Melissa David, fondatrice de l’organisme Parachutes for Pets de Calgary, qui a livré quelque 2000 paniers de moulée depuis le début de la crise de la COVID-19 en mars.
Melissa David, fondatrice de l’organisme Parachutes for Pets de Calgary, qui a livré quelque 2000 paniers de moulée depuis le début de la crise de la COVID-19 en mars.

Des enfants souhaitent de l'aide pour leur animal de compagnie à Noël

Bill Graveland
La Presse Canadienne
CALGARY — Une enfant souhaite un manteau pour son chien au cas où sa famille serait mise à la rue. Une fillette espère que le père Noël apportera les médicaments dont son animal a grand besoin. Une autre ajoute de la moulée sur sa liste de souhaits.

Un organisme de bienfaisance qui soutient les personnes à faible revenu avec leur animal de compagnie, par le biais de soins médicaux et de paniers de nourriture, entre autres, reçoit en cette période des Fêtes des lettres d’enfants demandant de l’aide pour leur compagnon poilu.

L’organisme Parachutes for Pets de Calgary a livré quelque 2000 paniers de moulée depuis le début de la crise de la COVID-19 en mars. Mais la demande est écrasante, particulièrement en cette deuxième vague de la pandémie.

«Je voulais vous écrire au lieu du père Noël. Mon chien Badger est vraiment mignon et c’est mon meilleur ami. Il a besoin de pilules, sinon il devient très, très malade. Pourriez-vous m’apporter ses pilules comme cadeau de Noël? J’ai été très sage et lui aussi», peut-on lire dans une lettre signée par la petite Hanna et son pitou.

L’organisme dit avoir reçu au cours de la dernière semaine 14 lettres d’enfants qui auraient normalement été adressées au pôle Nord.

«Mon souhait pour Noël cette année est un manteau pour mon chien Max. Maman dit que nous ne pourrons pas payer le loyer après ce mois-ci et je veux que Max soit au chaud si nous devons rester dans notre voiture, a écrit Kaylee. S’il vous plaît, dites au père Noël que c’est mon seul souhait. Joyeux Noël.»

Messages déchirants

La fondatrice de l’organisme caritatif, Melissa David, fait état de messages déchirants.

Son équipe et elle ont référé la mère de Kaylee, qui risquait d’être évincée de son logement, à une agence pour gérer ses arriérés de loyer.

L’organisme est passé au travers de la première vague de la pandémie, mais la résurgence du virus au cours des derniers mois a fait multiplier les demandes à un «rythme rapide et dangereux», indique-t-elle.

«Le nombre de nouvelles personnes à la rue avec des animaux de compagnie et de cas de violence domestique impliquant aussi des animaux est astronomique», signale-t-elle.

Les gens continuent de donner des denrées alimentaires, affirme-t-elle, mais il y a aussi un besoin criant d’argent liquide.


« Je voulais vous écrire au lieu du père Noël. Mon chien Badger est vraiment mignon et c’est mon meilleur ami. Il a besoin de pilules, sinon il devient très, très malade. Pourriez-vous m’apporter ses pilules comme cadeau de Noël? »
La petite Hanna, dans une lettre

Appel à l'aide

«Cette pandémie, en plus des défis quotidiens qui sont toujours là, comme le cancer et la maladie, rend ça vraiment difficile pour les gens de garder leurs animaux de compagnie au moment où ils ne peuvent justement pas se permettre de les perdre pour leur santé mentale.»

L’organisme appelle à l’aide, en désespoir de cause. «Nous avons été écartés pour la plupart des subventions liées à la COVID parce que les animaux ne sont pas considérés comme essentiels», explique Mme David.

Il n’y a pas que les tout-petits qui leur demandent de l’aide: plusieurs femmes victimes de violence ont peur de laisser leur animal derrière.

«Elles veulent emmener leur animal de compagnie avec elles. Elles en sont à leur plus bas et elles ne partent avec rien d’autre que les vêtements sur leur dos. Et si l’animal reste, les statistiques montrent qu’il sera torturé, tué ou utilisé en guise de vengeance par l’agresseur.»

Kim Ruse, qui dirige un refuge pour femmes de Calgary, rapporte que les appels en cas de crise ont bondi de près de 65% entre les mois d’avril et septembre par rapport à l’année précédente.

«Le fait de ne pas avoir d’endroit pour les animaux domestiques empêche souvent les femmes de quitter des situations abusives et dangereuses», confirme-t-elle.

«Beaucoup ignorent qu’il y a des options pour assurer la sécurité des animaux tout en assurant leur propre sécurité et celle de leurs enfants.»