Olivier Rodrigue, Camil Désainde Dumont, Louis-Philippe Grenier et Simon Lemieux, des élèves du Monarque qui participent au projet de Prends ça smooth.

Des élèves ouvrent un bar à smoothie

Dans quelques jours, les élèves du Monarque inaugureront officiellement Prends ça smooth, un bar à smoothie.
Les jeunes ont redonné vie à un local qui servait autrefois de salle de projection. « On veut vendre des smoothies... par coupon de récompenses. Les élèves seront dans leurs classes et ils auront des coupons à cause de leur travail », explique Olivier Rodrigue, un des participants au projet. Prends ça smooth sera géré par les élèves, par équipe de deux, en collaboration avec leurs enseignants.
Olivier fréquente le Monarque depuis six ans. « J'avais des problèmes d'agressivité, mais là je n'en ai plus », lance-t-il en ajoutant qu'il pourrait bien retourner dans son école d'origine l'an prochain. Au Monarque, le jeune homme a trouvé un enseignement qui correspond davantage à son profil. « Je suis quelqu'un de très manuel. J'apprends plus vite. »
Des projets comme le bar à smoothie, ou encore leur tout nouveau journal L'Inattendu, ce sont de petites victoires dans le parcours des jeunes. Du positif, aussi, alors qu'il y en a parfois peu dans leur univers.
« Ici, le temps n'a pas d'importance... On fait toutes sortes de projets. L'important, c'est de les terminer », note l'enseignant Jacques René, qui travaille aux côtés des jeunes en formation préparatoire au travail (FPT).
« Au niveau du temps... il ne faut pas qu'on le regarde! On ne peut pas agir comme dans une autre classe », note Julie Harvey.
Leur objectif pour ces jeunes? « Les outiller pour le marché du travail », répond Julie Harvey. « Je veux juste qu'ils soient heureux et bien. Des fois, ils n'ont tellement pas de bonheur qu'ils ont de la difficulté à le gérer... » « Ils ont besoin de sentir qu'on est là », note Marie-Josée Labonté Raymond, enseignante en anglais.
« C'est particulier, enseigner ici. Vraiment, on est ailleurs », commente Julie Harvey, qui dit se sentir appuyée par sa directrice et son équipe pour mettre en place des projets spéciaux.
Généralement, bien des choses ont été tentées avant que les jeunes n'arrivent à l'école du Monarque.
« Souvent, ce sont des élèves pour qui il y a plein de choses qui ont été mises en place dans les classes régulières, mais ce n'était pas assez », explique la directrice du Monarque, Caroline Dallaire.
Dans cet environnement, les ratios sont moins grands, soit un prof pour 11 élèves au secondaire et 9 au primaire.
Outre ces jeunes qui proviennent de différentes écoles de la région, le Monarque accueille aussi des élèves qui se retrouvent sous la gouverne du Centre jeunesse de l'Estrie, dont certains sont hébergés en foyers d'accueil au CJE.
Le Monarque accueille aussi, dans une autre aile, des élèves du primaire.
« Au primaire, on a une trentaine d'élèves, des petits de 6 à 12. J'en ai la moitié qui arrive de nos écoles et qui ont des troubles graves de comportement. Ils peuvent se sauver, donc il faut assurer leur sécurité », illustre Mme Dallaire.
Les portraits de la centaine de jeunes sont nombreux et variés : la tâche est complexe.
« Principalement, on travaille beaucoup avec le trouble de l'attachement. On doit vraiment sécuriser, apaiser et encadrer. » Ces problèmes se déclinent sous plusieurs formes.
« On a des enfants, quand c'est extériorisé, qui font plusieurs crises. Un trouble de l'attachement, souvent, c'est un enfant qui ne fait pas confiance à l'adulte, qui va se dire que l'adulte ne peut pas s'occuper de lui... Même s'il fait une crise, qu'il nous mord et n'est pas gentil, on le maintient à l'école. C'est un peu comme ça qu'on travaille au primaire. Certains enfants sont hypervigilants, ils veulent tout régler... Ils ne jouent pas leur rôle d'enfants », image la directrice.
On compte aussi des formations préparatoires au travail (FPT) et une formation aux métiers semi-spécialisés (FMS).
« La FPT, c'est un programme de trois ans. Ce sont des jeunes qui à 15 ans, n'ont pas réussi leur primaire, pour toutes sortes de raisons. On vise l'autonomie, le marché du travail... »
Le Monarque compte aussi un volet sécuritaire, où on compte une dizaine de garçons qui ont reçu une sentence, pour lesquels un enseignant se déplace pour leur enseigner.