bâtiments sont très collés sur le trottoir, ce qui crée un sentiment d’inconfort pour les piétons. »

L’horizon pour la réalisation de ce projet était de 10 à 20 ans. L’obtention d’une subvention pourrait précipiter les décisions pour n’intervenir qu’une fois dans le secteur. Les neuf immeubles situés dans le périmètre visé, du côté nord, ont une valeur totale de plus de 3 M$. Leur valeur individuelle varie de 225 000 à 960 000 $.

La conseillère du district du Lac-des-Nations, Chantal L’Espérance, n’a pas voulu commenter le dossier, qui n’a toujours pas été présenté aux élus. « Une chose est certaine, si nous travaillons dans la rue Galt Ouest, nous ne voulons pas recommencer dans cinq ans. Effectivement, ce secteur a besoin d’amour et si nous pouvons faire quelque chose, nous le ferons. Nous essaierons de faire des gestes qui comptent en respectant la capacité de payer des citoyens. »