Entre 500 et 800 personnes ont pris part à la marche de Fière la fête, qui commençait au Marché de la gare pour se terminer à l’hôtel de ville de Sherbrooke.

Des acquis et des combats pour la communauté LGBTQ+

Bien des choses ont changé dans l’acceptation des personnes LGBTQ+ depuis 2012, année de création de Fière la fête. Les personnes transgenres peuvent maintenant changer leur nom et leur mention de sexe sur leurs papiers d’identité sans avoir subi de chirurgie, entre autres, mais il reste encore du travail à faire.

« Les personnes trans migrantes ne peuvent pas encore changer leur statut sans avoir leur citoyenneté, explique Séré Beauchesne-Lévesque, porte-parole de Fière la fête quelques minutes après le traditionnel défilé. Les personnes racisées sont encore démesurément ciblées par la police, à titre d’exemple. On parle des enfants trans qui n’ont pas encore accès à certains soins et aux enfants intersexes qui se font encore mutiler à la naissance. » 

« Oui, on a beaucoup d’acquis, oui on a l’égalité du mariage, mais ce n’était pas la finalité du mouvement, poursuit Séré. Ce n’était que le début. Il y a eu une belle évolution. Quand j’étais ado, je ne savais pas ce que c’était d’être trans. Maintenant, je le suis. Il faut que ça continue et on n’est pas près d’arrêter de se battre pour nos droits. »

Que conseille Séré Beauchesne-Lévesque à un jeune qui a envie de dévoiler son orientation sexuelle à ses amis? « Je conseille de trouver la communauté, de trouver les gens autour comme le groupe d’action trans de l’Université de Sherbrooke ou le GRIS Estrie. Que ce soit par le biais d’inviter à l’école des représentants du GRIS Estrie pour faire une démystification de l’homosexualité. L’important, c’est de ne pas rester seul. On pense souvent que la communauté trans ou queer ne se trouve qu’à Montréal, mais il y en a une en Estrie. Il faut la faire connaître », répond Séré. 

Si les événements organisés par Fière la fête sont populaires, la pérennité des activités est menacée. « Les gens attendent toujours la prochaine édition, mais peu de gens vont s’impliquer pour la garder en vie. On n’a aucun financement récurrent. Même après sept ans, on ne sait jamais s’il y aura une prochaine édition. Ça commence à être ancré dans la communauté, mais c’est encore fragile », pense Séré Beauchesne-Lévesque.

Un activité pour sensibiliser les enfants à la diversité sexuelle et de genre a « vraiment bien marché », selon l’organisation. « Des familles sont venues. Le but était d’ouvrir à la diversité sexuelle et de genre pour que les jeunes n’aient pas à passer par une période où ils ont peur que leurs parents les rejettent. Ils n’ont qu’à affirmer leur identité lorsqu’ils le souhaitent », explique Séré. 

« On avait pour une première fois un groupe pour le soutien des proches des personnes trans qui a vraiment bien fonctionné, poursuit le porte-parole. On voit que le soutien est nécessaire et qu’on apporte des choses qui n’existent pas dans le système de santé et dans les organismes. Notre but est que Fière la fête puisse offrir d’autres services durant l’année. Être LGBT, ça ne se passe pas juste à la Fierté, c’est tout au long de l’année », résume Séré Beauchesne-Lévesque.