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Rose Pruneau
Rose Pruneau

Des excuses et des remords pour la sauvage agression de la rue Chauveau

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
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Dix-sept mois après avoir monté un guet-apens pour voler son ex-conjoint, Rose Pruneau était assise, mardi au palais de justice de Sherbrooke, à quelques mètres de celui qui avait été sauvagement battu lors des événements de juillet 2019.

Raphaël Nadeau-Jolin se trouvait à deux bancs d’elle pour assister aux observations de la peine qu’il doit recevoir pour sa participation à la violente agression commise sur la rue Chauveau à l’été 2019.

Les sentiments de vengeance de cette nuit du 12 au 13 juillet 2019, ont laissé place aux remords, aux excuses et au repentir devant le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec.

En compagnie de Wesley Aucoucou, Maxim Hayrutdinov et Carol-Anne Homan, Raphaël Nadeau-Jolin et Rose Pruneau ont attaqué l’ex-conjoint de cette dernière dans un coin sombre.

Ces cinq jeunes adultes ont tous plaidé coupables aux accusations portées contre eux.

Rose Pruneau a reconnu avoir monté ce stratagème sous le prétexte d’un achat de drogue avec les autres accusés pour attirer celui qui allait devenir la victime. 

« Il n’y aura jamais de mots pour exprimer comment je me sens. Le seul mot qui me vient est dégueulasse. Je suis totalement désolée. J’aurais aimé que l’on soit des personnes équilibrée sans la toxicomanie. Je n’aurais jamais pensé être ici au tribunal après avoir été aussi méchante. J’étais rendue inhumaine. La toxicomanie m’a tout pris. Faire du mal à quelqu’un comme ça est la pire chose qu’un humain peut faire », a exprimé Rose Pruneau qui s’est confondue excuses à travers plusieurs sanglots.

Raphaël Nadeau-Jolin

Elle a lu et a déposé une lettre d’excuses envers sa victime au tribunal.

« Je dois à tous de sincères excuses pour tout le mal que j’ai causé. Je lui souhaite le meilleur  (...) J’ai gâché sa vie, j’ai gâché la mienne », a mentionné Rose Pruneau. 

Raphaël Nadeau-Jolin a aussi lu une lettre d’excuses à la victime.

« Je ne suis pas fier de moi. Je m’en veux tous les jours. Tu ne méritais pas ça », a indiqué Nadeau-Jolin à la victime à qui il a offert, tout comme Rose Pruneau, 500 $ en dédommagement.

Tant Rose Pruneau que Raphaël Nadeau-Jolin ont complété des thérapies afin de travailler à mettre de côté leur dépendance aux stupéfiants au cours des derniers mois.

« La thérapie a vraiment été une deuxième chance. Je mentais aux autres. La seule chose importante était ce que la consommation pouvait m’apporter, l’argent que ça me rapportait et ma dépendance affective. La thérapie m’a permis de découvrir qui j’étais. C’est le plus beau cadeau que je me suis fait. Sans la thérapie, je ne serais pas de retour à l’école. Je n’étais pas gérable sous consommation. Je n’aurais même pas voulu être amie avec moi-même », signale Rose Pruneau qui a déposé des lettres de recommandation de certains de ses enseignants du Cégep de Sherbrooke.

Raphaël Nadeau-Jolin affirme avoir changé de cercle social depuis ces événements violents et a subi une thérapie. 

« Je n’étais pas moi quand je consommais. J’étais irritable et agressif, perdu dans mes pensées. Je ne consomme plus depuis un an et demi. Je me suis rapproché de mon père et je veux lui prouver que je suis un bon gars », affirme Raphaël Nadeau-Jolin qui affirme qu’il veut aider les gens et non leur nuire.

La victime vit encore de l’anxiété des gestes subis sans garder de séquelles physiques.

« Il vit encore des séquelles psychologiques. Il s’était mis en isolement volontaire bien avant la COVID. Il fait moins confiance aux autres. Cet événement a affecté ses relations personnelles. Il a encore de la difficulté à vivre avec ce qui s’est passé », a signalé la procureure aux poursuites criminelles, Me Maude Lapointe.

Wesley Aucoucou a été condamné à 21 mois de prison, Homan a reçu une peine de 15 mois dans la collectivité pour un rôle moindre et Hayrutdinov doit être condamné à la prison ferme en janvier 2021.

Les avocates du dossier Me Julie Beauchemin et Me Karine Poliquin qui défendent respectivement Raphaël Nadeau-Jolin et Rose Pruneau ainsi que la procureure aux poursuites criminelles Me Maude Lapointe présenteront leurs arguments sur la peine au tribunal le 21 janvier 2021.

Les avocates ont mentionné que les positions pour leurs suggestions de peines étaient « très éloignées ».