Présentement et comme c’est toujours le cas, il y a des enfants qui sont placés dans des familles d’accueil régulières en attendant qu’on leur trouve une famille prête à les adopter.
Présentement et comme c’est toujours le cas, il y a des enfants qui sont placés dans des familles d’accueil régulières en attendant qu’on leur trouve une famille prête à les adopter.

Des enfants en attente d'une famille

Une cinquantaine d’enfants vivent présentement dans des familles d’accueil de type banque mixte dans la grande région de l’Estrie. Cela signifie qu’ils vivent dans des familles qui sont en processus de les adopter officiellement. D’autres tout-petits sont en attente d’avoir une famille qui les accueillera dans le but de les adopter.

La « banque mixte » est la principale voie au Québec pour permettre à des familles québécoises d’adopter des enfants retirés de leur famille et recueillis par le directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) du Québec.

La démarche pour adopter un enfant par le biais de la banque mixte doit être réfléchie longuement. « C’est un projet qui peut être très positif mais qui peut aussi être un cauchemar », indique Manon Marcotte, chef de service à la direction de la protection de la jeunesse au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

L’enfant pressenti pour l’adoption n’arrive pas tout à fait seul dans la vie de la famille qui souhaite l’adopter. « L’enfant arrive avec tout un processus judiciaire. On travaille avec des enfants en difficultés, avec des parents également, et il y a aussi tout un lot d’intervenants qui vont travailler autour des enfants », soutient-elle. 

« En général, ça prend environ deux ans avant que l’adoption soit finalisée », précise Mme Marcotte.

Les enfants placés en banque mixte ont généralement entre zéro et deux ans. Quelques-uns peuvent avoir jusqu’à cinq ans.

Ces enfants ont été retirés à des parents qui étaient incapables d’en prendre soin adéquatement. Selon la loi en vigueur actuellement, « les parents d’un enfant de moins de deux ans ont jusqu’à un an pour se reprendre en main. Les parents d’enfants de deux à cinq ans ont 18 mois pour faire les changements nécessaires », indique Mme Marcotte.

Les parents qui souhaitent adopter peuvent donc craindre que l’enfant retourne auprès de ses parents avant que l’adoption soit finalisée. Mais pas après.

« C’est une réalité. Les gens nous disent : est-ce que les parents peuvent revenir? Ce n’est pas qu’ils reviennent, c’est qu’ils font le travail nécessaire pour être capable de reprendre leur enfant. Notre travail à la direction de la protection de la jeunesse, c’est de tout faire pour que le parent puisse reprendre son enfant », soutient Mme Marcotte.

Or dans une large majorité des cas, l’enfant placé en banque mixte restera avec sa famille d’accueil.

L’adoption d’un enfant québécois est donc en ce sens bien différente d’une adoption internationale, en Chine ou ailleurs dans le monde.

« Une adoption à l’international présente des enjeux différents. Quand on arrive sur place et qu’on a l’enfant dans les bras, on devient ses parents. Il peut y avoir des problématiques, mais elles sont souvent réglées sur place. Le risque que l’enfant reparte n’est pas là. Par contre, il y a souvent peu d’information disponible sur l’enfant », indique Mme Marcotte.

Ici au Québec, le « pairage » entre l’enfant et ses parents ne se fait pas à la légère.

« Ça prend un bon jumelage. Il y a différentes étapes avant que l’enfant parte avec sa famille d’accueil. Quand c’est parti, les parents ne peuvent plus reculer; c’est un engagement pour la vie », indique la chef de service au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Manon Marcotte est chef de service à la direction de la protection de la jeunesse au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Des enfants en attente

Le CIUSSS doit recruter des familles postulantes tout au long de l’année. Le processus est rigoureux et comprend de multiples étapes.

La première de ces étapes est d’assister à une rencontre d’information organisée par le service adoption de la direction de la protection de la jeunesse. « Cette rencontre est nécessaire pour se préparer, réfléchir, pour connaître le processus dans lequel on s’engage. Quand ils viennent, les parents ont un portrait réel et exact de ce qu’est l’adoption d’un enfant de la DPJ », insiste-t-elle. 

Présentement, il y a des enfants qui sont placés dans des familles d’accueil régulières en attendant qu’on leur trouve une famille prête à les adopter.

« C’est la situation régulière; nous avons toujours plus d’enfants en attente que de parents en attente », ajoute-t-elle.

Ces rencontres se déroulent quelques fois par année. Il suffit de téléphoner au service adoption du CIUSSS de l’Estrie pour connaître la date de la prochaine rencontre : 819 822-2728.