À la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), 150 des 700 membres du personnel du secondaire offrent des heures chaque jour pour le soutien aux écoles primaires, tant des enseignants que du personnel de soutien.
À la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), 150 des 700 membres du personnel du secondaire offrent des heures chaque jour pour le soutien aux écoles primaires, tant des enseignants que du personnel de soutien.

Des enseignants du secondaire en renfort dans les écoles primaires

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Des enseignants du secondaire viennent prêter main-forte à leurs collègues dans les écoles primaires partout en Estrie. Les tâches qu’on leur demande sont très variées : certains sont devenus titulaires d’une classe, des enseignants d’éducation physique viennent animer des récréations pour permettre aux enfants de bouger tout en respectant la distanciation physique, certains viennent dans les cours d’école pour donner un coup de main lors de l’arrivée et du départ des élèves alors qu’un grand flot de voitures font descendre des dizaines d’écoliers.

« Certains vont aussi donner du support autour de la classe. Par exemple, ils vont faire de la surveillance pendant la période du dîner pour que les enseignants titulaires puissent avoir une pause le midi, puisqu’on sait que les élèves doivent rester dans la salle », soutient Richard Bergevin, président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE).

À la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), 150 des 700 membres du personnel du secondaire offrent des heures chaque jour pour le soutien aux écoles primaires, tant des enseignants que du personnel de soutien. De ce nombre, seule une dizaine d’enseignants du secondaire se sont retrouvés titulaires d’une classe à l’école primaire.

« Nous avons demandé de l’aide de façon volontaire, et en moins de 48 heures, nous avions toute l’aide dont nous avions besoin de la semaine du personnel des écoles secondaires », indique Donald Landry, secrétaire général et directeur des communications à la CSRS.

À la Commission scolaire des Hauts-Cantons, 17 enseignants du secondaire travaillent au primaire pour combler les besoins.

Et on dénombre 30 enseignants du secondaire qui travaillent dans les écoles primaires de la Commission scolaire des Sommets.

« Du côté de la CSRS, nous avons deux volets distincts. Il y a du personnel qui soutient les enseignants du primaire pendant les récréations ou l’heure du dîner, par exemple, mais nous avons aussi un volet pour assurer la sécurité à l’arrivée et au départ des élèves le matin et le soir. À Sherbrooke, avec l’aspect urbain de nos écoles, avec la densité, avec la congestion, ça représentait un défi important pour que l’arrivée et le départ des élèves se fassent en sécurité. Dès la semaine prochaine, quelques écoles nous ont signifié qu’elles n’avaient plus besoin de ce support parce que les gens se sont bien habitués aux consignes. Dans d’autres écoles, cette mesure va s’étendre sur une troisième semaine, et ce sera terminé », soutient Donald Landry.

Environ le quart des enseignants qui ont été actifs dans les écoles primaires de l’Estrie, lors de la première semaine de la reprise, se sont « montrés satisfaits » de la façon dont la reprise a eu lieu du point de vue des relations humaines et de la pédagogie.

« Le bémol, c’est qu’on ne sait pas comment ça s’est passé au niveau sanitaire. Si ça ne s’est pas bien passé, on le saura dans deux ou trois semaines seulement », indique M. Bergevin.

Donald Landry est aussi satisfait du retour en classe des élèves du primaire. « Le retour se passe bien, et on sent même que les consignes sont de mieux en mieux intégrées au fil des jours », indique le secrétaire général de la CSRS.

Le travail des enseignants du secondaire auprès des plus petits se serait d’abord fait sur une base volontaire dans les trois commissions scolaires, indique le président du syndicat.

« Les professeurs d’éducation physique, d’art et d’éthique et culture religieuse seraient particulièrement prisés. « Les professeurs d’éducation physique animent par exemple des activités de work-out pour aider les jeunes à bouger tout en restant sur place », indique-t-il.

Mais parfois, le maillage est beaucoup moins évident.

« Un professeur d’arts plastiques au secondaire qui devient titulaire d’une classe de deuxième année, c’est presque comme demander à un cardiologue d’aller faire le travail d’un orthopédiste. Le travail est très, très différent », soutient M. Bergevin.

Cette aide est néanmoins la bienvenue dans les écoles primaires qui ont eu bien peu de temps pour préparer leur école et leurs classes aux nouvelles normes sanitaires.

« La tâche des enseignants du primaire s’est complexifiée. Pour celles dont le groupe a été divisé en deux, elles vont aider la nouvelle titulaire du deuxième groupe. C’est bien beau pour une enseignante de réviser, mais réviser quoi? Les nouveaux enseignants qui arrivent doivent savoir ce qui a été fait comment, et ils doivent avoir une idée de qui sont les élèves qu’ils ont devant eux », indique le président du président du SEE.