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Le chantier du chemin Duplessis a duré 112 jours en incluant les temps d’arrêt.
Le chantier du chemin Duplessis a duré 112 jours en incluant les temps d’arrêt.

Des chantiers arrêtés plus longtemps que la durée des travaux

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
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Plusieurs chantiers amorcés pendant l’été 2020 ont été interrompus et laissés en plan plus longtemps que la durée totale des travaux. Le chemin Duplessis et le secteur de Rock Forest ont particulièrement été touchés par des délais de latence plus longs que la moyenne. En incluant les fériés et congés des employés, 14 des 20 chantiers d’excavation en 2020 ont dépassé le temps souhaitable pour la tenue de travaux.

Jean-Pierre Fortier, chef de la division de la gestion des eaux et de la construction à la Ville de Sherbrooke, explique que la durée moyenne d’un chantier d’excavation majeur, soit la reconstruction d’une rue, devrait être de 42 jours de travaux. 

On estime qu’il est acceptable que le chantier soit arrêté pour l’équivalent de 30 % de la durée totale, soit 18 jours. Pour les excavations mineures, où on se concentre entre autres sur les drains et les fossés, la durée moyenne est de 31 jours, avec un temps de latence additionnel acceptable de 14 jours. 

« Dans plusieurs de nos chantiers, nous avons dépassé les délais d’arrêt souhaités. Nous sommes particulièrement conscients des délais dans votre secteur, Mme [Annie] Godbout, notamment avec les rues Gibraltar, Viau et Fortier. Les délais sur la rue Gibraltar ont été beaucoup trop longs », s’excuse M. Fortier.

La rue de Toulon n’a exigé que 18 jours de travaux, mais le chantier a été inactif pendant 47 jours. Dans la rue Gibraltar, les employés de la construction ont été à l’œuvre pendant 19 jours, pour 46 jours de pause. Le temps d’arrêt a aussi été plus long que les travaux eux-mêmes sur les rues Robert-Boyd, Aberdeen, de Gaspé, Fortier et Viau.

Quant au chemin Duplessis, il a nécessité 81 jours de présence pour les travailleurs, en plus de 31 jours d’arrêt. Les normes sont aussi dépassées pour la rue des Partisans, Ovila-Beaudoin, Jetté, Sainte-Bernadette, du 24-Juin et Allard.

« Ce qui devient problématique, ce sont les jours fériés et les vacances. Pour certains chantiers, ces arrêts sont importants et viennent ralentir les travaux. Quand on arrête pendant trois semaines, les citoyens en vivent des conséquences », précise M. Fortier.

En excluant les vacances et les congés fériés, on réduit à huit le nombre de chantiers ayant dépassé les proportions visées. 

Jean-Pierre Fortier

Jean-Pierre Fortier explique aussi que les chantiers nécessitant la pulvérisation du pavage sont souvent en pause plus longtemps parce que les entrepreneurs en pulvérisation réalisent tous leurs travaux d’un coup. « Cette étape de pulvérisation nous permet de récupérer une partie des matériaux pour refaire la structure de la chaussée. Nous économisons ainsi 4,50 $ du mètre carré de la rue. »

La COVID a aussi retardé les équipes qui réalisent des travaux de béton. 

Pour 2021, la Ville pourrait demander de l’aide externe pour les travaux de béton. Elle cherchera aussi à voir s’il est possible de réorganiser les prises de vacances des employés et à balancer les chantiers en villes avec ceux qui se déroulent en milieu rural et qui ont besoin de moins de travaux de finition. Il est aussi question d’augmenter le nombre de postes permanents pour éviter que des employés affectés aux travaux doivent passer à des tâches d’entretien hivernal alors que les chantiers ne sont pas terminés. 

Le conseiller Paul Gingues a entre autres souligné que les employés municipaux prennent trois semaines de congé consécutives l’été. « Si tout le personnel est en vacances pendant trois semaines, ça amène les retards que nous constatons aujourd’hui », insiste-t-il.

Jean-Pierre Fortier n’a pas souhaité en dire plus sur le sujet puisque les conditions des employés doivent être négociées et sont enchâssées dans les conventions collectives. 

Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke, précise que ce sont effectivement les mêmes équipes qui s’occupent de la voirie, l’été, et du déneigement, l’hiver. « Nous avions donc choisi de garder leurs vacances pour l’été pour leur permettre de se reposer. Il faudra revoir les combinaisons de postes. »

Nom du chantier - Durée des travaux - Temps d’arrêt

  • Duplessis - 81 jours - 31 jours
  • Des partisans - 39 jours - 47 jours
  • Ovila-Beaudoin - 42 jours - 45 jours
  • Jetté - 16 jours - 36 jours
  • Sainte-Bernadette- 51 jours - 42 jours
  • Du 24-juin - 46 jours - 46 jours
  • Allard - 28 jours - 30 jours
  • Robert-Boyd - 8 jours - 14 jours
  • Aberdeen - 27 jours - 31 jours
  • de Gaspé - 25 jours - 33 jours
  • Gibraltar - 19 jours - 46 jours
  • De Toulon - 18 jours - 47 jours
  • Fortier - 26 jours - 41 jours
  • Viau - 28 jours - 31 jours