Chaque année, le Service de police de Sherbrooke érige une trentaine de barrages afin d'intercepter des conducteurs ayant un taux d'alcool supérieur à la limite permise.  S'ils sont peu visibles, c'est que la stratégie a été modifiée pour monter la garde sur certaines artères moins fréquentées. Historiquement, le nombre d'arrestations tourne annuellement autour de 250 à 300.

Des barrages discrets, mais pas moins nombreux

Le Service de police de Sherbrooke (SPS) érige une trentaine de barrages policiers liés à l'alcool chaque année. S'ils sont peu visibles, c'est que la stratégie a été modifiée pour monter la garde sur certaines artères moins fréquentées.
Appelé à commenter un sondage CROP mené pour le compte d'Éduc'alcool dans lequel 21 % des Estriens rapportaient avoir vu un barrage policier au cours de la dernière année, le porte-parole du SPS, Martin Carrier, mentionne qu'il s'agit peut-être simplement d'une perception. La moyenne provinciale est pourtant de 29 %. Dans le même sens, 14 % des Estriens avouent avoir pris le volant avec les facultés affaiblies par l'alcool, deux fois plus que la moyenne provinciale.
« Nous tenons une trentaine de barrages contre l'alcool chaque année. En 2016, nous avons procédé à 338 arrestations, alors que nous en comptions 253 en 2015. Les statistiques sont en hausse, mais historiquement, le nombre d'arrestations tourne toujours autour de 250 ou 300. Autrefois, il y avait moins de barrages que dans les dernières années. Nous nous concentrions sur ceux qu'on voyait sur la rue King Ouest, avec les gyrophares, les fusées routières, dans le temps des Fêtes. Nous en faisons encore, mais nous optons pour de plus petits barrages, moins visibles, sur des artères moins fréquentées. »
Par exemple, des barrages se sont tenus pendant la Fête du lac des Nations, entre autres sur la rue Galt Ouest. « Souvent, les gens qui consomment ont l'idée préconçue qu'en n'empruntant pas les grandes artères, ils ne se feront pas arrêter. Nous nous sommes adaptés avec les années. Si nous sommes sur une route où passe moins de monde, forcément, ils seront moins nombreux à nous voir, mais c'est tout aussi efficace. Nous sommes là pour les gens qui veulent se faufiler en évitant les grandes artères. »
Martin Carrier ajoute que les barrages sont maintenant érigés à toute heure du jour ou de la nuit. « Nous avons élargi nos horizons. Par le fait même, nous travaillons aussi en prévention, entre autres avec le projet CoDeBars, qui vise à offrir des consommations sans alcool gratuites aux conducteurs désignés. Nous avons reçu des demandes de plusieurs municipalités qui veulent emprunter le concept. »
Néanmoins, cette impression que les barrages policiers sont moins nombreux en Estrie suscitera une discussion au SPS. « Mais est-ce qu'on veut travailler en perception ou on veut retirer les conducteurs dangereux de la route? »
M. Carrier rapporte par ailleurs que le SPS ne compte pas de nombre de barrages obligatoires dans une année et que la durée de chaque exercice peut varier. « Ça dépend des ressources disponibles. Il faut aussi répondre aux appels d'urgence. » Aucune donnée comparative ne permet au SPS de savoir s'il organise plus ou moins de barrages que les autres villes.
« Nous nous concentrons sur nous. »
À Magog, le directeur adjoint de la Régie de police Memphrémagog, Christian Boily, indique que six barrages ont été érigés en 2016. « Ça se ressemble d'année en année, mais il y a aussi beaucoup d'interceptions aléatoires pour vérifier l'état des conducteurs. Le nombre d'accusations a diminué avec les années. On peut penser que les gens sont plus disciplinés. On constate d'ailleurs que les jeunes sont plus sensibilisés que les autres générations. Il arrive aussi de plus en plus souvent qu'on intercepte des véhicules où le conducteur n'a pas bu mais où les passagers ont visiblement consommé de l'alcool. »
Enfin, la porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ) en Estrie, Aurélie Guindon, mentionne qu'elle ne commentera pas ce genre de sondage. « Nous n'avons pas de données régionales et nous ne commenterons pas cette étude. » Elle confirme néanmoins que la SQ travaille parfois en collaboration avec les municipalités, entre autres dans le cadre de l'opération Vaccin, qui visait des contrôles routiers du 24 novembre au 2 janvier.