Le déboisement d'une section de forêt située près du chemin Alfred-Desrochers, à Orford, inquiète des citoyens.

Des citoyens d'Orford s'insurgent contre un déboisement

Des citoyens d'Orford s'inquiètent du « déboisement important » qui a été réalisé au cours des dernières semaines à partir du chemin Alfred-Desrochers dans le but de construire une nouvelle route. Une pétition demandant la suspension immédiate des travaux a été lancée et a déjà recueilli plus de 260 signatures.
« Il y a un conseiller qui nous a informés qu'effectivement, il y avait un gros projet immobilier qui était à l'ordre du jour au prochain conseil municipal, lundi. Personne n'était au courant, il n'y a pas eu de consultation, et le changement de zonage s'est fait sans qu'on le sache », déplore Marie Boivin, une des citoyennes à l'origine de la pétition.
Le groupe de citoyens Protégeons Orford craint que la construction d'une rue et de nouvelles habitations « dans une forêt mature où se trouvent plusieurs milieux humides vulnérables » ait « d'importantes répercussions pour la flore et la faune ».
« Le plan de développement prévu pourrait morceler (...) le seul corridor faunique encore accessible pour se déplacer dans un secteur enclavé par des rues et des routes », peut-on lire dans un communiqué diffusé par le groupe.
Toujours selon ces citoyens, l'entrepreneur responsable du projet aurait entamé le déboisement sans avoir obtenu toutes les autorisations nécessaires de la part des différentes instances gouvernementales.
« La municipalité a commencé ses démarches auprès des ministères des Transports et de l'Environnement, mais ça n'a pas été finalisé, affirme Mme Boivin. (...) L'adoption du projet était à l'ordre du jour du conseil de lundi, mais elle a été retirée cette semaine (la semaine dernière), parce qu'il y avait des irrégularités administratives, c'est clair. Mais la mobilisation va être là quand même. »
De nombreux citoyens d'Orford prévoient se présenter au conseil municipal pour défendre leurs arguments.
« C'est certain qu'il va y avoir une bonne prise de parole, mentionne Marie Boivin. (...) On est très déçus du maire : on a voté pour lui et on pensait que ça serait différent des dernières années. On pensait qu'il était à l'écoute des citoyens et de la nature. Mais il semble que la pression des développeurs soit plus importante que la défense des intérêts de la communauté! »
« C'est comme si M. Adam, sa façon de penser, c'était : on a le parc national qui est protégé, et le reste, on le développe! Oui, on peut développer, mais on peut le faire autrement, à travers la nature... On est une des rares municipalités où il y a un territoire naturel aussi précieux et où il n'y a pas de vision de développement durable. »
Comme un nouveau plan d'urbanisme est à l'étude et fera l'objet de consultations au cours des prochaines semaines, le groupe Protégeons Orford s'explique mal pourquoi la municipalité n'a pas attendu cette révision du plan avant d'amorcer les travaux.
« Depuis quelques années, on construit des nouvelles rues, les promoteurs vendent deux ou trois terrains, mais après, nous, il faut qu'on paie pour entretenir les rues, indique Mme Boivin. Donc ce qu'on se dit, c'est : est-ce qu'on peut aller au bout de ces développements-là, les rentabiliser, avant de défaire une autre partie de la forêt? »
Interrogé par La Tribune dimanche, le maire d'Orford, Jean-Pierre Adam, a dit ne pas être au courant de l'existence de la pétition. Il s'est abstenu de tout commentaire.
La pétition peut être consultée sur la page Facebook de Protégeons Orford.