Marie-Danielle Larocque agente à la vie associative chez Concertation Femmes Estrie.

Des enjeux urgents à traiter pour les femmes

Sécurité, logement et transport, des enjeux urgents à traiter pour les femmes en Estrie.

C’est le constat que dresse ConcertAction Femmes Estrie et la table régionale des groupes de femmes dans un rapport de l’État des lieux régional concernant les femmes de la région.

La sécurité, le logement et le transport sont trois éléments nommés par les groupes de femmes comme étant prioritaires à traiter en Estrie, confirme Marie-Danielle Larocque, de ConcertAction Femmes Estrie.

Le projet de l’État des lieux visait à soutenir les instances locales et régionales dans la prise en considération des réalités spécifiques des femmes de la région dans les travaux touchant leur territoire, tant en matière d’égalité entre les genres que d’égalité entre les femmes elles-mêmes, explique Mme Larocque. 

Réalisé par les tables des groupes de femmes dans chaque région du Québec, le projet a été financé par le Secrétariat à la condition féminine du gouvernement du Québec.

« La sécurité, le logement et les transports sont les trois sujets qui ressortent de notre étude. Ça va ensemble », dit-elle.

« Il doit servir à sensibiliser les instances régionales que sont les MRC et les municipalités dans leurs prises de décision. Nous souhaitons qu’elles se servent de notre expertise. »

Le rapport d’une quinzaine de pages démontre que la pauvreté touche cruellement les femmes. « Les femmes effectuent une grande part du travail non rémunéré, occupent des emplois dans des secteurs d’activités moins bien payés, le plus souvent à temps partiel et avec des horaires atypiques, ce qui accentue leur précarité », lit-on dans le document. 

« Les femmes cheffes de famille monoparentale vivent deux fois plus souvent dans la pauvreté. En Estrie, c’est dans la MRC des Sources qu’elles sont les plus nombreuses, suivie de Sherbrooke et de Brome-Missisquoi. »

Le rapport fait la démonstration d’une grande inégalité entre les hommes et les femmes, mais aussi entre les femmes elles-mêmes, note Marie-Danielle Larocque.

« Les solutions sont multiples, mais nous ne proposons pas de plan d’action. Il s’agit d’une analyse différenciée selon les sexes. Ce n’est pas la même réalité pour les hommes et les femmes dans la région. »

Mme Larocque mentionne tout de même qu’un réinvestissement en logement social et une aide pour diminuer les tarifs du transport en commun pour les femmes monoparentales, par exemple, seraient des avenues à explorer pour les municipalités et les MRC.

« C’est une première étape. Un état des lieux pour s’en inspirer. Nous voulons aller le présenter aux municipalités et à la MRC », lance-t-elle.