Des chercheurs du pays, incluant l’Université de Sherbrooke, viennent de lancer les travaux qui mèneront au développement d’une plateforme facilitant l’accès aux données de santé pour la recherche à travers tout Canada.

Des données en santé plus faciles d’accès

Souvent, les chercheurs en santé ne savent pas où donner de la tête quand vient le temps de consulter des données. Celles-ci sont stockées dans une myriade d’organisations distribuées dans toutes les provinces et territoires.

Des chercheurs de partout à travers le Canada, incluant de l’Université de Sherbrooke, viennent de lancer officiellement les travaux qui mèneront au développement de la Plateforme canadienne de données de la Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP). Cette plateforme facilitera l’accès aux données de santé pour la recherche à travers tout le Canada, annonce un communiqué de presse diffusé par l’Université de Sherbrooke.

Les chercheurs auront accès aux données de santé de façon sécuritaire et éthique, assure-t-on. 

À l’Université de Sherbrooke, Jean-François Ethier, clinicien-chercheur à la faculté de médecine et des sciences de la santé et codirecteur scientifique du Groupe de recherche interdisciplinaire en informatique de la santé (GRIIS), assumera la coordination technologique de cette plateforme novatrice. Le projet global est dirigé par Kim McGrail de l’Université de la Colombie-Britannique, en collaboration avec une équipe de chercheurs de partout au Canada, ajoute-t-on.

On s’attaque ainsi pour une première fois aux enjeux d’accès aux données de santé en recherche pour l’ensemble du Canada. Sans l’accès à ces données et sans la capacité de les analyser à grande échelle, il serait difficile, voire impossible, de réaliser des études de santé au sein desquelles les patients jouent des rôles actifs et centraux, note M. Ethier.

« La finalité de la stratégie de recherche axée sur les patients est guidée par les patients eux-mêmes. Ce sont des projets de recherche qui ont des impacts plus directs sur la santé des citoyens », dit-il.

« Ces projets impliquent aussi davantage les citoyens, incluant les membres des Premières Nations. Cette stratégie aide donc à choisir des approches de recherche qui sont plus en phase avec la société. »

Investissement de 81,35 M$

La plateforme SRAP est le fruit d’un investissement de 81,35 millions de dollars sur sept ans, auquel ont contribué plusieurs partenaires.

Grâce à ce financement, les équipes québécoises et sherbrookoises auront accès rapidement aux technologies développées dans le cadre du projet. Elles pourront aussi réseauter avec fluidité avec les équipes à travers le pays. 

« Avec cette plateforme, il sera plus facile d’accéder à la richesse des données de santé en Estrie, où nous avons depuis un bon moment déjà des soins qui sont intégrés régionalement. D’autres collègues de l’Université de Sherbrooke pourront contribuer significativement dans les domaines de l’exploration de données et du transfert de connaissances, pour que les soins et le système de santé intègrent continuellement les nouvelles connaissances scientifiques », note Jean-François Ethier.

Du point de vue des TI, le GRIIS jouera un rôle de premier plan en recherche et développement informatique. « De manière générale, les données de santé sont entreposées dans des dépôts centralisés. Au Canada, les données de santé ne peuvent souvent pas de sortir des provinces ou des territoires, pour des raisons législatives, politiques et socioculturelles. Il est donc possible d’accéder à des données à l’échelle canadienne seulement si on laisse ces données là où elles sont. Le GRIIS s’appuie sur l’approche des systèmes de santé apprenants, laquelle tire parti de systèmes informatiques distribués. Autrement dit, pour analyser des données, notre approche n’a pas besoin de copier toutes les données de tous les citoyens et de centraliser celles-ci en un endroit unique », souligne Jean-François Ethier.