Des cartouches de carabines ont été retrouvées jeudi parmi les déchets du centre de tri de Récup Estrie.

Des cartouches au recyclage

Après des branches de berce du Caucase ayant blessé un travailleur mardi, voilà que les employés de Récup Estrie ont retrouvé des cartouches de carabine jeudi, dans les déchets recyclables au centre de tri de Sherbrooke. Il devient urgent de sensibiliser la population à une bonne gestion des déchets, pour l’environnement, mais aussi pour la santé des travailleurs.

« Il y a beaucoup de choses qui se retrouvent dans le bac de recyclage et qui ne devraient pas y être. C’est fréquent pour nous. Les gens pensent parfois que tout est recyclable, ce n’est certainement pas le cas. Il y a beaucoup de travail à faire », se désole la directrice générale de Récup Estrie, Taraneh Sépahsalari.

Les cartouches de carabine et les branches de berce du Caucase sont certainement dans la liste des choses les plus inusitées à s’être retrouvées dans les bacs de recyclage. En plus de ceux-là, les employés retrouvent souvent des pots de peinture, des batteries de toutes sortes, des bonbonnes de gaz et même des sacs d’excréments animaux.

« Ça nous ajoute beaucoup de travail. On a beaucoup d’équipement à la fine pointe de la technologie. Le rôle de nos employés c'est un contrôle de qualité. Quand on a des objets comme ça, c’est évident qu’on doit mobiliser des gens pour les retirer. On invite la population à être très attentive. »

Il devient important de faire savoir que des employés sont derrière les démarches de tri, pas seulement des machines, laisse savoir Mme Sépahsalari.

D’ailleurs, l’état de santé de l’employé brulé par la sève dangereuse des branches de la berce de Caucase restait inconnu, jeudi soir. Ce dernier a dû être conduit à l’hôpital pour traiter ses cloques d’eau. 

« Quand ça vient toucher la santé des gens, c’est inquiétant. Heureusement on a juste une personne touchée, plusieurs personnes auraient pu être blessées », mentionne la directrice générale.

Dangereux

« Les câbles ou les fils de composantes de cellulaires, ou pire encore les boyaux d’arrosage, ça peut bloquer carrément la chaîne », indique Pierre Avard, conseiller municipal et vice-président de Récup Estrie. Ces fils de toutes sortes peuvent amener des bris aux machines de tri, ce qui retarde le traitement des déchets et entraine un risque supplémentaire pour les employés.

Selon M. Avard, la sensibilisation reste le meilleur moyen pour que les gens comprennent l’importance de bien trier les déchets dans le bac de recyclage. Cependant, même avec plusieurs annonces et articles, il reste beaucoup de travail à faire.

« On peut faire campagne par-dessus campagne, mais on dirait que les gens oublient. Le site de Récup Estrie donne très bien les indications. Je pense que c’est le premier outil que les gens doivent utiliser s’ils doutent. Si tu doutes, il y a des fortes chances que ce ne soit pas à la bonne place », insiste le vice-président et conseiller municipal.

Le sujet, qui devient de plus en plus alarmant, est constamment discuté lors des réunions municipales. Pour M. Avard, il faut miser sur les démarches dans les écoles, afin de conscientiser les citoyens le plus tôt possible à une bonne gestion des déchets.

Les sacs de plastique 

En plus des déchets inusités retrouvés au centre de tri, la directrice générale indique que le plus gros problème du côté du papier est les sacs de plastique.

Puisque le papier n’est pas traité avec le reste des déchets recyclables, les premières machines différencient les déchets 2D et 3D. Le papier, identifié comme 2D est envoyé d’un côté, et le reste de l’autre.

Si les citoyens ne mettent pas en boule leurs sacs de plastique ou ne les regroupent pas ensemble, comme il est indiqué sur les sites d’information sur le recyclage, les sacs de plastique sont classés 2D par les machines et sont envoyés du côté papier. 

Ce premier tri, pourtant le plus simple, devient compliqué puisque plus d’employés doivent être postés du côté du papier, afin de retirer la grande quantité de sacs de plastique qui se retrouve dans la mauvaise chaîne.

Il faut donc mettre en boule et attacher ensemble tous les sacs de plastique amassés, afin qu’ils soient classés 3D et qu’ils se dirigent dans la bonne chaîne de déchets.