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L’indice de santé organisationnelle à l’Université de Sherbrooke a été établi à 67 %, montre le rapport qui a été diffusé récemment.
L’indice de santé organisationnelle à l’Université de Sherbrooke a été établi à 67 %, montre le rapport qui a été diffusé récemment.

Des feux rouges sur la santé organisationnelle à l’UdeS

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
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L’indice de santé organisationnelle à l’Université de Sherbrooke a été établi à 67 %, montre le rapport qui a été diffusé récemment. La santé psychologique de la communauté universitaire et les troubles musculo-squelettiques doivent faire l’objet d’une surveillance, apprend-on également.

L’institution a sondé l’automne dernier l’ensemble de la communauté universitaire, des employés jusqu’aux étudiants. 

Plus de 30 000 personnes ont été appelées à répondre au questionnaire s’intéressant à six volets, dont la santé psychologique. Environ 33 % des personnes ont répondu, dont neuf pour cent des étudiants.

L’indice de santé organisationnelle global est donc de 67, de 66 pour le personnel et de 69 chez les étudiants.

« Ce n’est pas une note comme telle. On aime mieux nos baromètres, précise Jean Goulet, vice-recteur aux ressources humaines et aux relations internationales à l’UdeS, au sujet des graphiques qui ont été intégrés à la présentation. Le plus important, c’est de savoir où on va être dans deux ans. On va refaire ces mesures-là en 2022 pour voir si on a progressé… »

Il s’est dit agréablement surpris de voir que l’autonomie est l’un des points forts du rapport, suggérant du même coup que les gens œuvrent dans un endroit où ils peuvent se réaliser. 

L’autre grande surprise relevée par M. Goulet : les troubles musculo-squelettiques à surveiller. 

« Parce que depuis plusieurs années, on a mis en place plusieurs programmes, changé les chaises, on a des escouades qui font des analyses. Nos chiffres à la CNESST (Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail) sont tout à fait corrects (…) L’analyse que j’en ai faite et plusieurs autres qui travaillent là-dedans, c’est que les gens ont de bonnes chaises, mais ils ne se lèvent pas. Peut-être que la pandémie a augmenté ça (…) J’ai l’impression qu’il y a un mouvement d’éducation continue. Ce genre de choses là, on ne peut pas les faire une fois et penser que c’est fait pour les 30 prochaines années. » 

Cette donnée arrive alors que l’UdeS est à planifier comment on fera du travail postpandémie. 

Avec ce portrait global, des actions vont être mises en place pour améliorer les différents volets concernés.  

Le taux moyen d’absentéisme à l’UdeS oscille à 3 %, selon M. Goulet. « Dans le milieu, ça se situe à 6-7 %. On voudrait baisser en bas de 3 % en fait. » Cette moyenne a déjà été un peu plus basse.  

Parmi les points positifs, on note l’environnement sécuritaire et le domaine de la diversité, de l’équité et de l’inclusion.

Surcharge de travail chez les profs

La présidente du Syndicat des professeures et des professeurs de l’UdeS (SPPUS), Julie Myre-Bisaillon, observe que le score pour les professeurs de l’établissement arrive en deçà de la moyenne d’environ dix points.

Ces résultats surviennent alors qu’une enquête du SPPUS auprès des membres en début de carrière et ayant des responsabilités administratives (comme la gestion de programme) établit que 92, 5 % d’entre eux disent vivre une surcharge de travail. 

L’enquête a été menée auprès de 102 professeurs non permanents; 67 personnes ont répondu aux questions. 

Dans les premières années de carrière, il faut obtenir une première demande de subvention, rappelle-t-elle. 

« La santé psychologique et la surcharge de travail, ça fait longtemps que le SPPUS et la direction en débattent. La pandémie est venue vraiment exacerber. C’est sûr que quand tu es surchargé, ta santé psychologique est touchée. On a toujours dit depuis le début que l’ensemble des professeurs était touché, mais on a toujours identifié deux groupes plus à risque, dont les jeunes professeurs, et tous ceux avec des responsabilités administratives. Les profs qui gèrent les programmes ont eu des tâches complètement envahissantes depuis un an. Avec ce rapport-là, on voulait vraiment mettre l’accent sur les jeunes profs, parce qu’il y a des enjeux de promotion. On savait avant la pandémie que cette partie de la carrière est stressante, exigeante. En contexte de pandémie, avec les jeunes familles à la maison, la surcharge liée à l’enseignement, ça a fait en sorte que les jeunes profs ont été tellement débordés que ça a ajouté au stress du développement de la recherche. L’indice le plus inquiétant, dans l’indice de santé organisationnelle, c’est la charge de travail », indique-t-elle. 

Parmi les conséquences liées à cette surcharge, l’enquête pointe des effets sur la recherche, comme l’abandon de demandes de subventions.

Environ 57 % des répondants ont identifié des conséquences sur la recherche, dont le retard ou la prolongation des projets en cours. 

Le SPPUS réclame de réduire temporairement la tâche d’enseignement l’année prochaine d’au moins un cours ou encore d’avoir la possibilité d’embaucher des auxiliaires d’enseignement par la création d’un fonds spécifique, note Mme Myre-Bisaillon. 

« Les professeurs s’en mettent beaucoup sur les épaules, ils ont des craintes que ça ait des impacts à long terme. En général, la recherche et les subventions, ça s’est beaucoup amélioré cette année. Pour beaucoup de profs, ça a été une occasion de mettre plus de temps sur la recherche. Il y a effectivement une problématique avec certains jeunes profs. Parallèlement, à l’automne 2020, on a fait 41 rencontres avec de jeunes profs et leurs mentors pour trouver quelles sortes d’actions on peut mettre en place. On va arriver avec des actions », note M. Goulet.