Daniel Picard, directeur général de la Ville de Sherbrooke, et Nicole Bergeron, présidente du comité exécutif de la Ville, ont tenu à clarifier certaines informations concernant l’augementation salariale que se voteront les élus le 3 juin.

Des hausses de salaire « raisonnables », selon les élus

La Ville de Sherbrooke a senti le besoin de « clarifier » certaines informations à propos de l’augmentation salariale que s’apprête à se voter le conseil après la publication d’un article dans La Tribune vendredi révélant que l’augmentation de la rémunération brute des conseillers variera de 10 à 22 % en 2019.

En séance du conseil mardi, les élus ont lancé le processus réglementaire pour appliquer une augmentation de 5,24 % à leur salaire de 2018. Le règlement devrait être adopté le 3 juin. La Tribune révélait toutefois vendredi que les changements apportés à leur rémunération brute entraîneront plutôt des augmentations variant de 10 à 22 %.

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C’est que le salaire de base de 2018 subirait une indexation pour les années 2018 et 2019. Il serait par ailleurs majoré de 5906 $ pour tous les conseillers, et de 8115 $ pour le maire, pour compenser le fait que l’allocation de dépenses des élus est désormais imposable. 

De telles hausses salariales entraîneraient des dépenses supplémentaires de 138 466 $, incluant le salaire versé aux conseillers d’arrondissement.

La présidente du comité exécutif, Nicole Bergeron, a confirmé les chiffres révélés par La Tribune lors d’un point de presse organisé vendredi après-midi. 

Elle estime cependant qu’ils laissent place à l’interprétation. 

« Ils ne reflètent pas la rémunération nette des conseillers », fait-elle valoir.

Concernant l’indexation de 5,24 % pour les années 2018 et 2019, la présidente souligne que rien n’empêche le conseil de considérer l’absence d’augmentation de salaire en 2018 dans l’indexation de 2019.

 « Selon la loi, le versement de ces augmentations pour l’année 2018 ne devait pas être fait sur la base d’une rétroaction, c’est vrai. Mais il n’y a rien dans la loi qui interdit au conseil de se voter une augmentation en 2019 qui tient compte de l’augmentation que l’on aurait eu droit en 2018 et à laquelle nous avons toujours eu droit », soutient Mme Bergeron.

« C’est reconnu en matière de rémunération de revenir en arrière lorsqu’un dossier s’étire. C’est dans la normalité », ajoute Daniel Picard, directeur général de la Ville, présent au point de presse. 

Selon des documents que La Tribune avait obtenus, la recommandation du comité exécutif était plutôt une augmentation de 4,25 % du salaire des élus.

« La rémunération des élus ne concerne pas que le comité exécutif. Des ajustements peuvent être faits aux recommandations. On a entendu ce que les élus avaient à dire à ce chapitre et ils ont voulu aller de l’avant avec l’augmentation de 5,24 %. 

« La majorité des conseillers jugent ces augmentations raisonnables et justifiées », affirme Mme Bergeron. 

La compensation de 5906 $ qui serait versée à tous les conseillers pour pallier l’imposition fédérale dorénavant prélevée sur l’allocation de 16 767 $ accordée aux élus a été calculée en fonction du salaire de la conseillère la mieux payée, soit Mme Bergeron.

Les 13 autres conseillers se retrouveraient par le fait même avec une augmentation de salaire brute.

« On avait un choix à faire. On aurait pu calculer cette allocation en prenant la moyenne des salaires, mais on a décidé qu’il fallait qu’elle soit déterminée en fonction du salaire le plus élevé. Si on avait pris la moyenne des salaires, des élus auraient eu une baisse et ils auraient perdu par le fait même une partie de leur pouvoir d’achat », justifie la conseillère.

Aurait-il été possible de calculer la compensation selon le revenu de chacun des conseillers pour que la mesure se fasse à coût nul?

« C’est impossible dans un règlement d’imposer des notions qui deviennent individuelles. On se devait de faire une formule qui allait sur une moyenne ou sur quelque chose de commun », précise Daniel Picard.

Présentation publique

La présidente du conseil ne croit pas qu’il aurait été préférable de faire une présentation des différents scénarios étudiés pour fixer l’augmentation salariale. 

Selon elle, les élus auront la chance de s’exprimer sur le sujet lors de l'adoption du règlement en juin.

« À ce moment, il y aura plus de détails. Les élus pourront également s’exprimer », affirme Mme Bergeron.  

Rappelons que la rémunération des élus est maintenant fixée par les municipalités en raison de la nouvelle loi reconnaissant les municipalités comme des gouvernements de proximité. Il revient donc aux élus de déterminer l’indice qui sera utilisé pour calculer l’indexation annuelle, le salaire de 2019 de même que la compensation pour l’allocation de dépenses.

« On a pris la peine de demander à quelqu’un à l’extérieur du conseil de se pencher sur ce dossier. Je crois que l’on ne peut pas nous reprocher de ne pas avoir fait nos devoirs. Maintenant il faut prendre une décision et c’est ce qu’on fait », résume Mme Bergeron.