L’élève du Touret Ikabob Doumtol marche, accompagné de l’enseignante Marie-Josée Gagnon et de ses nombreux amis de son école.

Des humains d’abord avec leurs différences

Les élèves de l’école du Touret ont marché, dansé, couru et ont surtout eu beaucoup de plaisir à l’occasion de la première marche pour sensibiliser la population au fait que, malgré leurs différences, ils demeurent des êtres humains avant tout.

Une enseignante à l’école du Touret, Geneviève Vallée, assure que ses élèves sont en mesure de faire des activités. « On organise des activités pour nos élèves afin de montrer à la population qu’on existe et que nous sommes capables de faire des choses, nous aussi. Les gens ont parfois une moins bonne perception des élèves handicapés, et ce, partout. On fait des apprentissages et on les amène à être plus autonomes et à communiquer », explique celle qui a coorganisé la marche, tenue dans le gymnase de l’école.

Les regards des autres peuvent encore atteindre les jeunes, même en 2018. « Ça reste encore. Quand on fait des sorties avec nos élèves, on se fait souvent regarder, assure l’enseignante. Ce n’est pas évident, mais il faut faire abstraction de ça et enseigner nos choses à nos élèves. »

Du progrès

Toujours selon Mme Vallée, les personnes handicapées profitent d’une meilleure presse qu’avant. « Je crois que ça s’améliore d’année en année. Cette semaine j’écoutais la télévision et Louis T. est autiste et humoriste. Dans Le monde de Benjamin, le fils de Patricia Paquin est aussi dans les médias », analyse l’enseignante.

« Les élèves sont à l’école jusqu’à 21 ans, continue-t-elle. Le but est de les faire progresser le plus possible pour les intégrer sur le marché du travail. Il y a plusieurs possibilités qui s’offrent à eux. »

Une autre enseignante, Marie-Josée Gagnon, qui pratique son métier au Touret depuis 25 ans, pense que ces jeunes doivent avoir leur place. « C’est plus connu maintenant. Ces personnes-là ont leur place dans la société par leur apport. Il reste du travail à faire, car les gens ont parfois peur de leur réaction. Je pense qu’il faut démystifier et continuer à les approcher. La communication est à la base de tout, que ce soit un sourire, une tape dans la main ou une conversation », conseille-t-elle.

« Pour travailler ici, on doit avoir une vocation, poursuit Mme Gagnon. Il faut avoir la volonté et le cœur de le faire. C’est beaucoup d’investissement. Les jeunes ont beaucoup de difficultés. Il y a de beaux progrès. Ça fait 25 ans que je suis ici et on remarque de beaux progrès chez les jeunes. »

La progression faite par les enfants se constate après quelques mois seulement. « On voit des jeunes qui arrivent au début de l’année et qui ont peur de tout. En fin d’année scolaire, ils sont capables de faire des productions autonomes de 40 à 45 minutes », dit Mme Gagnon.

L’arrivée de la technologie a aidé à l’éducation, mais n’a pas tout révolutionné. « On a actualisé et bonifié avec les outils technologiques qui sont venus nous aider dans notre pratique. Par contre on ne réinvente pas la roue, nous sommes créatifs, mais 1 + 1 = 2, encore aujourd’hui », résume Marie-Josée Gagnon.