Les patients sans médecins de famille peuvent s’enregistrer au Guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF) depuis 2016, notamment en remplissant un formulaire sur le web.

Des failles dans le système d'accès à un médecin de famille

Il y a certaines failles dans le guichet d’accès à un médecin de famille qui a été mis en place en 2016 par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) pour favoriser l’accès à un médecin de famille, soutient le Protecteur du citoyen dans un rapport d’enquête dont les résultats viennent tout juste d’être dévoilés. Ces lacunes se traduisent notamment par de longs délais d’attente et une mise en priorité parfois inadéquate des patients orphelins.

Les patients sans médecins de famille peuvent s’enregistrer au Guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF) depuis 2016, notamment en remplissant un formulaire sur le web. Qu’est-ce qui cloche donc dans ce système?

« Le formulaire du GAMF ne comporte aucune question sur la médication, sur l’utilisation de services spécialisés ou sur le suivi de maladies chroniques. De plus, certains diagnostics ne sont pas mentionnés et il est impossible d’y ajouter de l’information. Cela fait en sorte que les personnes qui s’y enregistrent ne sont pas toujours priorisées comme elles le devraient », souligne la protectrice du citoyen.

Selon Marie Rinfret, protectrice du citoyen, « les lacunes et les limites du système peuvent expliquer que la cible ministérielle de 85 % de la population inscrite auprès d’un médecin de famille n’a pas été atteinte comme prévu le 31 décembre 2017. »

Encore 26 700 patients orphelins
À cette date, le taux d’inscription provincial était de 78,3 %. En Estrie, il était toutefois de 85,8 %. Plus de 26 700 patients orphelins sont toujours sur la liste d’attente de la région.

De plus, une fois enregistrées, les personnes peuvent en principe bénéficier d’une évaluation clinique. Or, dans certaines régions, faute de personnel infirmier, cette évaluation est impossible. « Cela accroît les problèmes de priorisation des demandes », ajoute la protectrice du citoyen.

Lorsqu’une personne est attribuée à un médecin, le processus n’est pas terminé. Le Protecteur du citoyen constate que des personnes peuvent attendre plusieurs mois avant d’obtenir un premier rendez-vous. Dans l’intervalle, elles ne sont plus disponibles pour être attribuées à un autre médecin qui pourrait être susceptible de procéder plus rapidement à leur prise en charge.

Finalement, il ressort de l’enquête du Protecteur du citoyen que le partage géographique entre les territoires pour l’attribution d’un médecin de famille n’est pas optimal. En effet, le taux d’inscription est très variable, allant de 63,5 % pour le Nord-de-l’île-de-Montréal à 91,3 % pour Chaudière-Appalaches. Le taux d’inscription moyen pour l’ensemble des régions est de 78,3 %.

Le Protecteur du citoyen formule donc huit recommandations au MSSS visant entre autres à ce que la priorisation des personnes enregistrées au GAMF reflète leur état de santé. Il recommande aussi que les personnes à qui on attribue un médecin soient réintroduites au GAMF à leur date d’enregistrement initiale si elles ne sont pas inscrites auprès de ce médecin dans un délai maximum de 60 jours.

Rappelons que le Protecteur du citoyen est une institution impartiale et indépendante ayant pour mission de veiller au respect des droits des citoyens dans leurs relations avec les services publics.