Certains élèves du secondaire feront un retour en classe pour quelques semaines.
Certains élèves du secondaire feront un retour en classe pour quelques semaines.

Des élèves du secondaire visés pour un retour en classe de 12 à 15 jours

Sherbrooke — L’école reprendra au courant de la semaine ou au début de la semaine prochaine pour des centaines d’élèves du secondaire dans la grande région de l’Estrie. Les élèves visés sont ceux du secondaire qui apprennent un métier, qui suivent une formation préparatoire au travail ou en intégration à l’éducation des adultes, ainsi que les enfants présentant un handicap ou un trouble grave du comportement.

Les élèves pourraient donc retourner en classe pour 12 à 15 journées sur les bancs d’école.

Le ministère de l’Éducation et des Études supérieures (MEES) en a fait l’annonce tard vendredi aux commissions scolaires du Québec par le biais d’un décret ministériel. Dans la lettre du ministère, on demandait une rentrée progressive… dès ce lundi ou ce mardi.

Or en fin de journée lundi, encore bien peu d’élèves et leurs parents avaient été mis au courant qu’ils étaient visés pour un retour en classe sous peu.

Ce retour en début de semaine ne sera visiblement pas respecté, nulle part au Québec. Tout doit être organisé dans les écoles : la disposition des classes et des autres lieux utilisés par les élèves, les récréations, les périodes de dîner, la surveillance, le transport scolaire... Comme plusieurs de ces clientèles ont des besoins spécifiques, c’est d’autant plus compliqué à organiser pour les directions des écoles et les enseignants.

Lundi après-midi, encore très peu de parents et d’élèves estriens avaient été avisés qu’un retour en classe leur serait proposé.

À la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, on a décliné la demande d’entrevue. « Nous procédons donc actuellement à l’organisation des services (organisation des classes, récréations, dîners, etc.) pour accueillir les élèves de façon à pouvoir offrir un environnement sécuritaire pour nos jeunes, dans le respect des directives émises par la Santé publique. Il est encore trop tôt pour connaître le nombre d’élèves que ça concerne et la date de la rentrée », a-t-on simplement indiqué dans une réponse écrite.

Le retour en classe ne se fera pas non plus dès mardi à la Commission scolaire des Sommets. « Nous n’avons pas encore communiqué avec les parents et les élèves », indique l’organisation.

Même son de cloche de la Commission scolaire des Hauts-Cantons. La date du début des classes semble fixée pour le 8 juin, ce qui ferait 12 jours de classe au total.

« On est à s’organiser. Les écoles secondaires sont à voir quels sont les élèves qui pourraient réintégrer l’école : appel aux parents. Ils organiseront ensuite le service qui sera offert du 8 juin au 23 juin. Ce n’est pas simple. Il y a plusieurs enjeux : transport, personnel (certains professionnels sont prêtés au primaire actuellement), besoins spécifiques des jeunes.... » indique-t-on au service des communications.

« Le ministre Roberge a demandé vendredi après-midi que le retour en classe se fasse lundi matin. C’est un manque de respect pour les enseignants, pour les commissions scolaires, pour les élèves », déplore Richard Bergevin, président du Syndicat des enseignants et enseignantes de l’Estrie (SEE), qui représente les enseignants des trois commissions scolaires de l’Estrie. 

« Au début de la pandémie, on pouvait comprendre que c’était nouveau, qu’il y avait tous les jours de nouvelles informations et que le ministre devait changer les directives en fonction des nouvelles informations. Mais la semaine passée, il ne s’est rien passé de nouveau ni d’assez grave pour imposer un retour en classe le vendredi pour le lundi », souligne M. Bergevin.

Une des enseignantes qu’il représente lui a expliqué qu’elle avait mis deux à trois semaines à gagner la confiance de ses élèves pour ses visioconférences par le biais de Zoom. « Le taux de participation de ses élèves est rendu à 100 %. Demander aux enseignants de changer les méthodes pédagogiques dans un aussi court délai, pour trois semaines de classe, c’est irrespectueux », soutient le président du SEE.

Certes, il sait et comprend que certains parents ont besoin de répit. Et que certains élèves ont besoin de davantage de soutien pédagogique et qu’il faut répondre à ces besoins. Mais de quelle façon? « Ces besoins étaient là aussi il y a deux semaines! »

« C’est vraiment dommage que le ministre Roberge se lance dans des orientations comme celles-là à l’emporte-pièce, sans consulter aucun partenaire », conclut Richard Bergevin.

Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur n’a pas répondu à la demande d’information de La Tribune.