Chaque année, Moisson Estrie doit répondre à plus de demandes d’aide alimentaire.
Chaque année, Moisson Estrie doit répondre à plus de demandes d’aide alimentaire.

Des demandes d'aide record à Moisson Estrie

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Les demandes d’aide alimentaire n’ont jamais été aussi nombreuses chez Moisson Estrie. Le délai d’attente pour avoir un rendez-vous est d’une semaine en ce moment alors qu’il est habituellement de deux ou trois jours.

Geneviève Côté, directrice générale de Moisson Estrie, confirme que le nombre de demandes augmente d’année en année en Estrie.

« Ça augmente particulièrement en Estrie, indique-t-elle. Il y a beaucoup de personnes seules. Il y a plus de détresse psychologique ou des personnes avec des problèmes de santé mentale. Plusieurs personnes travaillant au salaire minimum utilisent aussi nos services. »

« Le délai pour le chômage est de huit semaines et ce n’est pas tout le monde qui a de l’argent de côté, ajoute-t-elle. Les personnes qui sont en traitement de chimiothérapie par exemple ne reçoivent plus d’argent du chômage après 15 semaines et doivent se mettre sur l’aide sociale si elles n’ont pas d’assurance. Elles se ramassent ici. »

Il est très difficile selon Mme Côté d’identifier une ou deux raisons qui explique cette augmentation des demandes d’aide alimentaire.

« Les gens qui viennent ici ont chacun une histoire unique, mentionne-t-elle. Ça peut être un accompagnement déficient du système de santé, des problèmes de santé mentale ou de consommation. Si j’avais une baguette magique, il y aurait beaucoup d’axes à toucher. »

Pénurie de denrées

En plus des demandes d’aide qui ne cessent d’augmenter, Moisson Estrie fait aussi face à une grande pénurie de denrées non périssables. 

« Il manque entre autres des produits de base pour la cuisine comme la farine, le gruau ou les pâtes alimentaires, souligne Geneviève Côté. Les produits d’hygiène personnelle comme les shampooings, déodorants ou couches sont également en grande demande. »

Les denrées périssables comme les fruits, les légumes, la viande ou les produits laitiers sont disponibles en plus grande quantité en vertu d’ententes entre Moisson Estrie et certaines épiceries.

Une semaine de moins

Moisson Estrie devra finalement se débrouiller avec moins de temps pour la récolte de denrées cette année. La distribution plus tardive d’une semaine des Paniers de l’Espoir de la Fondation Rock-Guertin complique la tâche de l’organisme.

« Il y a une entente régionale qui fait en sorte que la majorité des denrées recueillies dans les commerces vont à la Fondation Rock-Guertin pour la confection des Paniers de l’Espoir, explique Mme Côté. Ça fait en sorte que l’on perd l’équivalent d’une semaine de récolte au niveau des denrées non périssables. »

Les Paniers de l’Espoir seront distribués le 20 décembre. Les jours suivant la distribution sont toujours très achalandés chez Moisson Estrie.

« Tous les gens qui ne reçoivent pas de paniers se retrouvent ici, résume Mme Côté. Nous avons donc seulement deux jours cette année pour amasser des denrées pour ces gens-là alors que dans le passé on avait une semaine. »

Moisson Estrie aide une centaine de personnes par jour dans la semaine précédent Noël. Lors du passage de La Tribune mercredi, 58 dépannages étaient prévus.