Le ministre de la Santé et des Services sociaux Christian Dubé.
Le ministre de la Santé et des Services sociaux Christian Dubé.

«Des discussions» sur le passage possible de l’Estrie en zone rouge

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Sherbrooke – L’Estrie passera-t-elle en zone rouge? « On est préoccupés par l’Estrie qui, jusqu’à maintenant, avait été épargnée et qui se retrouve à une certaine proximité de Montréal », a expliqué en point de presse lundi en début d’après-midi le ministre de la Santé et des Services sociaux Christian Dubé.

« Le directeur de santé publique en Estrie, le Dr Alain Poirier, est excellent, on est chanceux, c’est quelqu’un qui a beaucoup d’expérience. Avec l’équipe du Dr [Horacio] Arruda, on est en discussion avec lui parce que, effectivement, jusqu’ici c’était très bien allé en Estrie », a ajouté le ministre Dubé.

« Un peu comme on le fait au Saguenay-Lac-Saint-Jean, je vous dirais que notre objectif c’est d’arriver avant. Vous pouvez penser que rendu à 100 cas, on est tard. Je pense qu’il vaut mieux le faire avant qu’on soit rendu à 200 cas, 300 cas. Et c’est là qu’on serait rendu dangereux pour nos hôpitaux. Alors moi j’aime mieux prendre des décisions difficiles plus tôt, comme on fait en ce moment au Saguenay, de les prendre au bon moment », a-t-il ajouté.

Les discussions doivent effectivement s'être intensifiée, car la conférence de presse prévue par le directeur de la Santé publique Alain Poirier 13h30 a été annulée à 15 minutes d’avis.

« Je ne suis pas autorisée à vous confirmer quoi que ce soit avant qu’une annonce officielle soit faite. Toutefois veuillez noter que la situation est Estrie est jugée préoccupante et que si une annonce en ce sens doit être fait, cela serait fait à court terme », indique Marie-Claude Lacasse, une porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Lundi, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS rapportait 20 personnes hospitalisées, dont trois aux soins intensifs. C’est la première fois qu’autant de personnes étaient hospitalisées en même temps. La semaine dernière, il y a une journée avec 17 personnes hospitalisées.

« La principale raison pour laquelle on met une région en zone rouge, c’est pour protéger notre système de santé. Si on n’a pas les ressources pour faire face à l’augmentation des cas liés à la COVID-19, alors il faut commencer à faire du délestage des activités régulières », a souligné en point de presse Christian Dubé, le ministre de la Santé et des Services sociaux en point de presse au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Ça fait maintenant deux mois que l’Estrie demeure orange dans un sud du Québec complètement rouge.

La tendance à l’augmentation du nombre de nouveaux cas déclarés quotidiennement est à la hausse sur le grand territoire de l’Estrie.

L’Estrie compte lundi 54 nouveaux cas positifs déclarés sur l’ensemble de son territoire ainsi qu’un mort de plus lié à la pandémie de COVID-19.

Depuis jeudi, l’Estrie a enregistré 65 nouveaux cas jeudi (un premier record battu), 50 vendredi, 45 samedi et 90 dimanche (un nouveau record absolu). Avec les 54 nouveaux cas de lundi, la moyenne mobile de l’Estrie sur les sept derniers jours est maintenant de 52 nouveaux cas par jour.

Le nombre de décès est maintenant rendu à 47 en Estrie. La personne décédée habitait à la résidence privée pour aînés Le Riverain à Granby. Plusieurs éclosions sont en cours dans ces milieux où résident des personnes dont la santé peut être beaucoup plus fragile.

Vers la zone rouge? 

Quels sont les critères pour qu’une région bascule en zone rouge?

Des chiffres d’abord. Pour passer en zone rouge, une région doit avoir plus de 10 nouveaux cas quotidiens par 100 000 habitants. Avec les 500 000 résidents de l’Estrie, la barre est donc fixée à 50 nouveaux cas par jour. L’Estrie vient de franchir cette limite.

La capacité du système hospitalier d’accueillir des nouveaux patients est aussi prise en compte. Entre autres, la région doit compter plus de huit nouvelles hospitalisations quotidiennes par un million de personnes, donc quatre hospitalisations par jour. L’Estrie est encore loin du compte à ce chapitre. Le nombre de nouvelles hospitalisations varie quotidiennement entre 0 et 3 nouvelles par jour. Toutefois, le nombre d’hospitalisations simultanées est à la hausse.

Le nombre d’éclosions en cours est également pris en compte : combien y a-t-il en cours, dans quels milieux se trouvent-elles, la Santé publique est-elle capable de travailler avec ces milieux pour bien contrôler les éclosions?

Les différents directeurs de la santé publique du Québec doivent aussi être d’accord sur la décision de laisser une région dans un palier d’alerte ou bien de le modifier.