La baie des Sables du lac Mégantic subit les contrecoups de l’urbanisation de son bassin versant, dénonce un groupe de citoyens qui réclame un plan d’action pour mieux contrôler l’écoulement des eaux pluviales.
La baie des Sables du lac Mégantic subit les contrecoups de l’urbanisation de son bassin versant, dénonce un groupe de citoyens qui réclame un plan d’action pour mieux contrôler l’écoulement des eaux pluviales.

Des citoyens réclament un plan d’action pour protéger le lac Mégantic

Jacynthe Nadeau
Jacynthe Nadeau
La Tribune
Un groupe de citoyens de la baie des Sables, sur le lac Mégantic, réclame «rapidement» un plan d’action concerté pour contrôler l’érosion et la sédimentation qui font planer une « grave menace environnementale » sur le plan d’eau.

Le porte-parole du groupe, Robert Bellefleur, a déposé une pétition de 130 signataires aux élus de la Ville de Lac-Mégantic, mardi, et fera de même à la MRC du Granit, mercredi. Il a été précédé et suivi, à la période de questions au conseil municipal, par une demi-douzaine de riverains qui ont témoigné de leur impatience.

« La problématique est connue de longue date par les autorités, dénonce M. Bellefleur, mais probablement que les gens n’ont pas crié assez fort. Alors là on crie. »

Le Groupe citoyen de la rue de la Baie-des-Sables pointe principalement la gestion des eaux pluviales en provenance des développements domiciliaires dans le bassin versant nord-est du lac, soit à Lac-Mégantic et dans la municipalité voisine de Nantes. 

« Il y a tout un développement qui a suivi la construction de l’hôpital et de la polyvalente, dans un fort dénivelé entre la rue Laval et les berges du lac Mégantic, explique Robert Bellefleur. Les quatre ruisseaux naturels dans ce secteur subissent les conséquences de l’urbanisation parce que la gestion des eaux pluviales n’est pas faite convenablement. » 

« Quand il arrive de fortes pluies, observe-t-il, ces ruisseaux deviennent des torrents de boue et toute la terre descend dans le lac. L’eau devient complètement brunâtre et brouillée pendant plusieurs jours. »

Ces sédiments contribuent à la formation anormale de deltas et d’herbiers d’algues sur les berges et dans les eaux de la baie des Sables, dénonce le groupe de citoyens. 

« Il y a sept ou huit ans encore, chez moi il n’y avait aucune algue, témoigne Robert Bellefleur. Actuellement, quand je me baigne, j’ai de la boue par-dessus les chevilles et je ressors avec des algues autour des bras et des jambes. Ce qu’on perçoit, c’est qu’on est en train d’affecter dangereusement le lac Mégantic, surtout au niveau des berges. »

Solutions à portée de main

Selon le groupe de citoyens, le problème est pourtant connu et les solutions sont à portée de main. 

En 2007, rapporte Robert Bellefleur, le RAPPEL avait réalisé un diagnostic environnemental de la baie des Sables et du secteur Piopolis et déjà il sonnait l’alarme et proposait un plan d’action. « Il n’y a pas eu de suivi. » 

En 2017, continue-t-il, un biologiste de la MRC a présenté un projet pour un des ruisseaux problématique et trois ans plus tard, rien n’aurait été fait. 

Pendant ce temps-là, l’Association pour la protection du lac Mégantic, dont Robert Bellefleur est membre, précisons-le, et les quatre municipalités riveraines sont préoccupées par la prolifération du myriophylle à épis dans le plan d’eau. 

Les Municipalités engagent même des frais importants pour procéder à son arrachage sans agir sur le rejet des sédiments qui contribuent à les nourrir, met-il en perspective. 

« On reconstruit de peine et de misère notre centre-ville et pendant ce temps-là, on laisse se détériorer notre principal attrait, le lac Mégantic, déplore M. Bellefleur. Pour chaque année de délai qu’on tolère, c’est 10 années que ça va prendre à la nature pour corriger. Il y a un point de non-retour à un moment donné pour les lacs. »

Les 130 signataires de la pétition sont tous du secteur de la baie des Sables, parce que c’est le secteur le plus urbanisé du lac où il serait le plus urgent d’agir, selon eux. Mais le groupe ne nie pas que le phénomène soit présent ailleurs dans le lac Mégantic.

« On parle de baie des Sables, mais on sonne l’alarme pour le lac au complet. On ne passe pas sous silence ce qu’on voit ailleurs [sur le lac]. »

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La mairesse surprise

La mairesse de Lac-Mégantic Julie Morin s’est dite surprises de cette sortie de Robert Bellefleur dans la mesure où il connaît les démarches faites par la Ville pour préserver la santé du lac et qu’il fait partie du comité de bénévoles qui procède à l’arrachage du myriophylle à épis, a-t-elle confié à La Tribune.

«Comme conseil municipal on s’est déjà engagé en mars à revenir d’ici la fin de l’automne avec l’état de situation, mais il faut laisser à nos employés le temps de faire la collecte d’informations. Je ne suis pas gênée des actions qu’on est en train de prendre, mais ça prend un peu de temps et c’est normal», a-t-elle ajouté.

Le directeur général de la Ville, Jean Marcoux, a renchéri que la problématique était connue des services municipaux puisqu’au moins six ouvrages avaient été réalisés au cours des dernières années, dans d’autres secteurs de la ville, pour réduire la vitesse de l’écoulement des eaux pluviales en direction du lac Mégantic. 

M. Marcoux a ajouté que les mesures seraient bientôt identifiées. «C’est une question de jour pour qu’on dépose un plan d’action complet sur le ruissellement de l’eau sur la rue de la Baie-des-Sables.»