Le directeur de l’Itinéraire à Montréal, Luc Desjardins, a présenté jeudi le concept des cartes-repas solidaires à plusieurs organismes communautaires sherbrookois, à l’invitation de membres du Comité itinérance au féminin qui désirent implanter un concept du même genre à Sherbrooke dans les prochains mois. Sur la photo, il est accompagné d’Amélie Tremblay, intervenante à l’Arche de l’Estrie et membre du Comité itinérance au féminin.

Des cartes-repas à Sherbrooke pour soulager les personnes itinérantes?

SHERBROOKE — Des personnes en situation d’itinérance à Sherbrooke pourraient se voir offrir des repas complets gratuits dans des restaurants et organismes du centre-ville grâce à une initiative du Comité itinérance au féminin.

Inspirées par le système des cartes-repas solidaires mis en place par l’Itinéraire à Montréal, des intervenantes de la table régionale tentent de mettre sur pied un projet similaire pour la région. Jeudi, elles avaient organisé une rencontre avec des organismes communautaires de Sherbrooke offrant déjà des services alimentaires pour mousser l’intérêt d’un nouveau projet.

« La rencontre est super intéressante. On a soulevé plein d’enjeux afin de trouver le projet le plus intéressant pour les gens vivant une situation de précarité, pour les organismes ainsi que pour les restaurants », explique Amélie Tremblay, membre du Comité itinérance au féminin. 

Invité à prendre part à la rencontre, le directeur de l’Itinéraire à Montréal, Luc Desjardins, a exposé comment son organisme gérait le système des cartes-repas. En 2017, ce sont 7500 repas gratuits qui ont été servis dans des restaurants et des organismes montréalais grâce à ce concept.

« Nous ne savons pas si nous voulons exactement faire la même chose ou nous en inspirer, mais le principe des cartes-repas est simple et novateur : monsieur ou madame Tout-le-monde peuvent en acheter au coût de 6 $ sur le site internet de l’Itinéraire et leurs intervenants se chargent ensuite de les donner aux gens en ayant besoin. Ceux-ci se présentent dans les restaurants participants et reçoivent un repas complet en échange du coupon. Le restaurateur retourne ensuite la carte à l’Itinéraire qui lui donne une compensation monétaire. C’est un concept intéressant qui serait applicable ici », estime Mme Tremblay.

Restauratrice intéressée

Jusqu’à maintenant, une trentaine de restaurateurs ont été approchés par les membres du Comité itinérance au féminin pour devenir partenaires du projet. Une restauratrice a déjà signalé son intérêt.

« Nous attendons d’avoir déterminé la forme finale du projet avant de tenter une seconde approche envers les restaurateurs. Grâce à cette restauratrice intéressée, peut-être que nous allons réussir à en trouver d’autres. Mais dans la première phase de développement, nous voulons travailler avec les organismes communautaires offrant des services alimentaires puisque ceux-ci pourraient également accepter la carte. Nous n’avons pas d’échéancier, nous y allons étape par étape », souligne Mme Tremblay.

Chose certaine, la demande pour les services alimentaires est de plus en plus grande et les organismes de la région peinent à répondre à la demande.

« La demande ne cesse d’augmenter et ces organismes augmentent constamment leurs barèmes. Mais à certains moments, c’est saturé. Si les restaurants et la population embarquent avec nous dans le nouveau projet, ça va permettre de décharger un peu la pression sur les organismes tout en permettant à des gens en situation d’itinérance de répondre à un besoin vital, soit se nourrir », résume Mme Tremblay.