Une dizaine d’affiches identifiant un pédophile ont été placardées vendredi dans le quartier du parc Arthur-Tardif dans le secteur de Saint-Élie.

Des affiches identifient un pédophile à Sherbrooke

Des affiches identifiant un homme ayant été accusé de possession de pornographie juvénile ont causé tout un branle-bas de combat vendredi dans le secteur du parc Arthur-Tardif, dans Saint-Élie. Elles ont été placardées un peu partout dans le quartier.

On pouvait y lire le nom et l’adresse d’un homme de 37 ans de Sherbrooke qui a été condamné à huit mois de prison fermes en juin 2015 après avoir reconnu sa culpabilité à la possession de pornographie juvénile.

«ALERTE! UN PÉDOPHILE DANS NOTRE QUARTIER! Huit mois de prison pour possession et distribution de pornographie juvénile (2015)», retrouve-t-on également sur l’affiche. 

Une photo a rapidement fait le tour du groupe Facebook du voisinage en générant plusieurs dizaines de commentaires. Plusieurs véhicules sont passés devant la résidence, située dans un cul-de-sac, tout au long de la journée.

L’homme en question avait reconnu la possession de matériel de pornographie juvénile entre le 1er janvier 2008 et le 23 octobre 2013 devant la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec. Lors de la perquisition effectuée à son domicile, les enquêteurs de la Sûreté du Québec avaient découvert plus de 400 fichiers de pornographie juvénile. Il ne possédait pas d’antécédent judiciaire. 

Son nom a été inscrit au registre des délinquants sexuels pour 10 ans. Il ne pouvait pas non plus se rendre dans les parcs ou utiliser l’Internet pour une période de cinq ans.

Des voisins concernés

Tous les voisins interrogés par La Tribune étaient déjà au courant de la situation en tout début d’après-midi. 

«On ne les avait jamais vus ou presque, explique Véronique Sinotte, qui habite tout près en compagnie de ses enfants. C’est sur qu’on va essayer de mettre un visage sur la personne, mais en même temps, il faut toujours faire attention avec nos enfants. On ne sait jamais à qui on a affaire.»

«Il faut toujours faire attention, qu’il y en ait un ou non dans notre quartier, souligne également Pierre-Luc Boudreault, père de trois enfants, qui habite en face de la résidence visée par l’affiche. C’est une occasion d’avoir une bonne discussion avec nos enfants parce qu’il peut en avoir partout des gens comme ça.»

«C’est bien qu’on soit au courant, poursuit-il, mais en même temps il a droit à une deuxième chance. Il n’a pas commis d’agression sexuelle non plus, on ne le transformera pas en monstre. J’ai vu quelques commentaires disgracieux sur le groupe Facebook.»

En après-midi vendredi, le Service de police de Sherbrooke n’avait reçu aucune plainte dans ce dossier.

«Sans plaignant, on ne peut pas faire grand-chose, admet Isabelle Gendron, porte-parole. Si on attrape la personne qui a posé les affiches, elle pourrait recevoir une infraction quant au règlement municipal encadrant les publicités non conformes. C’est une amende de 50 $ plus les frais. Si quelqu’un porte plainte, on peut se rendre à des accusations de diffamation et même harcèlement dépendamment du nombre d’affiches.»

Selon un proche de la famille avec qui La Tribune s’est entretenue, il pourrait s’agir d’une histoire de vengeance.