Les 760 responsables en services éducatifs en milieu familial (RSE) de l’Estrie seront en grève générale illimitée à compter du 21 septembre.
Les 760 responsables en services éducatifs en milieu familial (RSE) de l’Estrie seront en grève générale illimitée à compter du 21 septembre.

Des garderies en milieu familial rejettent les offres gouvernementales

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
Les 760 responsables en services éducatifs en milieu familial (RSE) de l’Estrie seront en grève générale illimitée à compter du 21 septembre. Les 10 000 membres de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) ont rejeté à 82 % l’offre finale et globale proposée par le ministère de la Famille. Par ailleurs, depuis plus d’un mois, environ 40 garderies en milieu familial ont cessé leurs activités dans la région.

La présidente de l’Alliance des intervenantes en milieu familial de l’Estrie, Marlène Carbonneau, n’est pas surprise par le refus des offres gouvernementales. « Il y a quelques semaines, on a fait état des négociations. Lors d’un webinaire, on a présenté à nos membres où nous en étions rendus. Déjà à ce moment, ils étaient très insatisfaits des offres monétaires. »

Les membres de la FIPEQ-CSQ ont également voté en faveur d’un plan de mobilisation incluant une grève rotative qui touchera toutes les régions du Québec du 1er au 18 septembre. 

Mme Carbonneau souligne que l’objectif de la grève illimitée n’est pas de prendre les parents en otage. « On souhaite avoir l’appui des parents. On va prendre l’été pour expliquer nos revendications. On ne souhaite pas se rendre à la grève illimitée. On veut des dates de rencontre et des phases de négociation intensive pour en venir à une entente de principe. »

Rareté de main-d’œuvre

Le personnel se fait rare dans les différents services de garde en milieu familial en Estrie. Depuis le 11 mai, environ 40 établissements ont fermé dans la région. « Si on multiplie ce chiffre par six et bien c’est 240 places avec plus personne en mesure des opérer. Il y en a quelques-uns où c’est en raison de suspension pour maladie vulnérable. Toutefois, on n’est pas certain qu’ils vont revenir », note Mme Carbonneau.

« Il y a tellement de fermetures, c’est inquiétant. Les RSE ferment, car elles ne croient plus à une certaine reconnaissance », avoue la dame.

Elle estime qu’une valorisation de la profession est nécessaire afin d’attirer plus de gens vers ce métier. « Il faut avoir des bonnes conditions, une meilleure qualité de travail et un meilleur salaire. Si on veut encore que dans deux ans il y ait un réseau des services de garde, il faut prendre soin des gens qui sont présents. »

À ce jour, les responsables en services éducatifs en milieu familial gagnent environ 12,42 $ de l’heure. La FIPEQ-CSQ désire un rattrapage monétaire équivalent à 16,75 $ de l’heure. Le 1er mai 2020, le salaire minimum est passé à 13,10 $.

« Les intervenantes sont insultées et fâchées. Depuis le début de la crise, elles se font dire qu’elles sont essentielles. Elles sont un atout majeur dans la reprise économique et elles ont donné des services d’urgence. Pourtant, elles ne récoltent rien. Les intervenantes sentent qu’elles ne sont pas reconnues et respectées », soutient Mme Carbonneau.  

Le 8 mars dernier, les membres de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec ont voté à 97,5 % en faveur d’une grève illimité qui devait débuter le 1er avril. Quelques jours plus tard soit le 13 mars, la FIPEQ-CSQ a suspendu tous ses moyens de pression en raison de l’évolution de la pandémie de la COVID-19.

La CSN se mobilise 

Le 18 juin, les responsables des services de garde affiliés à la CSN ont fait la grève afin de dénoncer un abandon du réseau par le gouvernement. Quarante-neuf établissements provenant de la région de Lac-Mégantic ont fermé leur porte pour la journée. Des actions de mobilisation ont été effectuées. 

L’entente collective des RSE est arrivée à échéance le 31 mars 2019.