La CSN a organisé une manifestation, mardi matin, devant l’usine de Kruger à Lennoxville, servant à dénoncer l’horaire des syndiqués.

Des employés de Kruger dénoncent leur horaire de travail

L’horaire de travail est loin de plaire auxmembres du Syndicat des travailleurs du papier de Lennoxville (STPL-CSN) de la compagnie Kruger.


Mardi matin, au début du quart de travail de jour, ils ont manifesté devant l’usine de la rue du Collège, afin de témoigner de leur ras-le-bol à l’égard de l’inaction de leur employeur devant la volonté du syndicat de trouver des solutions. L’horaire actuel n’accorde qu’une fin de semaine de congé sur six, ce qui empêche toute conciliation travail-famille-vie sociale, déplore Daniel Champagne, président du syndicat.

Demande prioritaire

« Il y a un peu plus d’un an, lors de la négociation de la convention collective, la demande prioritaire des travailleurs était de revoir les horaires de travail, explique-t-il. L’employeur avait alors non seulement refusé la demande, mais il avait même carrément refusé d’en discuter. »

« Dans les mois qui ont suivi, et tel que le syndicat en avait prévenu l’employeur, six personnes ont quitté l’usine principalement en raison de l’horaire de travail. Dans une petite usine de 40 travailleurs comme la nôtre, c’est catastrophique. »

À la suite de ces départs, la direction de Kruger s’est adressée au syndicat et a demandé d’avoir des discussions sur l’horaire de travail, a-t-on indiqué lors du point de presse. Le syndicat s’est prêté à l’exercice. Or, c’est avec une déception immense que les membres ont vite compris qu’aucune réelle discussion n’était souhaitée par la direction, cette dernière voulant plutôt imposer un nouveau cycle d’horaire qui, aux yeux des travailleurs, rendrait leur situation encore pire, ajoute-t-on.

Selon le syndicat, la direction propose un horaire de travail qui exige que les salariés effectuent en moyenne près de cinq heures de plus par semaine et qui occasionne l’abolition de trois emplois. De plus, dans la proposition patronale, plusieurs avantages monétaires acquis au fil de nombreuses années de négociation et à la suite de concessions importantes de la part des travailleurs sont carrément annulés.

« En fait, l’employeur propose un projet qui le fait gagner sur tous les points, mais cela au détriment des travailleurs. C’est inacceptable! », s’indigne M. Champagne.

Rejeté à 100 %

Réunis en assemblée, les membres du syndicat ont rejeté à 100 % le cycle d’horaire non négociable imposé par la compagnie et c’est également à 100 % qu’ils ont décidé de prendre des moyens de pression pour dénoncer ce manque de respect de leur employeur. Le Syndicat des travailleurs (euses) du papier de Lennoxville (CSN) compte une quarantaine de membres.

Il s’agit d’une première pour le syndicat qui n’avait jamais eu à manifester de la sorte depuis sa fondation, a souligné Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie.  

« La situation actuelle est préoccupante et mérite d’être dénoncée, dit-il. L’horaire de travail de l’usine de Lennoxville est complètement incompatible avec les nouvelles réalités et priorités des jeunes d’aujourd’hui. Sans compter que même des personnes avec plusieurs années d’ancienneté ont fait le choix de quitter leur emploi au cours des derniers mois afin de recommencer ailleurs, et ce, dans le but de reprendre le contrôle de leur vie personnelle. »

« On a réussi à changer les horaires dans d’autres usines et ça fonctionne bien. »

« Déplorable »

Les syndiqués de Lennoxville ont reçu l’appui de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) dans leurs revendications. « Il est déplorable de constater que l’employeur non seulement refuse de discuter des propositions du syndicat, mais qu’en plus il leur fait une offre qui empire la situation des salariés quant à l’horaire de travail tout en exigeant de leur part des concessions financières importantes et des pertes d’emplois », dénonce Michel Tétreault, trésorier de la FIM-CSN.
« Nous demandons à l’employeur de faire preuve de plus de considération face à ses travailleurs et de se prêter honnêtement à l’exercice auquel il a lui-même convoqué le syndicat. Nous désirons aussi rappeler à l’employeur qu’avec la pénurie de main-d’œuvre qui sévit actuellement dans le secteur manufacturier, la situation est critique et exige que l’on s’y attarde de façon urgente. »